26/08/2026
Massacres de Yumbi : une décision historique pour les victimes et un précédent majeur pour la justice congolaise
Le 1er juin 2026, après cinq années de procès, la Haute Cour Militaire a rendu son arrêt définitif concernant les violences commises à Yumbi, dans la province du Maï-Ndombe, en 2018.
Cet arrêt marque une avancée importante dans la lutte contre l’impunité en République démocratique du Congo.
La Cour a reconnu plus de 50 personnes coupables de crimes contre l’humanité. Surtout, elle établit un précédent important : des violences commises dans le cadre d’un conflit intercommunautaire, en dehors d’un contexte de conflit armé, peuvent constituer des crimes contre l’humanité.
La décision reconnaît également le droit à des réparations pour 355 victimes.
Mais reconnaître ce droit ne suffit pas : encore faut-il que les réparations accordées soient effectivement versées. Alors que leur non-exécution demeure un obstacle majeur pour les victimes de crimes internationaux en RDC, ASF appelle les autorités compétentes, notamment le Fonds national des réparations des victimes (FONAREV), à prendre les mesures nécessaires pour garantir leur mise en œuvre.
Malgré ces avancées, ASF regrette que la Cour ait écarté toute responsabilité civile de l’État congolais, considérant qu’aucun fondement juridique ne justifiait sa condamnation au paiement des réparations accordées aux parties civiles.
Pour ASF, l’absence de condamnation de préposés de l’État ne suffisait pas à exclure sa responsabilité civile. Celle-ci aurait également pu être examinée au regard du manquement de l’État à son obligation d’assurer la protection et la sécurité des populations.
La lutte contre l’impunité ne peut se construire sur une justice à deux vitesses qui permet aux personnes influentes d’échapper à leurs responsabilités.
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