24/09/2026
Après avoir consulté nos membres et nos délégués, nous constatons que la formule proposée pour le travail en équipes 2.0 ne bénéficie actuellement pas d’un soutien suffisant. Elle suscite des questions et des inquiétudes quant à ses conséquences sur l’organisation du travail, la vie privée et la rémunération.
Le travail en équipes 1.0 a déjà demandé des efforts considérables. Nos collègues ont néanmoins fait preuve de souplesse et d’un esprit constructif. Ils ont contribué à la recherche de solutions praticables et à la continuité du service. Beaucoup d’entre eux accordent toutefois davantage de confiance aux accords précédents et au fonctionnement du travail en équipes 1.0, qu’ils jugent plus clair et plus adapté à la réalité du terrain.
Avec le travail en équipes 2.0, une grande flexibilité leur est à nouveau demandée. Nos membres considèrent les adaptations supplémentaires comme importantes et demandent que leur expérience pratique ainsi que les conséquences sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée soient prises au sérieux.
Le travail de jour prévu le week-end constitue un point d’attention majeur. Si la continuité du service doit être assurée, ce travail supplémentaire le week-end a des répercussions considérables sur la vie familiale, les relations sociales et la récupération. Il faut donc trouver un équilibre entre les besoins opérationnels et les conséquences humaines et sociales.
L’organisation proposée pour l’équipe t**dive suscite également des inquiétudes et demande une concession supplémentaire sur le plan de la vie familiale. L’ajout d’une pause non rémunérée de trente minutes prolonge en outre le temps de présence sur le lieu de travail. Pour les collègues concernés, cela alourdit encore leur journée de travail et pèse sur leur vie privée.
Nos membres considèrent aussi comme une restriction importante le fait de ne pas pouvoir planifier eux-mêmes leurs CV. Cette possibilité leur permet aujourd’hui d’adapter, dans une certaine mesure, leur régime de travail à leurs obligations familiales et personnelles. Ils demandent dès lors de conserver une liberté et une participation suffisantes dans la planification de leurs CV.
La limitation des échanges de services entre collègues au sein du système A suscite elle aussi des préoccupations. La possibilité actuelle d’échanger des services dans le cadre du travail en équipes 1.0 est appréciée. Elle permet notamment de faire face à des circonstances familiales ou personnelles imprévues. Si les échanges ne sont plus possibles que par blocs complets de deux semaines, cette souplesse sera fortement réduite.
L’organisation du travail de nuit soulève également des questions. Les collègues qui préfèrent travailler de nuit pourraient rejoindre l’équipe de nuit fixe. Le système A compterait alors moins de personnes disponibles pour les services de nuit, ce qui compliquerait davantage les échanges et la planification.
Nos membres se demandent dès lors pourquoi des services de nuit resteraient nécessaires dans le système A alors qu’une équipe de nuit fixe serait créée. Si cette dernière dispose d’un effectif suffisant, il convient d’examiner s’il est encore nécessaire de maintenir des services de nuit dans le système A ou, à tout le moins, s’il est possible de les réduire davantage.
La possibilité de commencer le service de nuit le dimanche soir plutôt que le lundi soir est, en soi, accueillie favorablement. Pour nos membres, cet avantage ne compense toutefois pas les efforts et les restrictions supplémentaires qu’impliquerait l’ensemble de la proposition.
La modification proposée des consignes en matière de congés soulève elle aussi des questions. Selon nos membres, les règles actuelles de demande et d’octroi des congés fonctionnent bien. Chaque atelier connaît ses effectifs et ses besoins opérationnels. Les congés sont essentiels au repos, à la récupération et à un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Tant que la nécessité d’une modification n’est pas clairement démontrée, nous demandons le maintien des règles et des accords actuels. Leur modification constituerait une charge supplémentaire qui viendrait s’ajouter au travail en équipes 2.0.
Enfin, la rémunération proposée suscite d’importantes inquiétudes. Nous demandons de s’inspirer du système appliqué dans le secteur privé afin de parvenir à une formule simple, transparente et vérifiable. Le système proposé est accueilli avec beaucoup de méfiance par nos collègues.
Ces dernières années, nos collègues ont prouvé qu’ils prenaient leurs responsabilités, faisaient preuve de souplesse et contribuaient à la continuité du service. Ils attendent que cet engagement soit reconnu et que toute modification future respecte un équilibre entre les besoins opérationnels et la faisabilité sociale. Il appartient d’abord à la direction de démontrer comment elle entend résoudre les problèmes d’organisation qui existent actuellement.
Après avoir examiné l’ensemble de ces éléments, nous devons conclure que nos membres et nos délégués ne peuvent accepter le travail en équipes 2.0 dans sa forme actuelle. Ils ont davantage confiance dans le travail en équipes 1.0 et souhaitent en conserver les principaux fondements. Nous restons disposés à discuter des difficultés de manière constructive avec la direction et à rechercher ensemble des solutions à la fois responsables sur le plan opérationnel et acceptables sur le plan social.
Cordialement,
L’équipe du SLFP Cheminots