12/05/2026
Rappel : "La police ne peut exiger des journalistes qu’ils ou elles révèlent la manière dont ils ont obtenu des informations. La police n’a pas davantage le droit de forcer les journalistes à divulguer leurs images, ni à fortiori les saisir ou les supprimer."
📢 Communiqué de l'AJP : Trois journalistes de la Libre contrôlés par la police, fouillés, questionnés sur leurs sources et forcés de montrer leurs images alors qu’ils réalisaient un reportage dans un lieu public.
Dans la nuit du 17 au 18 avril 2026, trois journalistes de La Libre ont été interpelés par la police alors qu’ils achevaient la réalisation d’un reportage sur un rodéo urbain, organisé sur une aire d’autoroute.
Interpelés lorsqu’ils regagnaient leurs voitures à l’écart du rassemblement, les journalistes (dont un photographe) se sont immédiatement identifiés comme tels, présentant leur carte de presse et leur matériel. Pourtant aisément identifiables, les trois journalistes ont été fouillés, de même que leurs véhicules et leurs sacs de matériel photographique. Les policiers ont exigé de consulter les images du photographe, tenu à l’écart de ses collègues, et menacé de les saisir en l’absence de collaboration. Après de nombreux refus, celui-ci n’a eu d’autre choix que de montrer ses photos, unique moyen pour que son contrôle prenne fin, après plus d’une heure d’intervention. Les policiers ont par ailleurs tenté d’obtenir des informations sur les sources des journalistes et la manière dont ils avaient eu connaissance de l’événement. Les journalistes invoquant le secret des sources, il leur a été répondu que « le secret des sources, c’est discutable ».
L’Association des Journalistes Professionnels (AJP) a immédiatement fourni aux journalistes le soutien d’une avocate pénaliste. Une plainte sera déposée au Comité P, au nom des journalistes et de l’AJP.
L’AJP dénonce cette nouvelle ingérence policière dans la liberté d’informer et rappelle que les journalistes ont le droit, voire le devoir, de documenter des événements, fussent-ils organisés sans autorisation. L’AJP rappelle également que le secret des sources, composante essentielle de la liberté de la presse, est strictement protégé par la loi : la police ne peut exiger des journalistes qu’ils ou elles révèlent la manière dont ils ont obtenu des informations. La police n’a pas davantage le droit de forcer les journalistes à divulguer leurs images, ni à fortiori les saisir ou les supprimer.
Cet événement constitue un acte d’intimidation et une atteinte illégale à la liberté de la presse. Il est d’autant plus inquiétant qu’il s’inscrit dans un contexte répété d’entraves policières à l’activité journalistique : depuis 2025, il s’agit de la 4e plainte au comité P à laquelle se joint l’AJP pour ingérence ou violence policière envers des journalistes. Plusieurs alertes ont également été déposées sur la Plateforme du Conseil de l’Europe pour la sécurité des journalistes. Ce contexte témoigne d’un mépris, ou à tout le moins d’une inquiétante méconnaissance, par les forces de police, des garanties protégeant le travail journalistique.
L’AJP rappelle que l’acte d’informer, légitime et nécessaire dans une société démocratique, n’implique aucunement la participation ou l’adhésion des journalistes à l’événement documenté, et appelle la police à respecter strictement cette distinction.
L’AJP apporte tout son soutien aux journalistes concernés.
https://dossiers.lalibre.be/rodeos-urbains/
https://tinyurl.com/yd6vbjw9