11/09/2026
🇺🇸 11 SEPTEMBRE 2001 — 25 ANS 🚒
Le récit d’une journée où les pompiers sont montés… alors que tout le monde cherchait à descendre.
New York, mardi 11 septembre 2001.
Il est 8 h 46 du matin à New York.
14 h 46 en Belgique.
Dans le sud de Manhattan, la matinée vient de basculer.
Un avion vient de percuter la Tour Nord du World Trade Center.
À ce moment précis, personne ne connaît encore l’ampleur de ce qui vient de se produire.
Mais une chose est immédiatement certaine pour les pompiers de New York : il faut monter.
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8 h 46 — Le premier appel
Le vol American Airlines 11 percute les étages 93 à 99 de la Tour Nord.
L’impact est d’une violence inouïe.
Les trois cages d’escaliers principales sont détruites dans la zone d’impact. Des centaines de personnes se retrouvent piégées au-dessus du 91e étage.
Au sol, les appels au 911 affluent.
Le FDNY est engagé.
Le Chief Joseph Pfeifer, qui se trouve à proximité, voit l’avion frapper la tour. Il devient le premier chef du FDNY à arriver sur les lieux.
Il rejoint le hall de la Tour Nord avec des membres d’Engine 7 et Ladder 1.
Le poste de commandement improvisé prend place dans le hall.
Les premiers ordres sont donnés.
Sauver. Évacuer. Monter.
Les véhicules du FDNY convergent vers Lower Manhattan.
Des camions roulent à contre-sens du flot de personnes qui commencent à fuir.
Des centaines de pompiers vont bientôt prendre le chemin inverse.
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8 h 50 – 9 h 00 — Monter
Dans les cages d’escalier, le spectacle est irréel.
Des milliers de personnes descendent.
Les pompiers montent.
Certains évacués s’écartent contre les murs pour laisser passer les hommes en tenue de feu, chargés de leur équipement.
Certains les encouragent.
D’autres leur donnent des informations :
« Il y a des personnes handicapées à tel étage. »
« Il y a encore des gens là-haut. »
« Le feu est au-dessus de nous. »
Les pompiers continuent.
Ils savent qu’ils ont des dizaines, parfois plus de cent étages à gravir.
Ils montent avec leurs appareils respiratoires, leurs casques, leurs équipements de protection et leur matériel.
Chaque étage gagné représente des vies supplémentaires qu’ils espèrent pouvoir sauver.
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8 h 59 — L’ordre d’évacuation
La situation évolue rapidement.
La Port Authority commence à ordonner l’évacuation complète du complexe.
Dans les tours, les communications sont difficiles.
Les radios ne fonctionnent pas correctement partout.
Les différents services présents dans le bâtiment ne disposent pas tous des mêmes moyens de communication.
Et surtout, les hommes qui sont déjà engagés dans les tours ne disposent pas tous immédiatement de la même information.
C’est l’un des premiers éléments qui, rétrospectivement, pèsera lourd dans le drame.
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9 h 02 — « Évacuez »
Dans la Tour Sud, une annonce demande aux occupants de rester calmes et d’évacuer si les conditions l’exigent.
Des pompiers sont déjà en train de monter.
Ils ne savent pas encore que, dans quelques secondes, leur mission va devenir infiniment plus dangereuse.
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9 h 03 — Le deuxième avion
15 h 03 en Belgique.
Un bruit.
Un avion.
Puis l’impact.
Le vol United Airlines 175 percute la Tour Sud.
Cette fois, il n’y a plus de doute.
Ce n’est pas un accident.
New York est attaquée.
Dans le hall de la Tour Nord, les chefs comprennent qu’ils sont confrontés à quelque chose de totalement inédit.
Dans les deux tours, les opérations de secours se transforment en opération de sauvetage de masse.
Le FDNY engage pratiquement toutes ses ressources disponibles.
Une alarme de 10-60 — le signal utilisé pour une situation majeure impliquant notamment un immeuble de grande hauteur — est déclenchée.
Les unités spécialisées sont mobilisées.
Les unités de secours, les équipes spécialisées, les compagnies d’échelles et les renforts sont appelés.
Les pompiers continuent de monter.
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9 h 10 — Le piège se referme
La Tour Sud est désormais gravement endommagée.
Deux des trois cages d’escalier sont devenues impraticables dans la zone d’impact.
Des ascenseurs sont détruits.
Des personnes sont bloquées.
Pourtant, les escaliers encore accessibles permettent à des milliers de personnes de commencer leur descente.
Et dans ces mêmes escaliers, les pompiers montent.
Un véritable courant humain.
Des milliers de personnes descendent.
Des centaines de pompiers montent.
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9 h 30 — Le commandement s’organise
Le FDNY déploie progressivement ses ressources autour du World Trade Center.
Les chefs cherchent à organiser l’immense opération depuis les halls et les abords des tours.
Mais le problème est gigantesque.
Deux immeubles de plus de 400 mètres sont en feu.
Des milliers de personnes sont encore à l’intérieur.
Les communications sont dégradées.
Les informations arrivent avec re**rd.
Et personne ne sait encore exactement combien de personnes se trouvent dans les zones sinistrées.
Pour les pompiers engagés dans les escaliers, il n’y a pas de vision globale.
Ils voient seulement ce qui se trouve devant eux.
Un étage.
Puis un autre.
Puis un autre.
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9 h 37 — Le Pentagone
Un troisième avion percute le Pentagone, près de Washington.
La dimension nationale de l’attaque devient évidente.
Pendant ce temps, à New York, les pompiers poursuivent leur montée.
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9 h 45 — À l’intérieur des tours
Dans les escaliers, les conditions sont de plus en plus difficiles.
La fumée obscurcit certaines zones.
L’électricité a été interrompue.
Les ascenseurs ne peuvent plus être utilisés normalement.
Certains pompiers doivent monter étage après étage avec leur équipement.
Les victimes sont évacuées lorsqu’elles peuvent marcher.
Les personnes blessées sont prises en charge.
Des civils aident d’autres civils.
Les pompiers croisent des personnes épuisées, terrorisées, parfois incapables de continuer.
Et ils continuent à monter.
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9 h 50 — À quelques étages de la catastrophe
Dans la Tour Sud, le Battalion Chief Orio Palmer atteint le 78e étage après être monté depuis le 41e par les escaliers.
Avec environ 50 livres — près de 23 kg — d’équipement, il vient de gravir 37 étages.
Il transmet un message radio.
Il signale deux poches de feu relativement isolées et de nombreuses victimes au 78e étage.
À cet instant, il pense encore pouvoir maîtriser les foyers avec deux lignes.
Il est à quelques minutes de la catastrophe.
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9 h 59 — La Tour Sud s’effondre
15 h 59 en Belgique.
Après 56 minutes d’incendie, la Tour Sud commence à s’effondrer.
En environ dix secondes, le bâtiment disparaît.
Un nuage gigantesque de poussière, de béton et de débris traverse Lower Manhattan.
Dans la rue, les survivants courent.
Dans les immeubles voisins, les vitres explosent.
Dans les halls, les pompiers sont projetés au sol.
Dans les escaliers, certains sont pris au piège.
Des équipes entières disparaissent.
Des hommes qui étaient encore quelques instants auparavant en train de porter secours ne répondent plus à la radio.
Le FDNY vient de perdre un nombre considérable de ses membres.
Mais personne ne sait encore combien.
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10 h 00 – 10 h 15 — Le silence radio
Puis vient ce moment que redoutent tous les intervenants.
Le silence.
Les appels radio restent sans réponse.
Des Mayday sont lancés.
Des pompiers cherchent leurs collègues.
Certains sortent du nuage de poussière sans savoir où ils sont.
D’autres retournent chercher des victimes.
Le chef du FDNY, qui se trouve alors à proximité, confirme finalement l’effondrement de la Tour Sud.
L’ordre est donné :
Toutes les unités doivent évacuer la Tour Nord.
L’ordre est répété plusieurs fois à la radio.
Mais le système de communication ne permet pas à tout le monde de l’entendre.
Certains pompiers ne reçoivent pas l’ordre.
D’autres l’apprennent de leurs collègues.
Certains refusent de partir.
Parce qu’ils savent qu’il reste des personnes à sauver.
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10 h 03 — Flight 93
En Pennsylvanie, les passagers du vol United Airlines 93 tentent de reprendre le contrôle de leur avion.
L’appareil s’écrase dans un champ près de Shanksville.
Personne ne survit.
À New York, les pompiers continuent d’évacuer.
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10 h 15 – 10 h 20 — Ils sont toujours là
Dans la Tour Nord, certains pompiers n’ont toujours pas quitté le bâtiment.
Ils ignorent parfois que la Tour Sud s’est effondrée.
Certains sont déjà très bas dans les escaliers.
D’autres sont encore beaucoup plus haut.
Des compagnies entières descendent.
Des civils sont escortés.
Des blessés sont transportés.
Chaque minute compte.
Et la structure de la Tour Nord continue de brûler.
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10 h 28 — La Tour Nord
16 h 28 en Belgique.
La Tour Nord s’effondre.
Après avoir brûlé pendant environ 102 minutes.
Le deuxième géant de Manhattan disparaît à son tour.
Le nuage de poussière engloutit les rues.
Le World Trade Center n’existe plus.
Mais sous les décombres, quelque chose demeure.
Dans les ruines de la cage d’escalier B, une partie de la structure a résisté.
Treize intervenants et une civile sont retrouvés vivants.
Parmi eux, le lieutenant Mickey Kross et plusieurs pompiers.
Ils sont vivants.
Miraculeusement.
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Après 10 h 28 — Il n’y a plus de tours à sauver
Il n’y a désormais plus de bâtiment dans lequel monter.
Mais pour les pompiers, l’intervention continue.
Les priorités changent.
Rechercher.
Écouter.
Creuser.
Secourir les survivants.
Retrouver les disparus.
Les pompiers commencent à fouiller ce qui reste du World Trade Center.
Des équipes vont travailler sans relâche.
Dans la poussière.
Dans la fumée.
Dans la chaleur.
Pendant des heures.
Puis pendant des jours.
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12 h 30 — Une voix sous les décombres
Près de deux heures après l’effondrement de la Tour Nord, un groupe de survivants est localisé dans les restes de la cage d’escalier B.
13 premiers intervenants et une civile.
Ils sont vivants.
Ils vont finalement être dégagés.
Pour certains, cette découverte sera l’un des rares moments d’espoir de cette journée.
Mais partout ailleurs, les recherches continuent.
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L’après-midi
Les heures passent.
Les secours arrivent de partout.
Pompiers.
Ambulanciers.
Policiers.
Médecins.
Secouristes.
Des milliers de personnes vont participer aux opérations.
Le site est méconnaissable.
Il n’y a plus de halls.
Plus d’ascenseurs.
Plus d’étages.
Plus de cages d’escaliers utilisables comme avant.
Seulement un immense champ de ruines.
Et pourtant, les pompiers continuent de chercher.
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La nuit
À New York, la nuit tombe sur Ground Zero.
Le travail continue.
Les hommes sont épuisés.
Certains cherchent encore leurs collègues.
Certains espèrent retrouver des survivants.
D’autres comprennent déjà qu’ils ne retrouveront probablement pas ceux qu’ils sont venus chercher.
Mais personne ne quitte véritablement le site.
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343
Lorsque le bilan du FDNY est établi, 343 membres du département ont perdu la vie le 11 septembre 2001.
Pompiers.
Officiers.
Chefs.
Membres des services de secours.
343 collègues.
Ils étaient venus pour sauver des inconnus.
Ils étaient montés dans les tours pendant que tout le monde cherchait à en sortir.
Et 343 ne sont jamais redescendus.
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Mais le 11 septembre ne s’est pas terminé le 11 septembre.
Les hommes et les femmes qui ont travaillé sur Ground Zero pendant des jours, des semaines et des mois ont été exposés à la poussière, aux fumées et à de nombreux contaminants.
Le bilan humain a continué à s’alourdir après la catastrophe.
Le FDNY rappelle aujourd’hui que plus de 370 de ses membres sont décédés depuis des suites de maladies liées au World Trade Center, en plus des 343 membres tués le 11 septembre 2001. (Gouvernement de New York)
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Au-delà des 343 pompiers du FDNY qui ne sont jamais redescendus, ce sont 2 977 vies qui ont été fauchées ce jour-là. Vingt-cinq ans plus t**d, New York leur rendait hommage à travers 2 977 drones illuminant le ciel, une lumière pour chacune de ces vies disparues, rappelant que derrière chaque chiffre se trouvait un visage, une famille, une histoire.
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À Jodoigne même si nous sommes a milles lieux de ce genre d’intervention nous sommes pompiers et :
Nous connaissons les départs précipités.
Les radios.
Les ordres.
Les engins qui quittent la caserne.
Les collègues qui partent en intervention pendant que d’autres restent pour assurer la relève.
Nous savons ce que signifie entrer dans une situation dont on ne connaît pas encore l’issue.
Nous savons ce que ça veut dire perdre un des nôtres…
Alors, 25 ans après, nous ne voulons pas seulement nous souvenir d’une image devenue historique.
Nous voulons nous souvenir des hommes et des femmes derrière cette image.
De ceux qui ont pris leur casque.
De ceux qui ont attrapé leur appareil respiratoire.
De ceux qui ont pris la direction des tours.
De ceux qui ont continué à monter.
Alors qu’ils auraient pu redescendre.
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À la mémoire des 343 membres du FDNY morts le 11 septembre 2001.
À la mémoire de tous les policiers, ambulanciers, secouristes et civils disparus ce jour-là.
À la mémoire de ceux qui sont morts ensuite des suites de leur engagement sur Ground Zero.
Et à tous ceux qui, depuis 25 ans, portent encore les conséquences de cette journée.
25 ans après, nous n’avons pas oublié...
NEVER FORGET…
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Sources :
* 9/11 Commission — The 9/11 Commission Report
* National September 11 Memorial & Museum — 9/11 Memorial Timeline
* National September 11 Memorial & Museum — témoignages et archives sur le lieutenant Mickey Kross et Stairwell B
* FDNY / City of New York — archives et commémorations des 343 membres du FDNY
* City of New York — FDNY World Trade Center 25-Year Health Impact Report
* National Park Service — Flight 93 National Memorial – September 11, 2001 Timeline