10/06/2026
🔴 Récemment, notre démocratie a pris deux coups.
Mais pour comprendre ces coups, il faut rappeler d'où l'on vient.
Ce mouvement ne surgit pas de nulle part. Il a débuté en novembre 2024, lorsque les premières annonces du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont commencé à dessiner l'ampleur des dégâts : une déstructuration de l'enseignement, financièrement et organisationnellement. La fin du statut, des coupes budgétaires massives, une réforme imposée sans concertation sérieuse avec le terrain.
Face à un secteur qui alertait, qui proposait, qui cherchait des alternatives de refinancement, le gouvernement a choisi la solution la plus simple : couper. Ne plus écouter. Passer en force.
C'est cela, la violence originelle de cette crise. Une violence psychologique, politique, financière et morale infligée à des milliers de professionnels de l'enseignement, à des élèves et à leurs familles. Mettre le focus sur les dégradations survenues en marge de la manifestation, c'est précisément éviter de parler de cet historique, des causes profondes de ce mouvement et des conséquences réelles que ces politiques auront sur notre système éducatif et sur l'avenir de toute une génération.
Le premier coup, au parlement.
Une majorité qui ne respecte pas l'avis de la majorité des citoyennes et citoyens, du secteur de l'enseignement, des familles, des travailleurs. Une majorité qui, malgré des mois de contestation, décide de faire passer son décret en force. Et pour y arriver, elle va jusqu'à enfreindre ses propres règles.
Le règlement du parlement est pourtant clair : un délai minimum de 84 heures doit être respecté entre l'approbation d'un rapport en commission et son examen en séance plénière. Ce n'est pas un détail technique. C'est une garantie démocratique fondamentale, celle qui permet à chacun d'exercer son rôle, d'interpeller, d'être entendu.
Ce précédent est inédit dans l'histoire de notre pays. Et il n'a pas manqué de faire vivement réagir les constitutionnalistes de nos universités.
Benoît Dispa, des Engagés et Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a ce faisant perdu toute crédibilité. Non seulement il a permis le non-respect du règlement du parlement, mais il n'a pas géré la séance de manière impartiale, comme sa fonction l'y oblige pourtant. Il doit être tenu responsable de cette dérive démocratique.
Le second coup, dans la rue.
Logiquement, des milliers de citoyens ont voulu le dire. Des étudiants, des enseignants, des parents, des familles. Pas pour réclamer des privilèges. Pour exercer leur droit fondamental d'être entendus.
Face à eux ? Autopompes, charges policières, matraques, gaz lacrymogènes, chiens. Et, plus inquiétant encore, des militaires armés de fusils d'assaut aux abords d'une manifestation sociale.
Dans ce chaos, des professeurs ont protégé leurs élèves de leur propre corps. Des enseignants qui, jusque dans la rue, ont continué à faire ce qu'ils font chaque jour : prendre soin des enfants qui leur sont confiés. Cette image dit tout de l'absurdité et de la violence de la situation.
Dans un État de droit, l'armée n'a pas vocation à encadrer des mouvements sociaux. Cette image, nous ne pouvons pas la banaliser.
Et pourtant, plutôt que de s'interroger sur leur propre responsabilité dans ce climat, la majorité a choisi la surenchère. On évoque l'envoi de jeunes dans des camps de redressement. Le MR, lui, propose de retirer les allocations familiales aux familles de jeunes casseurs. Soyons clairs : c'est de la manipulation populiste. Une tentative de détourner l'attention du fond, de criminaliser la contestation et de faire porter aux manifestants la responsabilité d'une situation qu'ils n'ont pas créée.
Voilà où nous en sommes. Un gouvernement qui, depuis novembre 2024, n'écoute plus. Qui contourne le débat démocratique. Qui répond à la contestation par la force. Et qui, face aux critiques, agite les peurs plutôt que d'assumer ses responsabilités.
L'enseignement mérite mieux que ça. Notre démocratie aussi.
Nous ne resterons pas silencieux.
La FGTB Namur Luxembourg
✊ Solidarité. Démocratie. Dignité