21/07/2026
La ministre de la justice emprisonnée applique donc le service minimum dans les prisons surpeuplées, et prévoit un recours accru à la privatisation du gardiennage. (1)
La fuite en avant continue. Elle était actée dès que l'Etat a commencé à favoriser les prisons en Partenariat-Public-Privé, qui coûtent plus cher pour des "services" de moindre qualité.
La privatisation de cette fonction de la Justice est un immense problème.
Problème qui en double un autre: la CGSPPP, qui a soutenu systématiquement les prisons PPP, se dit trahie par cette décision, qui est pourtant le corollaire prévu et évident de la PPPisation du parc carcéral.
Le second problème se trouve donc là: l'une des principales forces syndicale accompagne activement ce mouvement, soutien la semi-privatisation du parc carcéral pour ensuite déplorer l'extension de sa privatisation, mais après s'être privé de toute crédibilité sur le sujet.
Ce second problème se triple d'un troisième: les partis politiques soutiennent cette dérive qui pose des problèmes toujours plus graves. Ainsi le PTB a pris position en avril 2026 contre la privatisation des prisons (2), ce texte ressort ces derniers jours à l'occasion de la décision de la ministre de la justice emprisonnée.
Le PTB crie au danger, mais lequel?
Le PTB regrette:
- "Le métier perd en attractivité, les recrutements peinent, et les cadres — déjà insuffisants au regard de la population carcérale actuelle — ne sont jamais complets."
- "Face à cela, la réponse du gouvernement tient en un accord social arraché par les syndicats en décembre dernier : 23 millions d’euros d’ici 2028 pour revaloriser la fonction."
- "Rappelons également qu’il n’y a eu aucune revalorisation depuis 2009."
- "Ce manque de personnel n’est pas une fatalité. C’est le résultat d’un choix : laisser se dégrader les conditions de travail jusqu’à ce que le métier ne soit plus attractif, puis utiliser cette pénurie comme justification pour ouvrir la porte au privé."
- "Ce qui était présenté comme une modernisation du service public apparaît aujourd’hui pour ce que c’était réellement : une première étape vers la privatisation. La création de fonctions dites de « surveillance froide » ouvre la porte à leur externalisation."
- "L’entrée du privé dans les prisons coûtera très cher à la société ans résoudre les problèmes de fond : ni la surpopulation, ni le manque de personnel, ni les tensions au sein des établissements."
- "Aujourd’hui, le gouvernement a choisi son camp. D’un côté, 11 millions d’euros en quatre ans pour une trentaine de postes privés. De l’autre, à peine 23 millions pour améliorer les conditions de travail de plus de 7 000 travailleurs.
Le message est clair : on préfère financer le privé plutôt que de renforcer le service public."
Et le PTB propose:
- "Pour le PTB, la solution est claire. Il faut investir dans le personnel pénitentiaire, améliorer les conditions de travail, rendre le métier à nouveau attractif. Il faut des recrutements massifs, une meilleure reconnaissance, et des moyens à la hauteur des besoins."
Donc, il n'y a aucune remise en question de l'enfermement de masse. Bien au contraire, le PTB demande un engagement massif de gardiens.
Il est démontré de manière limpide, à la fois dans la littérature et par les faits, que l'enfermement de masse est un échec, y compris sécuritaire. C'est la logique du désastre carcéral. Visiblement pour le PTB, ce n'est pas gênant, tant que ça fait de l'emploi public. Ce parti soutient le désastre carcéral, mais public.
On notera cependant qu'il n'a jamais cherché à tracer les flux financiers qui sont aspirés des budgets de la Justice par les prisons PPP, et transférés vers des lieux inconnus par les consortium privés qui exploitent ces prisons, grâce aux gardiens que le PTB entend représenter au Parlement.
La boucle est bouclée.
Il y avait la CGSPPP.
On découvre le PPPTB.
(1)
https://www.rtbf.be/article/prisons-un-service-minimum-instaure-des-les-24-premieres-heures-de-greve-11760676
(2)
https://www.ptb.be/actualites/privatisation-dans-nos-prisons-attention-danger
Dans nos prisons, la situation est catastrophique et cela s’empire de jour en jour. Surpopulation chronique, détenus contraints de dormir au sol, tensions permanentes, personnel épuisé… Le constat est connu depuis des années. Mais au lieu de s’attaquer à ces problèmes à la racine, le go...