26/10/2026
Chaque année, le 1er novembre, nous fêtons la Toussaint. Cette fête nous parle de nombreux hommes, femmes et même jeunes, comme Carlos Acutis, qui a été canonisé, il y a peu. Je ne connais pas tous ces saints-là, car ils sont bien trop nombreux, mais il y en a que je préfère. Vous allez sans doute trouver ça drôle, mais je ne mettrais pas saint Bernard en premier. Pourquoi ? Parce que je trouve que saint François, dont nous avons déjà parlé plus d’une fois autour du 4 octobre, à l’occasion du 800ème anniversaire de son décès : un homme exceptionnel.
Un jour, François a été fait prisonnier au moment de la guerre entre Assise et Pérouse. Quelques années plus t**d, en 1219, parce qu’il y avait aussi des conflits entre chrétiens et arabes, il a été trouver en Egypte le sultan Malik al Kamil pour discuter avec lui. Ces moments-là lui ont donné d’écrire une prière, qui est toujours de nos jours, un des plus beaux textes qui parle de paix : « Là où est la haine, que je mette la paix … » Et quand François rend grâces pour toutes les beautés du monde – « Béni sois-tu pour tout ce qui est beau et qui apporte de la joie à l’homme » - son message ne parle pas seulement des petits oiseaux et des petites fleurs. Non ! Il nous parle bien plus de ce monde qui va à la dérive. Son texte a même été repris par plusieurs puissants de ce monde à l’occasion de la COP 21 à Paris, en 2015. Plus encore, parce qu’il a été proche des petits, des lépreux comme Marco, et combien d’autres, saint François nous laisse en héritage un exemple qui interpelle encore fort tous ceux et celles qui s’efforcent de changer quelque chose en ce monde déboussolé.
Évidemment que je ne peux oublier saint Bernard. Non parce qu’il a vécu en Bourgogne et que les Cisterciens ont fait progresser la culture de la vigne comme jamais avant eux.
Le clos de Vougeot, vous autres ! Un vrai p**i de petit Jésus. Bernard a vécu au douzième siècle. En ce temps-là, l’abbaye de Cluny était fort riche et certains moines vivaient là comme des princes. Bernard, lui, a voulu revenir aux fondements de la règle de saint Benoît. Il a rappelé aux Cisterciens qu’ils avaient à prier et étudier huit heures par jour. Ils devaient également travailler huit heures, afin de faire vivre l’abbaye. Voilà la raison pour laquelle le vin de Bourgogne est exceptionnel, et les trappistes tout autant.
Mais je trouve le plus étonnant le fait qu’au temps de ses responsabilités de père-abbé, grâce à lui, 300 abbayes furent construites à travers l’Europe. Comme l’écrivait Georges Duby, un spécialiste du moyen-âge, il a répandu le style roman, que l’on retrouve encore de nos jours dans nombres d’églises romane, comme à Waha.
Je ne peux oublier qu’il y eut des femmes que l’Eglise a reconnu comme saintes. Je pense là à sainte Thérèse de Lisieux ou à sainte Claire d’Assise. Quand j’ai été en pèlerinage à Lourdes, j’ai mieux compris l’histoire de Berandette. Cette jeune fille n’a pas eu la vie facile. Même le curé de son village ne la croyait pas, elle qui ne savait ni lire ni écrire. Mais bien vite, le message qu’elle a partagé a fait en sorte que des milliers de personnes sont venues à la grotte de Massabielle. Grâce à elle, depuis lors, et encore de nos jours, nombre de pèlerins affluent à Lourdes pour prier. Le plus souvent, ils viennent confier à Marie leurs prières pour quelqu’un de leur famille ou pour un ami gravement malade.
Pour terminer, je vous dirai que j’apprécie une litanie que nous chantons au jour de la Toussaint. À la fin, elle nous parle de tous les saints et saintes de nos familles …. « Foule de pauvres et de petits qui, tous les jours, ont vécu ce que Jésus lui-même a vécu : joies et peines, difficultés et bonheurs. Vous tous, hommes et femmes qui êtes au paradis, priez pour nous ! »
Oui, la Toussaint n’est pas un jour de tristesse, mais un jour de souvenirs qui nous donnent de croire que nous sommes capables de vivre comme eux tous, eux qui ont marché avant nous sur les chemins de la vie.