07/05/2026
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Une militante liégeoise a entamé une grève de la faim pour dénoncer l'expulsion de la communauté autogérée de Prosfygika à Athènes où elle habite. Plus de 400 personnes vivent dans ces bâtiments menacés d'expulsion. Depuis plusieurs années, ils ont mis en place de nombreuses initiatives répondant aux besoins des différents habitant-es de leur quartier : cantines collectives, espaces d'accueil pour enfants, structures de premiers soins de santé...
Les squats répondent toujours à des manquements de l'Etat, particulièrement quand des logements à prix accessible se font de plus en plus rares. Ils sont une solution directe face à ce besoin de logement qui touche des populations précaires, des personnes aux parcours abîmés, au statut migratoire irrégulier… Ils peuvent devenir un lieu de repos et de soin pour celles et ceux qui subissent différentes violences systémiques et/ou interpersonnelles.
Lorsque le CVFE s'est constitué en 1978, c'est au sein d'un squat que s'est mis sur pied notre premier refuge. Là aussi, des féministes se sont réunies, ont constaté un besoin criant d'hébergement pour des femmes fuyant un (ex) conjoint violent et n'ont pas attendu que l'Etat bricole une solution pour les femmes qu'il reconnaîtrait comme dignes de recevoir de l'aide. Dans des situations extrêmes, les solutions légales sont souvent insuffisantes. Dans des situations extrêmes, agir vite et concrètement est parfois nécessaire.
On comprend l’importance de telles habitations où se tissent des liens de solidarité et où l'entraide devient concrète. Suite aux menaces d'expulsion, la communauté de Prosfygika a mis en place de nombreuses mobilisations, manifestations... Mais se confrontent au mépris et au désintérêt des autorités athéniennes. Que faire quand les moyens légaux échouent ? Pour faire entendre leurs voix, deux personnes se sont tournées vers la grève de la faim. Ce moyen d'action extrême démontre à quel point la perte de cette communauté serait insupportable et aurait des conséquences désastreuses pour des personnes pour qui ce lieu concentre des ressources essentielles et vitales.
Face aux politiques d'austérité et aux discours qui prônent le repli sur soi, il est essentiel de visibiliser et soutenir les initiatives et les lieux où vivent la solidarité. A Liège, un nouveau Centre Social Autogéré vient également de voir le jour. Dès ses premiers instants, ce sont les envies de lutter pour une société plus juste et plus égalitaire qui se font entendre. Plus que des mots, il y a la volonté de concrétiser ces revendications et les faire vivre dans un lieu ouvert, ancré dans le quartier et en phase avec les mobilisations actuelles.
Nous envoyons notre soutien à toutes les personnes en lutte et tout particulièrement à Suzon et sa famille qui fait partie de notre famille.
RDV ce jeudi à 19h, devant l'ambassade grecque à Bruxelles.