28/11/2025
La situation au centre scolaire Ma Campagne à Ixelles dépasse le cadre habituel de la grève. Depuis le 17 novembre, l’équipe éducative a entamé une forme de résistance interne inédite. Si les élèves sont accueillis, la machine pédagogique est volontairement grippée : cours non systématiques, arrêt des évaluations, suppression des conseils de classe et silence radio sur Smartschool. Ce n’est pas un simple mouvement d’humeur, mais une réaction directe à l’angoisse du terrain. Les professeurs affirment agir pour empêcher les licenciements de leurs collègues, prévus pour la rentrée prochaine en raison des nouvelles orientations budgétaires du gouvernement Arizona. Pour eux, l’urgence sociale prime désormais sur le fonctionnement normal de l’école.
Face à cette fronde qui pointe les conséquences concrètes de l’austérité, la réponse politique se situe sur le terrain de la discipline. La ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny (MR), déplore l’impact sur la qualité de l’enseignement mais choisit de contraindre plutôt que de négocier sur le fond. Elle prépare l’envoi d’une circulaire pour rappeler les enseignants à leur « devoir de réserve », leur interdisant d’impliquer les élèves ou les familles dans la contestation.
Ce bras de fer révèle un dialogue de sourds. D’un côté, des enseignants qui assument d’enfreindre les règles car ils estiment que la survie de leur métier et de leurs effectifs est menacée. De l’autre, une ministre qui brandit le règlement et la neutralité pour faire cesser le désordre. La question reste entière : un rappel à l’ordre administratif peut-il suffire à calmer une colère née de la peur de perdre son emploi et de voir l’école publique se dégrader ?
Source : BruxellesToday