04/06/2026
Merci à Église saint Jean de Patmos & Bertrand Leroy; texte et image.
Il existe plusieurs mythes et légendes entourant la mort et l'immortalité de saint Jean l'Évangéliste.
L'une des légendes les plus célèbres est celle selon laquelle Jean aurait bu du poison sans subir de dommages, ce qui aurait renforcé la croyance en son immortalité.
Une autre légende raconte qu'il aurait été plongé dans de l'huile bouillante mais qu'il en serait sorti indemne, ce qui a contribué à son surnom de "l'apôtre bien-aimé”.
Une autre tradition chrétienne soutient que Jean ne serait jamais mort, mais qu'il serait plutôt dans un état de sommeil ou d'attente appelé "dormition" et qu'il reviendrait avant la fin des temps.
La légende de la dormition de saint Jean l'Évangéliste est principalement issue de la tradition chrétienne gnostique, bien qu'elle ne soit pas aussi répandue que celle de la dormition de la Vierge Marie.
Elle est basée sur des écrits apocryphes et des traditions orales qui se sont développées au fil du temps dans certaines branches du christianisme.
Ces récits varient d'une source à l'autre, mais ils partagent souvent l'idée que Jean aurait été pris dans un état de sommeil semblable à la mort, dans l'attente de son retour avant la fin des temps ou du Jugement dernier. Cette légende est moins répandue que d'autres récits sur la mort et l'immortalité de saint Jean, mais elle a persisté dans certaines traditions chrétiennes, en particulier dans les traditions orthodoxes orientales.
La légende n'est pas spécifiquement rapportée dans des écrits apocryphes canoniques, mais plutôt dans des traditions orales et des textes sacrés qui auraient émergés dans certaines branches du christianisme.
Ces récits peuvent être trouvés dans des textes, des homélies, des sermons, ou d'autres écrits religieux qui ont circulé dans les premiers siècles du christianisme, cependant ils ne sont pas considérés comme faisant partie du canon biblique.
Quoiqu’il en soit, les sources spécifiques qui mentionnent la dormition de saint Jean ne sont pas bien définies.
Dans la tradition orthodoxe orientale, la question de la dormition ou de la mort de saint Jean l'Évangéliste est souvent basée sur des traditions locales, la foi en des sources anciennes qui ont été transmises au fil des siècles, sorte de croyance populaire racontée oralement d’une génération à l’autre chez les anciens plutôt que dans les enseignements dogmatiques officiels de l’Église.
Certains croyants orthodoxes croient fermement en la dormition de saint Jean, c'est-à-dire qu'il est endormi dans l'attente de son retour avant la fin des temps.
La dormition de saint Jean n'est pas un dogme de foi dans l'Église orthodoxe, et les croyants sont libres d'accepter ou de rejeter cette croyance selon leur propre compréhension et piété personnelle.
Par contre on peut se poser la question si éventuellement l’état de dormition amènerait avec elle une influence ? Et de quelle sorte ? Influence spirituelle ? Force religieuse ? Force de guérison ? Etc
Trépasser, c’est passer de la biostase, sorte d’hibernation, arrêt réversible de la vie fonctionnelle, simulacre de la mort, à un arrêt irréversible qui marque l’arrêt total de la vie.
Entre le vivant et le mort, rien n’est plus mystérieux, plus difficile à saisir, que cet «entre-deux», cet instant de la mort, ce présent du trépas aux confins de l’éternité.
Au XVIIIe siècle en Bohême-Moravie, il y a eu plusieurs cas de cadavres soupçonnés d'une conservation anormale, souvent associés à des récits de saints incorruptibles, mais pas seulement.
Certaines personnes décédées n’étaient pas considérées comme particulièrement saintes.
Ces cas ont parfois suscité l'attention des autorités ecclésiastiques .
Dans de nombreux cas, ces phénomènes ont été attribués à des processus naturels tels que la préservation du corps dans des conditions environnementales particulières, notamment l’électro magnétisme terrestre pour les scientifiques ou l’environnement géologique.
La conservation des corps fut pour grand nombre de civilisations un aspect essentiel, que ce soit pour un motif religieux, comme en l’Égypte ancienne.
En Occident, la religion a donné une place particulière au corps, en raison du dogme de la résurrection des corps, qui prévoit non seulement que l’âme est immortelle, mais aussi qu’au Jugement dernier les corps de chair seront ressuscités.
Ce qui créa une vénération particulière des corps dits "in corrompus", c’est-à-dire ne présentant pas de signes liés à la putréfaction.
Ces corps, dont la conservation semble inexplicable, étaient régulièrement exhumés pour examen, afin de constater l’incorruptibilité dans le temps.
Le contexte religieux, l’absence de connaissances en médecine et l’ignorance de nombre de phénomènes physiques naturels ont conduit les autorités ecclésiastiques à reconnaître nombre de corps incorruptibles, pourtant, certains ne semblent rien avoir de miraculeux, l’état des corps semblant beaucoup plus soumis aux simples caprices de la nature.
Mais alors, si cet état d’incorruption ne sert à rien, à quoi bon ?
Dans le cas de Jean il s’agirait de tout autre chose.
D’ailleurs, la Première épître aux Corinthiens affirme, « Le dernier ennemi à détruire est la mort », qui implique que la Mort n'a pas été détruite une fois pour toutes, dans le sens où chaque chrétien doit être amené à vaincre la mort à son tour. Là apparemment il s’agirait de la 1ère mort, la mort du corps physique.
L’Epître aux Romains parle de la Mort comme ayant « dominé de la période d'Adam à Moïse », et divers passages dans les Épîtres parlent du labeur du Christ sur la Croix et sa Résurrection comme une confrontation avec la Mort, physique celle-là également et non pas la seconde mort dont a parlé le Christ.
On aurait pu faire un parallèle avec le coma artificiel, dont la fonction est l’endormissement, un coma qui durerait…. le temps qu’il convient.....pour le but fixé.
D’ailleurs, il semblerait que la production de substances huileuses odorantes, produite par certains corps de saints, pourrait cacher toute une physiologie de résistance à la destruction qui permettrait une ”mort suspendue”.
Cette substance pourrait être douée d’infinies vertus en lien avec la dormition.
La liquéfaction des graisses et leur diffusion dans tout l’organisme pourrait peut-être mettre le corps à l’abri de l’air grâce à un auto-embaumement , ou bien tout comme la chenille se transforme en chrysalide grâce à une hormone de croissance, la dormition pourrait être un nouvel état de l’être ?
Thérèse d'Avila est décédée à l’âge de 67 ans. Après l'examen canonique de son corps, en 1592, qui permit de constater son parfait état de conservation, son cœur fut extrait et déposé entre les mains de la Prieure, Mère Catalina de San Angelo qui le remit à la Mère Agnès de Jésus.
Celle-ci le tenait dans sa main droite et sentit des pulsations.
Même prélevé du corps, le coeur battait toujours, comme s’il était indépendant.
Irénée et clément d’Alexandrie prétendent tous deux avoir vu l’apôtre bien au delà de l’an 101 et la tombe ne se trouve nulle part.
Qu’en déduire ? Un tel corps en état de léthargie, peut-il monter au ciel de son vivant comme Hénoch, Elie, Marie et d’autres? Là est la question.
Une loi inéluctable est la loi du triangle ou la loi de la trinité.
Nous avons la vie et la mort. Nécessairement il doit y avoir un troisième état.
Est-ce dans cet état, le deuxième, que se trouverait l’apôtre Jean?
J’aurais bien envie de le penser.
Dans ce cas il serait le médium entre le monde céleste et le monde terrestre.
Ce monde est-il une autre dimension? Probablement. Quelle dimension? Je n’ai pas hélas les compétences pour répondre à ces questions. L’astral n’est pas une bonne réponse.
La notion du double en Égypte ancienne était une croyance fondamentale dans la religion égyptienne et la cosmologie. Le concept du "Ka" était central dans cette croyance. Le "Ka" était considéré comme l'aspect spirituel et vital d'une personne, souvent représenté comme une double éthérée de la personne physique.
Selon la croyance égyptienne, ce double immatériel étroitement associé au BA et qui siège dans le coeur, est associé à l’ombre, Khaibit.
Après réflexion, pour St Jean, je ne pense pas qu’il s’agisse de ce double astral inférieur.
Par contre le Khu, lui, est l’âme spirituelle, dont la nature est incorruptible et immortelle.
Il est un élément spirituel vraiment supérieur, lié au Sékhem, la force vitale.
Notre Apôtre Jean pourrait très bien se situer dans cet état.
Chez les mystiques de l'Inde, la grande extase (nirvikalpasamâdhi) efface le sentiment de vie propre et présente tous les caractères de la mort apparente.
Ramakrishna demeura dans cet état de la fin de 1965 au début de 1966.
Il était , selon ses disciples, comme un cadavre, mais il en revint.
L’hibernation d’ascètes tibétains dans les grottes de l’Himalaya n’est probablement pas une légende et, en ce cas, mériterait d’être étudié.
Le plus étrange dans cette histoire , c’est que Robert Ambelain avait écrit un chapitre intitulé :
« Le Mystère posthume de l’Apôtre Jean » dans la première publication de son Sacramentaire des R+C.
Les autres éditions ont vu ce chapitre disparaître…
Daniele Balland