19/08/2025
Vandaag in Bruzz (papier—vrijdag online):
(ENGLISH further below)
FRANÇAIS (ChatGPT):
Frénésie de construction dans un quartier oublié
Un quartier populaire change à toute vitesse
Entre la rue Neuve et la rue Royale se trouve un quartier central oublié qui évolue à une vitesse fulgurante. Des colosses de bureaux se muent en logements, en hôtel de luxe ou en campus universitaire. Et, à la Cité administrative de l’État, la cicatrice de la jonction Nord-Midi sera bientôt refermée. Pourtant, des points douloureux subsistent. « Les nouveaux habitants sont à peine impliqués dans le quartier. Appelez-les sans hésiter des habitants fantômes. » (Texte : Kris Hendrickx, photos : Bart Dewaele.)
Appelez-le sans crainte une perle cachée. Le café-restaurant De Meyboom est blotti dans le quartier du Broek, en face du Musée de la BD, au pied d’un escalier qui mène vers un autre monde : l’immensément large boulevard Pacheco et le mur de béton de la Cité administrative de l’État (RAC). À l’intérieur, le temps s’est arrêté : intérieur en bois, excellentes recettes de spaghetti, habitués et leurs plaisanteries, tout semble venir d’une autre époque. « Si on peut vous demander quelque chose ? Si vous payez nos spaghettis (éclat de rire). »
Les clients en question sont un groupe de pensionnés qui furent autrefois collègues à l’imprimerie de la Banque nationale. Certains fréquentent le café depuis quarante ans. Leur ancien lieu de travail — de l’autre côté de la rue — n’est qu’un des nombreux bâtiments qui vont bientôt recevoir une nouvelle affectation. Des logements et des bureaux y verront le jour, et surtout la chaîne d’hôtel et de bien-être The Mix s’y installera. Le vrombissement des marteaux-piqueurs du chantier s’entend jusque dans le café. « Ce bâtiment est une vraie forteresse, il devait aussi supporter des machines très lourdes », explique le client Roger. « L’entrepreneur qui veut y percer des ouvertures risque bien d’y laisser sa culotte. »
« Quand mes parents ont repris l’affaire en 1981, on voyait surtout ici des ouvriers des imprimeries du quartier », raconte, derrière son comptoir, Anthony Lorenzo, patron du café — et ex-joueur de l’Union. « C’était un quartier populaire vivant, les bas-fonds de Bruxelles. Ensuite a suivi une période difficile : les imprimeries ont fermé, le quartier s’est vidé, il y a eu beaucoup de vandalisme et des squats. Depuis les années 2000, ça va mieux, mais cela restait un endroit étrangement calme en ville. Après 17 heures, c’était vraiment la campagne. On ne voyait pas un chat, alors que la rue Neuve est tout près. »
Le train de la transformation
Ces dernières années, Lorenzo a vu le quartier reprendre lentement vie. Des centaines de logements et de kots étudiants sont apparus, souvent dans d’anciens immeubles de bureaux. En diagonale, en face du café, l’ancienne Monnaie (l’atelier de frappe, pas l’opéra) vient d’être reconvertie en un lieu mêlant bureaux, coliving et commerces. Dans la rue du Sable, deux cents kots supplémentaires arrivent. La zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles obtiendra enfin son quartier général tant attendu dans l’immeuble De Ligne, entre la Cité administrative et la cathédrale (cet immeuble sur lequel d’immenses policiers vous fixent depuis des années en promettant un meilleur service). Le long de la Petite Ceinture, la KU Leuven veut installer un nouveau campus dans l’ancienne Passage 44. Le permis date de 2022, mais on attend toujours le début des travaux.
Prenez aussi la Banque nationale. Son long bâtiment principal le long de l’avenue de Berlaimont subit une rénovation en profondeur, afin d’y regrouper tout le personnel de l’institution. Rétrécir à l’ère du télétravail : une tendance visible ailleurs en ville. Du coup, le bâtiment de la Banque de l’autre côté de la rue (côté centre) se libère : un mur de pierre morne de plusieurs centaines de mètres. « Là, en tant que Région, nous insisterons sur la mixité des fonctions, avec entre autres des logements et des commerces, comme nous le faisons partout dans le quartier », explique le bouwmeester Kristiaan Borret. Pour lui, l’un des grands défis ici est de rendre à la ville l’axe nu Pacheco/De Berlaimont et d’y réintroduire une échelle humaine. « La ville est ici doublement mutilée. La jonction Nord-Midi n’a pas seulement détruit des quartiers d’habitation vivants. Ce qui est venu à la place fut une uppercut pour la ville : des blocs de bureaux monofonctionnels, disproportionnés, en plus séparés du reste de la ville. »
Torse nu
Dans l’îlot sous De Meyboom, l’activité bourdonne. Devant la porte du Claire’s Café, on prépare la plantation du Meyboom. « Le meilleur jour de l’année », rayonne la patronne Claire De Marche. Son café est une valeur sûre pour toute une série de sociétés folkloriques bruxelloises qui viennent régulièrement y étancher leur soif. Claire montre les innombrables photos de groupe au mur : « Les Buumplanters, les Poepedragers, les Gardevils, les Moestasjen, la fanfare du Meyboom… Et ici, mon frère W***y, qui est Madame Chapeau depuis dix ans. » À côté des photos de folklore aux cheveux grisonnants trônent aussi des images d’étudiantes débridées ou de garçons torse nu. « Depuis le Covid et avec les travaux devant la porte (ici aussi, un grand immeuble de bureaux est rénové), nous avons perdu une grande partie de l’ancienne clientèle, aussi à cause du télétravail, explique De Marche. Heureusement, les étudiants sont arrivés. Ils viennent même de Louvain jusqu’ici parce que j’ai une salle gratuite. Les nouveaux habitants ? Je les vois rarement, ces logements me semblent surtout destinés aux gens fortunés. »
La remarque de Claire rappelle quelque chose à Octavia Kint, qui a rédigé une thèse de doctorat en sciences de l’éducation sur les quartiers autour de la Cité administrative. « Beaucoup d’anciens habitants remarquent que les nouveaux s’impliquent à peine dans le quartier. Ils entrent avec leur voiture dans le parking et, pour ainsi dire, vivent deux jours par semaine à Bruxelles parce que, en tant qu’eurocrates, ils ont une autre base ailleurs. Appelez-les sans hésiter des habitants fantômes. » Retour à Claire. L’un de « ses » étudiants, Joren, vient aujourd’hui donner un coup de main aux préparatifs de la fête du Meyboom. Étudiant en histoire, il habite un grand complexe étudiant récent à 50 mètres. Le Claire’s Café est pour lui comme une seconde maison. « Ici, il y a toujours des gens que tu connais, ce qui crée une ambiance de village. Dingue, à deux pas de la rue Neuve. » Et les étudiants appellent Claire tout simplement Mamie. « C’est ainsi qu’elle est enregistrée dans mon téléphone. »
OVNI moderniste
Il y a peut-être beaucoup de mouvement dans le Broek, mais les interventions qui redessineront le paysage urbain se situent quelques mètres plus haut. Le site de l’ancienne Cité administrative de l’État reste aujourd’hui un OVNI moderniste dans le Pentagone, une île difficile d’accès aussi. Ces dernières années, une école (l’Athénée de Bruxelles) et un immeuble résidentiel (Belair) ont déjà surgi en périphérie, mais on attend encore l’intervention plus lourde. Sous l’appellation RAC4, Immobel et Triple Living veulent y construire une école primaire, une crèche, plus de quatre cents appartements et huit commerces. Ce mélange de fonctions doit insuffler une nouvelle dynamique dans un quartier mort comme un clou le soir. L’intervention la plus spectaculaire est sans doute l’escalier monumental — une idée du paysagiste Bas Smets — qui doit relier la Colonne du Congrès au Broek, une connexion qui guidera presque directement les piétons vers le café De Meyboom, dans le prolongement de l’escalier. « C’est l’autre grand défi, dit Borret : relier la haute et la basse ville par un axe qui, espérons-le, aura aussi de vrais habitants, des gens impliqués dans leur quartier et présents plus que quelques jours par semaine ou quelques mois. »
Les plans sont au frigo depuis trois ans, depuis qu’Inter-Environnement Bruxelles (IEB) a saisi le Conseil d’État contre le plan particulier (BBP) du site. La densité élevée était une épine dans le pied, avec une tour d’habitation de dix-neuf étages perturbant la perspective depuis la Colonne du Congrès. « Un plan taillé sur mesure pour les promoteurs et contraire à l’intérêt général », jugeaient l’association urbaine et le comité de quartier. Le bouwmeester trouve lui aussi que la tour Pechèretoren va trop loin. Aujourd’hui, le dossier bouge : la Ville de Bruxelles retire le BBP pour l’endroit, de sorte que les promoteurs pourront déposer une nouvelle demande de permis, normalement encore cette année. Le projet ressemblera sans doute fortement à l’ancien, mais sans la tour contestée, apprend-on auprès de BRUZZ.
Beaucoup de bruit, peu de verdure
Ceux qui habitent déjà sur le site de la Cité administrative ont d’autres soucis. « Nous avons acheté des logements entre 500.000 et 600.000 euros, mais nous n’obtenons pas la qualité de vie que l’on peut attendre », soupire un habitant qui préfère rester anonyme. « Le bourgmestre Close aime malheureusement les fêtes. Du coup, nous avons eu des soirées dans le futur QG de police, des DJ sur l’esplanade de la Cité administrative… » Une plainte également entendue au comité de quartier Notre-Dame-des-Neiges. « Pour la Ville, les normes de bruit semblent ne pas s’appliquer », dit le riverain Mark De Meyer. Autre agacement : on aspire à plus de verdure. « Tout est en béton et les centaines d’arbres qui se trouvaient là ont été abattus par Immobel, explique De Meyer. Une ville a quand même besoin de vert, non ? » Dans le Broek sous la Cité administrative, l’écho est similaire. « Notre quartier consiste surtout en canyons de pierre en mauvais état : ici, c’est la grisaille du Pentagone qui règne », estime l’habitant Tom Kenis. « Où sont les arbres ? On dirait un quartier oublié. » Le cabinet de l’échevine de la Mobilité et de l’Urbanisme Anaïs Maes (Vooruit.brussels) fait savoir que plusieurs projets de verdissement sont dans les tuyaux.
Et il y a la question sociale. Les nouveaux projets ciblent surtout l’habitant et l’usager fortuné. Louer un deux chambres au-dessus du food market Wolf ? Comptez 1.650 euros de loyer, plus charges. Et, avec le retrait du BBP, disparaît aussi l’obligation de prévoir des logements abordables sur le site de la Cité administrative, où jadis un quartier populaire a été sacrifié pour un tunnel ferroviaire et des immeubles de bureaux en forme de bastions. « Ce déplacement ne se limitait d’ailleurs pas à la Cité administrative, explique l’historien Roel Jacobs. Regardez le Broek : beaucoup de sociétés folkloriques du centre ont désormais leurs locaux à Schaerbeek ou à Evere, parce que leurs membres ont dû déménager là-bas. » Une autre partie des habitants plus modestes est partie vers les Marolles, ajoute le guide Tim Jansens. « Là-bas, les “bas-fondistes” étaient mal vus. » Gentrification ou pas, la patronne Claire ne s’en laisse pas compter. « En octobre, mon frère et moi organisons ici une kermesse moules et steak. Vous viendrez, n’est-ce pas ? »
ENGLISH:
Building frenzy in a forgotten district
A working-class neighbourhood changes at breakneck speed
Between Rue Neuve and Rue Royale lies a forgotten central district that is changing at lightning speed. Office behemoths are turning into housing, a luxury hotel, or a university campus. And at the Cité administrative de l’État, the scar of the North–South tunnel will soon be healed over. Yet pain points remain. “New residents are barely involved in the neighbourhood. You may safely call them phantom residents.” (Text by Kris Hendrickx; photos by Bart Dewaele.)
Call it a hidden gem. The De Meyboom eatery sits tucked away in the Broek district, opposite the Comics Museum and at the foot of a staircase leading to another world: the endlessly broad Pacheco Avenue and the concrete wall of the Cité administrative (RAC). Inside, time has stood still: the wooden interior, the excellent spaghetti recipes, the regulars and their jokes — all seem to belong to another era. “May we ask you something? If you pay for our spaghetti (roars with laughter).”
The customers in question are a group of pensioners who were once colleagues at the National Bank’s printing works. Some have been coming to the café for forty years. Their former workplace — across the street — is just one of the buildings about to get a new purpose. Homes and offices are coming, and hotel-and-wellness chain The Mix will move in. The site’s jackhammers can be heard in the café. “That building is a real fortress, built to carry very heavy machinery,” says customer Roger. “The contractor who wants to punch openings in it risks losing his trousers over it.”
“When my parents took over the business in 1981, you mainly saw printworks labourers from the area,” says café owner — and former Union player — Anthony Lorenzo from behind the bar. “It was a lively working-class neighbourhood, the bas-fonds of Brussels. Then came a difficult period: the printworks closed and the area emptied out; there was lots of vandalism and squatting. Since the 2000s it has slowly improved, but it remained an unrealistically quiet place in the city. After 5 p.m. it was truly ‘la campagne’. You didn’t see a soul, even though Rue Neuve is nearby.”
The transformation train
In recent years Lorenzo has watched the neighbourhood slowly revive. Hundreds of homes and student rooms have been added, often in former office buildings. Diagonally opposite the café, the Royal Mint (the coin-striking works, not the opera) has just been converted into a place for offices, coliving and shops. On Zandstraat a further two hundred student rooms are on the way. The Brussels-Capital Ixelles police zone will get its long-awaited HQ in the De Ligne building, between the Cité administrative and the cathedral (the one with the giant policemen staring down at you, promising better service). Along the inner ring road, KU Leuven wants a new campus in the former Passage 44. The permit dates from 2022, but work has yet to start.
Or take the National Bank. Its long main building on Avenue de Berlaimont is undergoing a thorough renovation to bring all the institution’s staff together there. Downsizing in the era of telework is a trend seen elsewhere in the city. That frees up the Bank’s building on the other side of the street (the city-centre side) — a cheerless stone wall hundreds of metres long. “As the Region, we’ll insist on mixed use there, including homes and shops, just as we are doing elsewhere in the area,” explains city architect Kristiaan Borret. For him one of the big challenges here is to give the bare Pacheco/De Berlaimont axis back to the city and bring it back to a human scale. “The city has been doubly maimed here. The North–South connection didn’t just destroy lively residential districts. What replaced them was an uppercut for the city: monofunctional, outsized office blocks, cut off from the rest of the city.”
Bare chests
In the block beneath De Meyboom, activity is buzzing. Outside Claire’s Café, preparations are under way for the Meyboom planting. “The best day of the year,” beams proprietor Claire De Marche. Her café is a fixture for a whole list of Brussels folklore societies that regularly slake their thirst there. Claire points to the countless group photos on the wall: “The Buumplanters, the Poepedragers, the Gardevils, the Moestasjen, the Meyboom brass band… And here’s my brother W***y, who has been Madame Chapeau for ten years.” Next to photos of greying folk-dancers are shots of exuberant students and bare-chested lads. “Since Covid, and with the works at our door (a big office building is being overhauled here too), we’ve lost a large part of the old clientele, also because of teleworking,” De Marche explains. “Luckily, the students came. They even come here from Leuven because I have a free function room. New residents? I rarely see them — those flats seem aimed at wealthy people.”
Claire’s comment rings a bell for Octavia Kint, who wrote a doctoral thesis in education sciences on the districts around the Cité administrative. “Many long-term residents note that the newcomers are hardly involved in the area. They drive straight into the car park and, as it were, live in Brussels two days a week because, as eurocrats, they have another home base. Call them phantom residents.” Back to Claire. One of “her” students, Joren, is helping today with preparations for the Meyboom festivities. A history student, he lives in a large, recent student complex fifty metres away. Claire’s Café is like a second home to him. “There are always people you know here, which creates a village feel. Mad, isn’t it, a stone’s throw from Rue Neuve.” And students simply call Claire “Mamie”. “That’s how she’s saved in my phone.”
Modernist UFO
There may be plenty moving in the Broek, but the interventions that will reshape the cityscape lie a few metres higher up. The former Cité administrative remains a modernist UFO in the Pentagon, and a hard-to-reach island besides. In recent years a school (Athénée de Bruxelles) and a residential building (Belair) have risen on the edges, but the larger operation is still awaited. Under the RAC4 label, Immobel and Triple Living want to build a primary school, a crèche, over four hundred flats and eight shops. The mixed functions should bring new dynamism to a neighbourhood that is dead as a doornail in the evenings. The most eye-catching intervention is the monumental staircase — an idea by landscape architect Bas Smets — linking the Congress Column to the Broek, a connection that will guide pedestrians almost directly towards Café De Meyboom, as a continuation of the steps. “That’s the other big challenge,” says Borret, “linking upper and lower town via an axis that, hopefully, will also have real residents — people involved in their area and present for more than a few days a week or a few months.”
The plans have been on ice for three years, after Inter-Environnement Bruxelles (IEB) appealed to the Council of State against the site’s special land-use plan (BBP). The high density was the main gripe, with a nineteen-storey residential tower disrupting the view from the Congress Column. “A plan tailor-made for developers and against the public interest,” judged the urban association and the local neighbourhood committee. The city architect also considers the Pechèretoren tower a step too far. Today, though, the file is moving: the City of Brussels is withdrawing the BBP for the location, allowing the developers to submit a new building application, likely later this year. The project will probably look much like the previous one, but without the contested tower, BRUZZ has learned.
Lots of noise, little greenery
Those already living on the Cité administrative site have other worries. “We bought homes for €500,000 to €600,000, but we’re not getting the quality of life you’d expect,” sighs a resident who prefers to remain anonymous. “Mayor Close unfortunately likes parties. So we got club nights in the future police HQ, DJs on the RAC esplanade…” It’s a complaint also heard at the Onze-Lieve-Vrouw ter Sneeuw (Notre-Dame-des-Neiges) neighbourhood committee. “The noise limits don’t seem to apply to the City,” says local Mark De Meyer. Another sore point: residents yearn for more greenery. “Everything is concrete, and Immobel felled the hundreds of trees that stood here,” De Meyer explains. “A city needs green, doesn’t it?” In the Broek under the RAC, the refrain is similar. “Our neighbourhood consists mainly of stone street canyons in poor condition — Pentagone greyness rules,” says resident Tom Kenis. “Where are the trees? This looks like a forgotten district.” The office of alderwoman for Mobility and Urban Planning, Anaïs Maes (Vooruit.brussels), notes that several greening projects are in the pipeline.
And then there’s the social question. The new building projects target mainly the affluent city dweller and user. Renting a two-bedroom flat above the Wolf food market? Expect €1,650 in rent plus charges. And with the BBP withdrawn, so too disappears the obligation to provide affordable housing on the RAC site — a place where a working-class district once made way for a rail tunnel and fortress-like office blocks. “That displacement didn’t stop at the RAC,” says historian Roel Jacobs. “Look at the Broek: many of the city-centre folklore societies now have their premises in Schaerbeek or Evere because their members had to move there.” Another part of the poorer residents went to the Marolles, adds city guide Tim Jansens. “There, the bas-fondistes were looked at askance.” Gentrification or not, café owner Claire isn’t losing sleep. “In October my brother and I are organising a mussels-and-steak kermis here. You’ll come, won’t you?”