02/06/2026
Ce lundi soir, dix joueurs avaient pris place autour des tables du Flor’N Scrabble pour une nouvelle partie club orchestrée par votre président. Au programme : vingt-deux coups pour un top de 1069 points, une grille bien ouverte et quelques pièges soigneusement disséminés par les lettres.
L'entrée en matière fut pourtant idéale. IXAS ouvrit le bal avant que VALORISA ne vienne étirer la grille. Le top avait d'ailleurs préféré ce mot à son élégante anagramme AVALOIRS, offrant dès le deuxième coup un premier petit plaisir aux amateurs d'anagrammes.
Avec REPENSER, les choses sérieuses commencèrent réellement. Le mot constituait l'unique scrabble du tirage et ceux qui passèrent à côté le payèrent immédiatement au prix fort. La meilleure solution alternative n'offrait en effet que REPÉRER pour 27 points. Autant dire qu'entre les deux options, le classement pouvait déjà prendre une tournure très différente.
Puis survint ÉVITIEZ, magnifique scrabble à 115 points qui fit immédiatement bondir les scores. Huit joueurs trouvèrent le top, preuve que la salle était particulièrement concentrée.
Après FIEZ, la partie sembla marquer une courte pause avant que BLÊME ne vienne rappeler que les petits mots peuvent parfois faire de gros dégâts. Trois joueurs seulement trouvèrent le top. Quelques mines déconfites apparurent déjà autour des tables.
Puis la grille continua à se construire avec LOUIS, HOUDAN et DAGUENT.
Le coup de LOUIS laissa d'ailleurs un léger parfum d'inachevé. Dans le tirage se cachait MOULOUDS, magnifique scrabble qui n'attendait qu'une occasion de surgir. Malheureusement, aucun M n'était disponible sur la grille dans une position favorable. Le mot resta donc prisonnier du chevalet, condamné à ne jamais voir le jour.
DAGUENT, en revanche, fit particulièrement mal puisque seuls quatre joueurs réussirent à suivre le rythme imposé par le tableau.
À ce stade de la partie, un homme semblait particulièrement à l'aise : Jacques Franssen. Discret mais terriblement régulier, il accumulait les tops et les sous-tops de qualité pendant que ses poursuivants laissaient échapper ici ou là quelques points précieux.
La partie poursuivit sa route avec FUSIL, LEK, puis arriva YPRÉAU, un coup qui fit trébucher plus d'un joueur. Beaucoup semblèrent s'arrêter prématurément sur YET à 44 points, sans parvenir à prolonger leur recherche jusqu'au top à 54 points. Dix petits points qui, dans une partie aussi disputée derrière le leader, avaient loin d'être une valeur anecdotique.
Puis vint QUANT, avant que n'arrive l'un des tournants de la soirée.
NOYAIENT surgit alors pour 98 points. Seuls quatre joueurs trouvèrent ce scrabble. Ceux qui passèrent à côté virent leurs ambitions sérieusement refroidies. Jacques Franssen, lui, ne trembla pas et continua sa marche en avant.
Mais les lettres avaient encore une surprise en réserve.
💻 Solo ordinateur : ABDIQUANT (38 points).
Un coup qui résuma à lui seul les difficultés de la soirée.
Pourtant, les joueurs n'étaient pas totalement hors sujet. Plusieurs solutions honorables existaient encore sur la grille. DIACODE en 7F rapportait 30 points tandis que DIRCAB en 3B en offrait 28. Mais dans les faits, la plupart des recherches s'arrêtèrent un peu plus tôt, et seuls CAB ou COB trouvèrent véritablement preneurs avec 27 points.
La différence paraît modeste à première vue. Pourtant, dans une partie où les écarts se comptaient souvent en dizaines de points, ces quelques unités supplémentaires étaient loin d'être négligeables. Une nouvelle fois, le top avait réussi à se cacher juste un peu plus loin que les solutions les plus évidentes.
La partie entra alors dans son dernier tiers avec CAS puis MOQ(U)ES, avant qu'apparaisse l'un des derniers grands rendez-vous de la soirée.
CORTÈGES surgit alors pour 86 points. Comme REPENSER en début de partie, il s'agissait du seul scrabble du tirage. Ceux qui le trouvèrent réalisèrent immédiatement une excellente opération. Pour les autres, il fallait se contenter de solutions beaucoup plus modestes, la meilleure alternative étant COGÉRÉE en 14B pour seulement 24 points.
Un écart de 62 points qui résumait parfaitement la cruauté du duplicate : quelques lettres bien ordonnées pouvaient faire basculer une partie en un seul coup.
Pendant ce temps, derrière Jacques Franssen, la lutte pour les places d’honneur faisait rage. Gilbert Georges et Christine Vanhack se livraient un duel serré pour la deuxième place tandis que Jacques Gillet restait à l'affût, prêt à profiter du moindre faux pas.
Les derniers coups — JEU, WOH puis MIX — semblaient annoncer une fin de partie plus calme. Mais il restait encore un mot à poser.
Et c'est précisément à cet instant que Gilbert Georges choisit de rappeler à tout le monde qu'il était bien présent.
🎯 Gilbert Georges réalisa le seul solo joueur de la soirée avec NÉRÉ.
Certes, le top affichait également NITRE, isotop à 12 points, mais Gilbert fut le seul à dénicher cette autre solution. Un solo qui avait surtout valeur de symbole. Pendant que l'attention se portait principalement sur Jacques Franssen et sa domination au classement, Gilbert surgit au tout dernier moment pour signer un coup d'éclat.
Comme un coureur resté en embuscade pendant toute la course, il profitait de l'une des dernières occasions pour montrer qu'il fallait encore compter avec lui.
Lorsque les calculs furent terminés, le verdict confirma l'impression laissée tout au long de la partie : Jacques Franssen s'imposait avec un remarquable score de 1044 points sur 1069, ne concédant que 25 points sur l'ensemble de la soirée.
Derrière lui, Gilbert Georges prenait une solide deuxième place avec 981 points, récompensant une partie régulière ponctuée par un solo remarqué dans les derniers mètres, tandis que Christine Vanhack complétait le podium avec 965 points.
Il convient également de souligner la belle prestation de deux joueurs arrivés au club cette saison.
Marc Samson, tout d'abord, poursuit sa progression à un rythme remarquable. Avec une moyenne de 83,54 % du top et une très belle sixième place finale, il a longtemps entretenu le suspense dans son duel à distance avec Florentin Minet. Plus prudent dans ses choix, Marc a construit sa partie avec méthode et régularité. À l'inverse, Florentin a parfois tenté de grappiller quelques points supplémentaires en s'aventurant sur des mots non totalement garantis, une stratégie qui lui coûta finalement trois zéros au cours de la soirée.
Autre satisfaction pour le club : la prestation de Joseph Bury, l'un de nos deux poussins. Avec 70,44 % du top, Joseph signe une partie particulièrement encourageante. Plus encore que le score, c'est sa manière de jouer qui mérite d'être soulignée. Fidèle à son vocabulaire et à ses connaissances, il a traversé les vingt-deux coups sans concéder le moindre zéro. Une performance qui démontre qu'en Scrabble, la régularité et la confiance dans ce que l'on maîtrise constituent souvent les meilleurs alliés de la progression.
L'absence de Françoise ne passa pas inaperçue. Elle avait accordé une soirée de congé à Gilbert. Ce dernier en profita pour signer une solide deuxième place et un solo remarqué en fin de partie. De là à penser que l'autorisation sera renouvelée, il n'y a qu'un pas que nous nous garderons bien de franchir...
Enfin, une pensée particulière pour Georges Bertrand, l'un de nos fidèles habitués, absent ce lundi après une légère chute. Sa chaise est resté vide, preuve que certaines présences finissent par faire partie du décor de nos soirées. Nous lui adressons tous nos vœux de prompt rétablissement et espérons le retrouver très bientôt parmi nous.
Cette partie n'aura peut-être pas offert le suspense haletant du duel Jacques–Florentin de la semaine précédente, mais elle aura récompensé une qualité toujours aussi précieuse au Scrabble : la régularité. Coup après coup, Jacques Franssen construisit patiemment son succès, tandis que les lettres multipliaient les pièges, les scrabbles uniques et les occasions manquées.
Une soirée où MOULOUDS resta prisonnier du chevalet, où ABDIQUANT se cacha juste au-delà des solutions évidentes, où CORTÈGES fit basculer les destinées et où Gilbert rappela, avec son discret NÉRÉ, qu'une partie n'est jamais totalement terminée avant la dernière lettre.