04/11/2025
L’hôpital UZ Jette et la police ont enfin pris la parole. Deux jours après la révélation du scandale, ils livrent leur version : selon eux, la patiente “ne présentait pas d’urgence médicale”, aurait “refusé de quitter l’hôpital” et se serait montrée “récalcitrante”. Le commissaire Johan Berckmans parle même d’une “hospitalisation d’office” avant qu’une ambulance “ne la ramène à l’hôpital”.
Du côté de l’UZ, la porte-parole reconnaît une “mauvaise expérience” et confirme qu’une plainte a été reçue. Mais l’institution refuse pour l’instant d’admettre un refus de soins, préférant “enquêter sur tous les aspects de l’incident”. En clair : on temporise, on noie le poisson, on nie toute faute structurelle.
Sauf que l’avocate Selma Benkhelifa, qui défend la victime, contredit ces affirmations. Elle confirme que la femme n’avait jamais été vue dans un autre hôpital, contrairement à ce qu’affirme la police. Et que son état — une fausse couche en cours, accompagnée d’une hémorragie — nécessitait bien une prise en charge immédiate. Ce que les forces de l’ordre et le médecin de garde ont refusé de reconnaître. En quelques heures, une femme en détresse est devenue dans le récit institutionnel une “fausse malade”, une “perturbatrice” qu’on a traitée comme un problème, pas comme une patiente.
Face à la polémique, le Parti socialiste, via Ridouane Chahid, a réclamé une enquête indépendante. Pourtant, les grands médias n’en parlent toujours pas : aucun JT national n’a repris l’affaire, alors qu’elle secoue Bruxelles depuis quarante-huit heures. Sans le travail du média Bruxelles Today, qui a révélé l’histoire, ce drame aurait sans doute été classé dans la rubrique “faits divers” et oublié aussitôt. Ce n’est pas juste une affaire isolée : c’est le miroir d’un système qui préfère protéger ses institutions plutôt que ses victimes.
📆 Sources : Bruxelles Today, BRUZZ, déclaration du commissaire Johan Berckmans, UZ Jette, Me Selma Benkhelifa, 3 novembre 2025.