12/03/2026
Petite introduction à notre rdv du jeudi 26 !
témoignage de valérie Masson Delmotte, climatologue française, directrice de recherche au CEA, coprésidente du groupe nᵒ 1 du GIEC de 2015 à 2023. Elle fait partie des 100 personnes les plus influentes du monde en 2022.
"Vendredi 20 février 2026, j'ai été convoquée comme témoin par le Tribunal de Paris, dans le cadre d'un contentieux portant sur le devoir de vigilance, pour éclairer le tribunal sur les faits scientifiques dont j'ai connaissance.
Comme précédemment, je souhaite rendre public mon témoignage, rédigé sur la base des rapports du 6ème cycle d'évaluation du GIEC.
Je suis convoquée pour partager les faits scientifiques à partir des travaux du GIEC portant sur l'état des lieux du réchauffement climatique, les causes et effets à venir, les différents types de scénarios envisagés.
Le GIEC a pour mandat de fournir une évaluation objective, rigoureuse, exhaustive de l'état des connaissances, de manière neutre, non prescriptive, vis-à-vis du fonctionnement du système climatique, du changement climatique actuel et futur, des vulnérabilités, impacts et risques, et des leviers d'action pour l'adaptation au changement climatique et son atténuation via la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les 1000 scientifiques du monde entier qui ont rédigé les rapports du 6ème cycle d'évaluation du GIEC, sélectionnés pour leur expertise, ont passé en r***e les éléments probants de 85 000 publications scientifiques, techniques, socio-économiques. Ces rapports ont fait l'objet de plusieurs étapes de relecture mobiilisant des milliers de scientifiques et ont conduit à prendre en compte 300 000 commentaires de relecture - ce sont les rapports scientifiques les plus relus au monde. Les conclusions sont formulées soit comme des faits établis, soit en utilisant un formalisme pour refléter le degré de certitude. Les résumés pour décideurs, approuvés par les représentants de tous les pays, en font un socle scientifique commun, reconnu comme le meilleur état des connaissances scientifiques.
Le 6ème rapport du GIEC montre très clairement que le changement climatique est une menace pour la santé, le bien-être humain, l'habitabilité de certains territoires, et la dégradation d'écosystèmes, marins et terrestres, dont nous dépendons. Il conclut que les renforcements des efforts pour limiter le réchauffement et ses impacts est critique pour l'ensemble des dimensions du développement durable.
Les sciences du climat s'appuient sur les observations, l'étude des climats passés, la compréhension théorique des mécanismes, et la modélisation du climat, global et régional.
Je vais en résumer les principaux points concernant les chaînes de causalité - la science de l'attribution, c'est-à-dire le processus d'évaluation des contributions relatives de différents facteurs causals à un changement observé, ou l'occurrence d'un évènement.
La science de l'attribution s'appuie sur des méthodologies formalisées qui comparent les caractéristiques de changements observés à l'empreinte des facteurs liés aux activités humaines et celle de la variabilité naturelle du climat. Ces méthodes, développées à partir des années 1990, se sont élargies à de multiples indicateurs."
(par adrien Couzinier)