17/06/2026
Abdullah Ibrahim n’est plus. C'est notre Mozart, disait de lui Nelson Mandela.
Né au Cap en 1934, dans un pays rongé par l’apartheid, il se fait d’abord connaître sous le pseudo de Dollar Brand et crée au début années 60 un premier groupe The Jazz Epistles avant de quitter l’Afrique du Sud pour l’Europe. Il y est remarqué par Duke Ellington qui lui ouvre pas mal de portes. Devenu Abdullah Ibrahim après sa conversion à l’islam, le pianiste passe par une période free, notamment aux côtés de Gato Barbieri et John Tchicai. Il se recentre ensuite sur la musique de ses origines, faisant connaître bien avant Johnny Clegg les mélopées sud-africaines. Avec des compatriotes comme Johnny Dyani, puis des jazzmen américains comme Carlos Ward, il multiplie albums et concerts dans les décennies qui suivent. Les dernières années de sa carrière sont dévolues à des solos de piano intimistes.
Il aura incarné cette génération de jazzmen qui, sans être ni américains ni européens, sont parvenus à se faire un nom sur le plan international. Humaniste, intègre et engagé, il laisse une œuvre marquée par un sens mélodique souvent bouleversant.
«Tonegawa» (archive BBC, Later… with Jools Holland, 2019)