23/06/2026
Visites domiciliaires : la peur ne nourrit personne...
Le Resto du Cœur de Mouscron exprime son opposition au projet visant à autoriser des visites domiciliaires dans le cadre de l’éloignement de personnes sans titre de séjour.
Nous parlons depuis notre terrain , celui de l’accueil, de l’aide alimentaire, de la dignité et de la confiance.
Chaque semaine, nous rencontrons des personnes fragilisées par la pauvreté, l’isolement, la honte, la précarité administrative ou la peur de se rendre visibles. Certaines personnes ont déjà renoncé à leurs droits. Certaines évitent les institutions. Certaines vivent dans l’angoisse permanente du lendemain.
Autoriser l’entrée forcée dans un domicile à des fins administratives crée un signal dangereux.
Le domicile est un lieu d’intimité, de sécurité et de protection. Une intervention à domicile touche des familles, des enfants, des proches, des colocataires, des personnes hébergées et des citoyens solidaires. Elle peut produire de la peur, du traumatisme, de l’isolement et une rupture avec les services sociaux, médicaux et associatifs.
A Mouscron, nous savons que la précarité prend de nombreuses formes. Nous savons aussi qu’une personne qui a peur disparaît plus facilement des lieux d’aide. Elle peut renoncer à un colis alimentaire, à un repas, à une permanence sociale, à un soin ou à une information essentielle.
Nous refusons qu’une personne renonce à manger par crainte de se rendre visible.
La précarité administrative ne peut pas devenir une présomption de dangerosité. Les personnes en séjour irrégulier restent des personnes. Les enfants restent des enfants. Les familles restent des familles. Les droits fondamentaux doivent rester effectifs pour toutes et tous.
Le Resto du Cœur de Mouscron demande de renoncer à ce projet et de garantir pleinement l’inviolabilité du domicile, la protection des enfants, la sécurité des hébergeants et la confiance indispensable entre les personnes précarisées et les acteurs de terrain.
La solidarité citoyenne doit être protégée, pas intimidée.