11/09/2026
Afrology | AFROLETTER 20 Peut-on réparer l’irréparable ?
La question des réparations liées à l’esclavage n’est plus seulement portée par les militants. Elle entre désormais dans le champ diplomatique international, portée par l’ONU, l’Union africaine, la CARICOM et les diasporas.
Mais avant de parler d’indemnisation, une question dérangeante s’impose : Quelle histoire voulons-nous réparer ?
Car la mémoire africaine ne peut se limiter à la seule traite transatlantique. Elle doit aussi regarder les traites transsahariennes, celles de la mer Rouge et de l’océan Indien, sans instrumentaliser les unes pour minimiser les autres.
Et réparer ne signifie pas seulement payer. Cela peut vouloir dire reconnaître, restituer, réhabiliter, réformer, transmettre et empêcher la répétition des logiques de domination.
Mais Afrology pose une autre question, plus inconfortable encore : l’Afrique peut-elle réclamer une mémoire universelle tout en conservant elle-même une mémoire sélective ? Les responsabilités extérieures doivent être établies. Les responsabilités africaines doivent aussi pouvoir être interrogées.
La réparation n’est peut-être pas d’abord une affaire de dette. Elle est une bataille pour la vérité, la mémoire et la dignité.
Et pour vous : que devrait signifier concrètement “réparer” aujourd’hui ?