31/03/2026
📄 Communiqué de presse, le 31 mars 2026
Navetteurs.be juge profondément scandaleuse l’annonce par la SNCB de l’arrêt programmé de la vente de titres de transport à bord des trains en date du 1 er juillet et y voit une faute morale.
L’association, qui représente les voyageurs en Région Wallonne, s’insurge également contre l’amalgame créé par la SNCB en justifiant largement la mesure par sa volonté de lutter contre la fraude, un phénomène en augmentation. Si la fraude ne peut en aucun cas être tolérée et doit être combattue, la suppression de la vente à bord va placer sur le même pied d’égalité ceux qui ne veulent pas payer et ceux qui ne le peuvent pas, parfois pour des
raisons directement imputables à la SNCB elle-même.
Navetteurs.be rappelle à ce titre que 15 points d’arrêt, dont 12 en Région Wallonne, sont actuellement dépourvus d’automates. A partir du 1 er juillet, les voyageurs non abonnés et sans smartphone pour réaliser leur achat, qui embarquent dans ces points d’arrêt, se verront dresser un constat d’irrégularité à régler soit à un des rares guichets SNCB encore ouverts, soit en ligne, soit… à un automate, sous peine d’une amende conséquente. « C’est humiliant pour les usagers de bonne foi ! », assène Duncan Smith, Vice-président de
navetteurs.be.
L’association note que la suppression de la vente à bord ne signifie pas la fin des contrôles de titres de transport. Or, ce sont les contrôles, pas la vente en elle-même, qui génèrent trop
souvent des comportements violents envers le personnel de bord, particulièrement lorsque les voyageurs pris en train de frauder refusent de présenter une pièce d’identité indispensable au constat d’irrégularité.
Selon navetteurs.be, dont les membres cumulent des décennies de trajets quotidiens, les situations les plus problématiques concernent une petite minorité – en augmentation -d’usagers déterminés à voyager gratuitement, qui se moquent des règles et constats et
créent un sentiment d’impunité. Pour les déloger, les accompagnateurs n’ont parfois d’autre recours que de demander l’intervention de Securail, quitte à imposer l’immobilisation du
train, avec re**rd à la clé.
« Assimiler à ces fraudeurs invétérés des voyageurs réglos qui, peut-être parce que l’app SNCB connait des ratés, ne disposent pas d’un billet avant de monter à bord, c’est pour nous inaudible. Est-ce ainsi que la SNCB souhaite attirer de nouveaux usagers, notamment
en heures creuses, comme souhaité au travers de sa nouvelle tarification ?», s’interroge Duncan Smith. « Faut-il rappeler qu’à la base, la SNCB s’était elle-même mise dans l’illégalité en refusant les paiements en espèces à bord de ses trains en mai 2023 ? »
Navetteurs.be déplore en outre le passage en force de la SNCB sur la question, vu la temporalité du dossier, ainsi que son mépris de plus en plus manifeste des mécanismes consultatifs, certes non contraignants, prévus par la Loi.
« La SNCB a clairement décidé de se passer de l’avis de ses usagers sur toute question. On aurait pu espérer bien plus pour son centième anniversaire ! Ce sont nos impôts et nos achats, et ceux de nos aïeux, qui font qu’elle est là aujourd’hui. », regrette Duncan Smith.