29/05/2026
Dilliès et les drogues : un fléau, un mi-temps, un plan sur un coin de table.
À Bruxelles, la drogue n'est pas un dossier politique. C'est un fléau. Pour les habitants, qui vivent les fusillades, les points de deal sous leurs fenêtres, les impacts de b***e dans les chambres d'enfants, les commerces transformés en machines à blanchir. En 2024, 92 fusillades liées au narcotrafic, 9 morts, 48 blessés. Pour les usagers aussi, qui meurent dans la rue, qui s'effondrent à Clemenceau, à la gare du Midi, à Yser, sans soins, sans logement, sans avenir. Le crack ravage des quartiers entiers. La précarité explose.
Face à ça, le ministre-président bruxellois Boris Dilliès choisit le symbole faible.
Le 23 février 2026, il promettait un commissaire anti-drogues régional pour piloter la stratégie. Trois mois plus t**d, il enterre la promesse : "Je ne pense pas que l'on ait besoin d'une fonction en tant que telle. Le titre n'a pas d'importance." Et il s'attribue le pilotage. À lui seul. Sauf qu'il est déjà ministre-président, ministre de la Sécurité et de la Prévention, en pleine négociation budgétaire à 1 milliard, en pleine crise institutionnelle avec le fédéral. Le narcotrafic, il va le traiter quand exactement ? Entre deux conseils des ministres ? Le mardi matin sur Bel RTL ?
Une urgence ne se pilote pas à mi-temps. Un fléau ne se combat pas avec un titre sur un organigramme.
Et pendant que le ministre-président communique, le travail réel s'effondre. Quarante associations soutenues par safe.brussels, qui interviennent au quotidien sur les addictions, le sans-abrisme, les violences, attendent depuis janvier les 600.000 euros de subsides votés. Plus de 100.000 bénéficiaires concernés. Plus de 50 emplois en jeu. La réponse de Dilliès en plénière : il "évalue".
Une politique anti-drogue sérieuse tient sur quatre piliers, la prévention, traitement/soins, réduction des risques et la répression. Dilliès ne parle que du troisième, et encore, depuis un poste qu'il occupe à temps partiel. Les deux premiers piliers, il les laisse mourir de faim.
Bruxelles n'a pas besoin d'un ministre-président qui pose pour la photo sécuritaire. Bruxelles a besoin d'un vrai plan. D'un vrai pilote. D'argent vraiment versé aux gens qui font vraiment le travail. Le reste, c'est de la posture pendant que des vies s'éteignent.
Ibne Muna