10/10/2026
📌🗣10 OCTOBRE — JOURNÉE MONDIALE DE LA SANTÉ MENTALE
Et si, aujourd'hui, nous regardions au-delà des sourires, des apparences et de cette force que l'on exige si souvent des autres ?
Combien de femmes avancent chaque jour avec des inquiétudes qu'elles n'osent partager ?
Combien de mères jonglent entre le travail, les enfants, les responsabilités, les imprévus, sans jamais trouver le temps de se demander : « Et moi, comment je vais vraiment ? »
Combien de pères portent leurs angoisses en silence, prisonniers de cette idée qu'un homme doit tenir, encaisser et ne jamais montrer ses fragilités ?
Combien de parents solos commencent leur journée déjà fatigués, avec mille choses à anticiper, des décisions à prendre seuls et parfois personne à qui passer le relais ?
Et combien de femmes et d'hommes vivent cette même solitude au sein de leur couple, présents à deux, mais seuls face à la charge réelle du quotidien ?
Derrière chaque parent, il y a d'abord un être humain.
Un être humain qui peut aimer ses enfants infiniment et être à bout de forces.
Qui peut sourire en public et pleurer une fois la porte refermée.
Qui peut être un professionnel compétent, un parent attentif, un pilier pour les autres… et avoir lui-même besoin d'être soutenu.
Non, être fort ne signifie pas être inépuisable. Et demander de l'aide n'est pas un aveu de faiblesse.
Mais aujourd'hui, j'aimerais que nous allions plus loin que les messages invitant simplement chacun à prendre soin de soi.
Car comment prendre soin de sa santé mentale lorsque l'on manque de temps, de sommeil, de sécurité, de ressources ou de relais ?
Comment se reposer quand tout repose sur soi ?
Comment préserver son équilibre lorsqu'il faut constamment choisir entre ses responsabilités professionnelles, ses obligations familiales et ses propres besoins ?
La santé mentale n'est pas uniquement une responsabilité individuelle. Elle est aussi une responsabilité collective, sociale et institutionnelle.
La monoparentalité n'est ni une maladie ni une vulnérabilité automatique. Ce sont les déséquilibres liés à la charge réelle, l'absence de soutien, les violences, l'isolement et les contraintes qui s'accumulent qui peuvent fragiliser la santé mentale.
Et ces réalités ne concernent pas uniquement les parents solos. Elles traversent aussi les familles confrontées au handicap, à la maladie, à l'exil, à la précarité, à une coparentalité conflictuelle ou à cette solitude silencieuse qui peut exister au sein même du couple.
Alors, cessons de célébrer uniquement la résilience de celles et ceux qui tiennent. Demandons-nous aussi pourquoi ils doivent tenir autant, si longtemps, et parfois seuls.
Chez Mamans Soloeotop ASBL, nous défendons une conviction fondamentale : reconnaître la charge réelle des parents, c'est permettre d'anticiper les risques, de renforcer les relais et de construire des réponses adaptées.
C'est tout le sens de notre Réflexe Monoparentalité : ne pas attendre l'épuisement pour agir.
Reconnaître les déséquilibres, prévenir leurs conséquences et apporter une compensation équitable, qu'elle soit temporelle, organisationnelle, professionnelle ou liée à l'accès aux services.
Parce que l'égalité ne consiste pas à demander à chacun de porter le même poids lorsque les conditions pour avancer ne sont pas les mêmes.
Et n'oublions jamais les enfants.
Un enfant n'a pas besoin d'un parent parfait. Il a besoin d'un environnement suffisamment sécurisant, d'un parent qui puisse être accompagné et de relais lorsque les difficultés deviennent trop lourdes.
Prendre soin de la santé mentale des parents, c'est aussi investir dans le bien-être, la sécurité affective et l'avenir des enfants.
En cette Journée mondiale de la santé mentale, j'aimerais que nous retenions une chose :
Personne ne devrait avoir à s'effondrer pour que sa fatigue soit reconnue.
Écoutons sans juger.
Soutenons sans culpabiliser.
Reconnaissons sans stigmatiser.
Prévenons plutôt que réparer.
Et transformons cette prise de conscience en actions concrètes.
Car derrière chaque parent qui tient debout, il ne devrait pas y avoir uniquement du courage. Il devrait aussi y avoir une société qui tient à ses côtés.
Reconnaître le parent, c'est aussi protéger l'enfant.
Amina Nsenga
Fondatrice et Présidente Mamans Soloeotop ASBL
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