14/08/2026
La sortie de la N‑VA repose sur une confusion volontaire entre pension d’invalidité et interdiction de travailler, alors que le droit belge est parfaitement clair :
un fonctionnaire pensionné pour invalidité a le droit d’exercer une activité professionnelle, y compris un mandat politique.
C’est la loi, pas une anomalie.
L’indignation affichée par la députée Eva Demesmaeker relève donc davantage du procès d’intention que d’une analyse sérieuse.
🟦 1. Une présentation biaisée des faits
Affirmer que « l’État les considère comme inaptes au travail pour le reste de leur vie » est trompeur.
La pension d’invalidité signifie inaptitude à exercer son ancien emploi statutaire, pas une incapacité totale à toute activité.
Un agent peut être :
inapte à un poste lourd, dangereux ou physiquement exigeant,mais parfaitement apte à exercer une fonction non physique, non stressante, ou à temps partiel,et encore plus un mandat politique, qui n’est pas un emploi salarié mais une fonction élective.
La N‑VA le sait parfaitement. Elle choisit pourtant de laisser croire que ces personnes seraient des « faux invalides ». C’est une manipulation rhétorique.
🟩 2. Le cumul est légal, encadré et contrôléLe système prévoit un plafond de cumul.
Il a été relevé récemment à 10.117 €, précisément pour éviter que les pensionnés soient condamnés à l’inactivité forcée.
Dire que ces élus « profitent » du système est donc faux :
ils respectent la loi, les plafonds, les contrôles médicaux, et les règles de cumul.
Ce que la N‑VA présente comme un « scandale » est en réalité un mécanisme prévu par le législateur pour permettre une participation sociale et démocratique.
🟧 3. Une attaque politique déguisée en indignation morale
Qualifier la situation « d’absurde » revient à insinuer que :
les médecins qui ont statué sur l’invalidité seraient incompétents, les électeurs qui ont choisi ces bourgmestres et échevins seraient naïfs, et que les personnes malades devraient être exclues de la vie publique.
C’est une vision dangereuse :
elle réduit l’invalidité à une incapacité totale, nie la diversité des situations médicales, et stigmatise des citoyens qui ont été élus démocratiquement.Le message implicite est clair :
si vous êtes malade, vous n’avez plus le droit de participer à la démocratie.
C’est une dérive inquiétante.
🟥 4. Le vrai problème : la caricature du système pour justifier une réforme
La N‑VA utilise ces cas pour présenter l’ancien système comme « dépassé », alors que :il était strict,il reposait sur des expertises médicales,et il n’a jamais interdit aux pensionnés d’exercer une activité compatible avec leur état.
La réforme récente n’a pas été motivée par des abus massifs, mais par une volonté politique de réduire les dépenses.
Transformer quelques cas parfaitement légaux en « scandale » sert surtout à légitimer un discours de durcissement.
🟦 Conclusion
La déclaration de la N‑VA repose sur une confusion volontaire, une stigmatisation injuste, et une instrumentalisation politique d’une situation parfaitement légale.
Un fonctionnaire pensionné pour invalidité :
a le droit de travailler,a le droit d’être élu,a le droit de participer à la vie démocratique,et ne perd pas sa citoyenneté parce qu’il est malade.
Ce que la N‑VA présente comme un « scandale » n’est rien d’autre que l’exercice normal des droits civiques.
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Dix-sept élus locaux en Belgique cumulent actuellement pension d’invalidité et fonctions publiques. Une situation rendue possible par l’ancien système, selon des informations obtenues par la N-VA.