05/05/2026
𝗟𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲 𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝘁𝗲 – 𝗙𝗼𝗿𝘁𝗲 𝗶𝗻𝗾𝘂𝗶𝗲́𝘁𝘂𝗱𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗮𝗰𝗰𝗼𝗺𝗽𝗮𝗴𝗻𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗶𝗻 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗲𝗿𝗻𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗲𝗻𝘀𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗹’𝗮𝗴𝗿𝗲𝘀𝘀𝗶𝘃𝗶𝘁𝗲́
Les accompagnateurs de train expriment une vive inquiétude quant aux indemnités actuelles prévues pour le contrôle des titres de transport. Celles-ci sont jugées largement insuffisantes par de nombreux agents, particulièrement au regard de l’augmentation des responsabilités, de la complexité croissante du travail et de la charge administrative supplémentaire.
Par le passé, un accompagnateur de train percevait un pourcentage sur la vente de billets à bord. Ce système a ensuite été réduit à un forfait de 1 euro brut par billet vendu. Aujourd’hui, la vente à bord est totalement supprimée.
La perte de revenus qui en découle devait être compensée par une rémunération liée au contrôle des titres de transport. Or, dans la pratique, cette compensation s’avère totalement déséquilibrée et insuffisante.
Une question fondamentale se pose dès lors : en quoi la suppression de la vente de billets à bord contribue‑t‑elle à la diminution de l’agressivité ?
Auparavant, un accompagnateur de train pouvait, moyennant une indemnité limitée, vendre un billet à des voyageurs se trouvant sans titre de transport pour des raisons légitimes, comme une borne automatique défectueuse. Cette possibilité permettait d’apaiser les tensions, de favoriser la compréhension mutuelle et de régulariser immédiatement la situation.
Aujourd’hui, il ne reste plus que l’établissement d’un formulaire C170, permettant au voyageur de se mettre ultérieurement en règle au guichet, le plus souvent assorti d’une amende de 90 euros. Cette procédure implique pour l’accompagnateur de train une charge administrative considérable, une perte de temps importante et aucune compensation supplémentaire.
Par ailleurs, l’acceptation d’une carte d’identité numérique de la SNCB ou d’une photo d’un document d’identité oblige l’accompagnateur à encoder manuellement l’ensemble des données personnelles, ce qui ralentit encore le contrôle et augmente le risque d’erreurs. À cela s’ajoute le fait qu’une partie de ces dossiers C170 est finalement classée sans suite, ce qui soulève de sérieuses questions quant à l’efficacité du système et au taux réel de recouvrement des amendes.
Cette méthode de travail entraîne inévitablement des discussions avec les voyageurs. C’est toujours l’accompagnateur de train qui doit expliquer et justifier l’amende. Cela accroît non seulement la charge de travail, mais aussi le risque d’agression verbale — précisément ce que l’on prétend vouloir réduire.
En raison de l’alourdissement des tâches administratives, les accompagnateurs disposent de moins de temps pour contrôler les titres de transport. Cela se traduit par moins de contrôles, une rémunération encore réduite et, à nouveau, une perte de revenus. Ils sont ainsi confrontés à un choix absurde : donner la priorité aux contrôles pour compenser leur salaire, ou remplir des formulaires avec toutes les discussions et tensions que cela implique. Soyons honnêtes : plus de contrôles signifient plus de revenus, moins de C170 et moins de conflits à bord.
Les accompagnateurs de train sont donc en droit de se demander si cette réforme a été suffisamment réfléchie. Davantage de travail, plus de tensions et une rémunération en baisse ne constituent pas une base durable pour garantir un service ferroviaire sûr, efficace et respectueux des voyageurs.
Une révision en profondeur des compensations ainsi qu’une prise en compte réaliste de la réalité quotidienne des accompagnateurs de train s’imposent de toute urgence.
Un accompagnateur de train inquiet