09/02/2026
Olivier Malay
3 h
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Dans l'Avenir ce lundi : avec mes collègues, nous calculons la facture des gouvernements Arizona et Azur (MR et Engagés) pour les travailleurs et les familles. La réalité est loin des promesses de + 500 € par mois.
"Résultat : loin de gagner en pouvoir d'achat, les ménages devront au contraire absorber une multitude de nouvelles charges. Au total, l'ensemble de ces mesures pourrait représenter un surcoût annuel de 3 873 euros par ménage
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Il s'agit évidemment de nuancer ce montant, puisque les citoyens ne sont pas nécessairement concernés par l'ensemble des mesures. Néanmoins, la combinaison de plusieurs points suffit déjà à exercer une pression non négligeable sur le portefeuille.
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Le syndicat a passé en r***e quatorze mesures, dont certaines s'avèrent particulièrement douloureuses pour la population. Olivier Malay pointe notamment celles qui s'appliqueront, peu ou prou, à tout le monde. "À cet égard, la hausse des taxes et des accises est problématique. On peut partir du principe que la hausse des accises sur le gaz, le fioul et le diesel concernera presque tous les Belges."
Selon la même méthode de calcul, l'augmentation des taxes sur les nuitées en hôtel et en camping, mais aussi sur les plats à emporter ou les abonnements sportifs, coûterait 167 euros par an. "En moyenne, cette hausse des taxes et des accises touchera un ménage à hauteur d'environ 250 euros par an."
La CSC dénonce en outre les économies dans les soins de santé, qui impacteront l'ensemble des Belges. "On se dirige vers un moindre remboursement des frais de médecin et de médicaments", dénonce l'économiste. Les frais supplémentaires seraient de l'ordre de 132 euros par an.
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Certaines mesures, ciblant des catégories spécifiques de la population, s'annoncent par ailleurs très onéreuses. C'est notamment le cas de la limitation des primes de nuit, qui ne seront désormais versées que pour un travail presté entre 23 h et 6 h, alors qu'elles couvrent actuellement la tranche horaire allant de 20 h à 6 h.
"Pour un ouvrier payé 18 euros l'heure qui va perdre une heure de prime de nuit chaque jour à 30 % de sursalaire (CP 119), la perte sera de 868 euros nets par an".
Autre mesure lourde de conséquences : la réduction du quotient conjugal entraînera une perte moyenne de 1 322 euros par an pour les couples ne disposant que d'un seul revenu.
Notre interlocuteur souligne encore la baisse des primes liées aux heures supplémentaires. "Ce gouvernement pérennise le système, jusque-là temporaire, des heures supplémentaires volontaires instaurées pour la première fois durant la crise Covid."
Si ces heures bénéficient d'une défiscalisation, elles ne donnent droit à aucun sursalaire de 50 ou 100 %. "Par conséquent, pour un salaire brut de 20 euros, un travailleur prestant une heure supplémentaire aura 20 euros nets dans sa poche, contre 26,9 euros dans le système des heures supplémentaires normales." En pratique, une personne réalisant 60 heures supplémentaires sur l'année subira ainsi une perte de 413 euros nets.
Bien que ce mécanisme ne soit pas directement issu du programme de l'Arizona, Olivier Malay estime que le gouvernement fédéral l'ancre désormais de manière plus structurelle. " Jusqu'ici, les heures supplémentaires volontaires étaient peu utilisées par les entreprises, car elles avaient vocation à rester temporaires. Mais depuis l'annonce de l'Arizona, on se retrouve face à des sociétés qui veulent faire basculer le système d'heures supplémentaires classiques vers des heures volontaires pour économiser 25 % de coût du travail. Il s'agit donc d'une amplification significative d'un dispositif qui était, à l'origine, tout à fait marginal."
Les coalitions Azur également dans le viseur
Le calcul réalisé par la CSC ne porte pas uniquement sur les mesures propres à l'Arizona, étant donné qu'environ la moitié d'entre elles découlent des coalitions Azur en place en Région wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles.
"Que ce soit au Fédéral ou aux échelons communautaire et régional, c'est la même logique d'économies qui prévaut, soutient l'économiste de la CSC, Olivier Malay. Ce n'est en soi pas étonnant, étant donné que ce sont les mêmes partis qui sont au pouvoir."
Au regard des politiques menées, et jugées austères, le syndicat exige surtout "une amélioration de la qualité de vie de la population".
Le minerval, pas indolore
Concernant les coalitions Azur, l'organisation syndicale déplore entre autres la hausse du minerval dans l'enseignement supérieur qui risque de grever le budget des familles. Le prix d'une année d'étude devrait désormais atteindre 1194 euros.
Selon les estimations du gouvernement, cette augmentation concernerait environ 58 % des 130 000 étudiants de la Fédération Wallonie-Bruxelles, même si les dispositifs de gratuité ou de minerval réduit pour certains publics resteront en vigueur.
Ce changement devrait représenter une charge financière supplémentaire de 357 euros par ménage.
Crèches, stages : un impact sur les plus jeunes
Alors que le coût des études supérieures augmente, les parents devront également faire face à des dépenses accrues dès l'entrée en crèche de leurs enfants." Les subventions de l'ONE vont être gelées pendant deux ans. Or, les frais des crèches vont continuer à augmenter, que ce soit pour le salaire du personnel, pour l'énergie, etc. Les crèches vont devoir demander aux parents de payer plus cher afin de compenser cette perte de subvention. En moyenne, ce sera 110 euros par an", détaille le syndicat.
Enfin, la CSC dénonce la hausse du coût des fournitures scolaires ainsi que l'augmentation du coût des activités de loisirs, comme les stages Adeps ou encore l'inscription dans une académie de musique, qui deviendra payante pour les enfants de moins de 12 ans.
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