23/05/2026
Dans la course à la décarbonation du secteur du bâtiment, nous avons pris l'habitude de regarder les murs, les toitures, les matériaux isolants, et c'est légitime, c'est urgent. Mais quelque chose d'essentiel nous échappe encore trop souvent : le sol sous nos pieds, l'air qui circule autour du bâti, le vivant qui pulse ou qui s'éteint silencieusement à quelques mètres des fondations. Convaincu que l'enveloppe d'un bâtiment ne s'arrête pas à ses façades, je mesure chaque jour à quel point l'environnement immédiat d'une habitation est un système à part entière, avec ses propres logiques, ses propres capacités de régulation thermique, acoustique, hydrologique et bien sûr écologique. Lorsqu'on laisse ce système à l'abandon, avec quelques arbustes décoratifs plantés sans réflexion, un gazon tondu ras, un jardin confié aux seuls goûts des futurs occupants, on rate une partie considérable de l'équation. Favoriser une oasis de biodiversité, c'est une décision constructive au sens plein du terme. Bien orienter les plantes mellifères par rapport à l'ensoleillement, comprendre la nature du substrat avant d'introduire quoi que ce soit, concevoir une mare qui fonctionne réellement comme un écosystème stable, imaginer une forêt-jardin nourricière qui renforce l'autonomie alimentaire des habitants, tout cela répond à des enjeux aussi concrets que le choix d'une laine de chanvre ou d'un enduit à la chaux. C'est dans cet esprit que Low-Tech Liège, à travers son projet Renolow ( et Wallonie.be) , travaille à une approche vé1ritablement intégrée du projet d'habitation, où le dedans et le dehors se pensent ensemble dès le départ. Parce que nous croyons que cette intelligence du lieu ne devrait pas rester entre les mains de quelques initiés, nous préparons des ateliers en trois sessions pour accompagner celles et ceux qui veulent habiter autrement, vraiment autrement.