21/07/2026
⚖️ La Cour constitutionnelle annule plusieurs dispositions de la loi sur le "retour proactif" !
Le 16 juillet, la Cour constitutionnelle a annulé plusieurs dispositions clés de la loi du 12 mai 2024 sur la "politique de retour proactive", suite au recours introduit par le CIRÉ-asbl, aux côtés de Vluchtelingenwerk Vlaanderen, Caritas International.be, JRS Belgium, NANSEN asbl/vzw ,Médecins Du Monde Belgique, Medimmigrant et la Ligue des droits humains.
Cette loi promettait de "miser davantage sur le retour volontaire". Dans les faits, elle impose des mesures coercitives et porte atteinte aux droits fondamentaux des personnes étrangères : examens médicaux forcés, définition élargie du "risque de fuite", "alternatives à la détention"...
La Cour nous donne raison :
✅ Présomption de fuite : si la personne ne coopère pas à son retour mais reste à son lieu de résidence, la présomption de fuite ne se justifie pas et le délai de transfert ne peut être prolongé
✅ "Alternatives à la détention" : le législateur aurait dû en prévoir des moins coercitives, notamment la possibilité de dépôt de documents d'identité ou de voyage
✅ Obligation de coopération : ne doit pas s'appliquer aux personnes ayant introduit un recours suspensif contre leur décision de retour
❓ Sur les examens médicaux forcés, la Cour interroge la Cour de justice de l'UE avant de trancher définitivement
Ce que ça confirme : on ne peut pas bâtir une politique "de retour volontaire" sur la contrainte. Toutes mesures d’accompagnement qui se veulent basées sur la coopération doivent miser sur la confiance et la prise en compte autant des possibilités de retour que de celles de séjour en Belgique.
⚖️ L'arrêt de la Cour constitutionnelle :https://fr.const-court.be/public/f/2026/2026-089f.pdf
📖 Notre analyse de la politique de "retour" proactive : https://www.cire.be/publication/politique-de-retour-proactive/