02/07/2026
2 July: Saints Processus and Martinianus, the jailers of St Peter, so often depicted in early Christian art that it was thought it could not really be them! [🇫🇷 texte français ci-dessous]
🇬🇧 Processus and Martinianus were ordinary soldiers, assigned to guard prisoners at the Trullianum, the old prison built during the Roman monarchy at the foot of the Capitoline Hill - also known as the Mamertine Prison - which saw famous convicts pass through (and die) there: from Jugurtha, King of Numidia, to Pontius Telesinus, the last king of the Samnites, from the conspirators of Catiline to Vercingetorix. In their own time, they also had guests of no less prestige under their watchful eye: the apostles Peter and Paul! This encounter brought them much temporal suffering, but assured them, through the grace of martyrdom, of eternal life.
Legend tells us that, moved by the apostles’ preaching, they asked to be baptised; but, deprived of their freedom of movement, deep within their subterranean dungeon, the apostles had no baptismal font to do so. Like a new Moses, Peter struck the rock of the subsoil, from which a spring of clear water gushed forth, which still floods the lower chamber today. The iconography of this scene did not bring luck to our two newly baptised men: indeed, the attribution of the scene, depicted in the catacombs and on sarcophagi of the Constantinian era (the sarcophagus of Marcus Claudianus, the sarcophagus of the two brothers, the dogmatic sarcophagus in the Pio Cristiano Museum), was called into question by hagiographers in the early 20th c., notably Pio Franchi de' Cavalieri (1869-1960), followed by Louis Réau (1881-1961). According to them, it is the legend, recounted in the Passion of Saint Peter by Pseudo-Linus, dating from the 4th c., that derives from this misunderstood iconography: these scenes were in reality episodes from the Exodus misinterpreted as a Petrine cycle, or purely typological representations of Peter as the new Moses, independent of any narrative.
Today, this hypothesis seems exaggerated: that Pseudo-Linus misinterpreted sarcophagi contemporary to him seems surprising, and the cult of Processus and Martinianus, figures who, according to this hypothesis, would have been the product of his imagination, is attested from the late 3rd to early 4th c., at the site of their burial on the Via Aurelia, at the very moment when this iconography appears (catacombs of Saint Callixtus, sarcophagus of Jonas). Furthermore, from a purely iconographic perspective, there is no better explanation for these scenes, in which the traditional features of Peter and Paul are clearly recognisable: the former, held on either side by two soldiers wearing pillbox hats, is clearly under arrest; at the side, it is the same two figures rushing into the water gushing from the rock. Moreover, in the three Constantinian sarcophagi, Peter is already depicted in the scene of the announcement of his denial; at that time, the apocryphal acts of the apostles Peter and Paul were within the Church of Rome very popular amongst the faithful, who read them as a continuation of the New Testament.
Whatever the outcome of this debate, the Louvre Museum holds one of the few depictions of the baptism of the two soldiers by Saint Peter, attributed to the school of Andrea Camassei (1602-1649). Paul, on the left, points to the spring gushing like a geyser from the prison floor, showing it to the other prisoners. Some time earlier, in 1629, when Valentin de Boulogne received a commission for a painting in honour of the two saints for St Peter’s Basilica, he had chosen the scene of their martyrdom: lying head to tail on the rack, the two soldiers are about to have their nerves torn out by their comrades-in-arms. On the right, Peter, still awaiting his own death, intercedes for his guards, his face buried in one hand. A Legendary by the Master of Fauvel (1320-1330) had chosen the next stage of their torment: when they were beaten before being thrown to the scorpions and then beheaded. The palms held by the executioners, in place of clubs, foreshadow Processus and Martinianus’ entry into the divine life, palm in hand.
🇫🇷 2 juillet : Saints Procès et Martinien, les geôliers de saint Pierre, si souvent représentés dans l’art paléochrétien qu’on a cru que ce n’étaient pas eux !
Processus et Martinianus étaient de simples soldats, affectés à la surveillance des prisonniers au Trullianum, la vieille prison construite du temps de la monarchie romaine au pied du Capitole - aussi connu sous le nom de prison Mamertine -, qui vit passer (et mourir) des condamnés célèbres : de Jugurtha, roi de Numidie, à Pontius Telesinus, dernier roi des Samnites, des conjurés de Catilina à Vercingétorix. De leur temps, ce sont des hôtes bien aussi prestigieux qu’ils accueillirent sous leur bonne garde : les apôtres Pierre et Paul ! Cette rencontre leur valut bien des souffrances temporelles, mais leur assura, par la grâce du martyre, la vie éternelle.
La légende nous apprend en effet que, touchés par la prédication des apôtres, ils demandèrent le baptême ; mais, privés de la liberté de leurs mouvements, au fond de leur cachot souterrain, les apôtres ne disposaient pas d’une piscine baptismale qui le permît. Tel un nouveau Moïse, Pierre frappa le roc du sous-sol, d’où jaillit une source d’eau claire, qui aujourd’hui encore inonde la chambre inférieure. L’iconographie de cette scène ne porta pas bonheur à nos deux nouveaux baptisés : en effet, l’attribution de la scène, représentée dans les catacombes et sur les sarcophages de l’époque constantinienne (sarcophage de Marcus Claudianus, sarcophage des deux frères, sarcophage dogmatique du Musée Pio Cristiano), fut mise en doute par les hagiographes du début du XXe siècle, notamment Pio Franchi de' Cavalieri (1869-1960), suivi par Louis Réau (1881-1961). Selon eux, ce serait la légende, relatée dans la Passion de saint Pierre du Pseudo-Lin, datée du IVe siècle, qui dériverait de cette iconographie mal comprise : ces scènes seraient en réalité des épisodes de l’Exode interprétés à tort comme un cycle pétrinien, ou des représentations purement typologiques de Pierre en nouveau Moïse, indépendamment de toute narration.
Aujourd’hui, cette hypothèse paraît exagérée : que le Pseudo-Lin ait mal interprété des sarcophages qui lui étaient contemporains paraît surprenant, et le culte de Procès et Martinien, personnages qui, selon cette hypothèse, auraient été le fruit de son imagination, est attesté dès la fin du IIIe - début du IVe siècle, à l’emplacement de leur sépulture sur la Via Aurelia, au moment précis où apparaît cette iconographie (catacombes de Saint-Callixte, sarcophage de Jonas). Par ailleurs, d’un point de vue purement iconographique, on ne saurait mieux expliquer ces scènes, où les physionomies traditionnelles de Pierre et Paul sont bien reconnaissables : le premier, maintenu de part et d’autre par deux soldats chapeautés de toques, est clairement en état d’arrestation ; sur le côté, ce sont les mêmes deux personnages qui se précipitent dans l’eau jaillissant du rocher. De plus, dans les trois sarcophages constantiniens, Pierre est déjà représenté dans la scène de l’annonce du reniement ; à cette époque, les actes apocryphes des apôtres Pierre et Paul avaient, dans l’Eglise romaine, une grande popularité parmi les fidèles, qui les lisaient comme une continuation du Nouveau Testament.
Quoi qu’il en en soit de ce débat, le Musée du Louvre conserve une des représentations peu nombreuses du baptême des deux soldats par saint Pierre, attribuée à l’école d’Andrea Camassei (1602-1649). Paul, à gauche, montre du doigt aux autres prisonniers la source jaillissant comme un geyser des dalles de la prison. Quelque temps auparavant, en 1629, lorsque Valentin de Boulogne reçut la commande d’un tableau en l’honneur des deux saints pour la basilique Saint-Pierre, il avait retenu la scène de leur martyre : étendus tête-bêche sur le chevalet, les deux soldats s’apprêtent à se voir arracher les nerfs par leurs frères d’armes. A droite, Pierre, qui attend encore sa propre mort, intercède pour ses gardiens, le visage enfoui dans une main. Un Légendier du Maître de Fauvel (1320-1330) avait choisi l’étape suivante de leur supplice, lorsqu’ils furent roués de coups avant d’être jeté aux scorpions puis décapités. Les palmes que tiennent les bourreaux, en lieu et place des bâtons, anticipent l’entrée de Procès et Martinien dans la vie divine, la palme à la main.
1 - Sarcofago di Marcus Claudianus, 330-339, Palazzo Massimo alle Terme, Roma
2 - Sarcofago dei due fratelli, 325-350, Museo Pio Cristiano, Città del Vaticano
3 - École de Andrea Camassei (1602-1649), Saint Pierre baptisant saint Procès et saint Martinien en prison, XVIIe siècle, Musée du Louvre
4 - Valentin de Boulogne (1591-1632), Martyre de Saint Procès et Saint Martinien, 1629, Pinacoteca Vaticana
5 - Maître de Fauvel, Légendier (Ms. Fr.183, fol.23v), 1320-1330, BNF
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