07/10/2026
✊Aux côtés des jeunes qui se mobilisent pour leur école et leur avenir ✊
Depuis plusieurs jours, des élèves se mobilisent et bloquent des établissements scolaires. Ce mouvement exprime une colère qui ne peut être réduite aux seules images de dégradations qui tournent en boucle. Il n’est pas non plus une reproduction mimétique du mouvement français ou la conséquence d’une manipulation syndicale.
Oui, des incidents ont eu lieu. Des feux ont été allumés, du mobilier urbain et des biens ont été dégradés. Nous ne le cautionnons pas et nous refusons que ces incidents servent à effacer le fond du débat.
La violence n’est pas seulement celle que l’on voit.
Ce que les images spectaculaires ne montrent pas, c’est la violence des mesures d’austérité appliquées aux jeunes et à l’École. Comment demander à toute une génération de croire en son avenir tout en réduisant les moyens consacrés à son enseignement ?
Comme en juin dernier, les élèves mobilisés réclament notamment un enseignement de qualité et davantage de moyens. À Liège, le mouvement s'inscrit dans un contexte de contestation plus large des réformes de l'enseignement et de revendications concernant notamment les conditions d'apprentissage, la taille des classes, les bâtiments scolaires et les conditions de travail des personnels.
On peut éteindre une trottinette. Mais comment éteint-on le sentiment de ne plus avoir d’avenir ? Il est plus facile de montrer les images d'un feu que celles d'une classe surchargée.
Plus facile de condamner quelques débordements que d'écouter une génération qui demande pourquoi l'école et celles et ceux qui la font fonctionner doivent continuellement faire davantage avec moins.
Plus facile, enfin, de parler de quelques jeunes qui cassent que de s'interroger sur ce qui pousse autant de jeunes à sortir de leur école pour crier leur colère.
Plus facile de surexposer quelques casseurs, plutôt que des enseignant.es qui s’interposent pour protéger les jeunes des forces de l’ordre.
Le monde politique doit répondre à la colère qui les entoure. Derrière ces blocages, il y a une question autrement plus importante qu'une trottinette brûlée : quel avenir sommes-nous en train d'offrir à notre jeunesse ?
Une jeunesse à laquelle nous demandons d'étudier, de travailler, de construire son avenir et de croire dans la société ne peut pas être considérée uniquement comme un problème d'ordre public dès qu'elle conteste les choix politiques qui touchent directement son quotidien. Cette jeunesse aura le droit de vote aux prochaines élections et se souviendra que les matraques auront été les seules réponses à leurs justes revendications.
Nos jeunes doivent pouvoir s’exprimer, revendiquer et se mobiliser dans le respect des personnes.
La solution n’est ni le mépris, ni la stigmatisation, ni la répression.
La sortie de crise passe par un enseignement réellement considéré comme une priorité, par des moyens à la hauteur de ses missions et par des perspectives permettant à chaque jeune de se dire que demain pourra être meilleur qu'aujourd'hui.
Car à force de demander aux jeunes de respecter une société sans leur donner le sentiment que cette société les respecte, il ne faut pas s'étonner que la colère finisse par sortir des salles de classe.
Une trottinette brûlée se remplace.
Une vitre cassée se répare.
Mais une génération à laquelle on enlève tout espoir de recevoir un enseignement de qualité, de se préparer à un avenir meilleur, comment la répare-t-on ?
Nous choisissons d'écouter la jeunesse et sa colère plutôt que de les condamner.