12/06/2026
Notre Patro, tout comme la fédération nationale des Patro, se joint aux nombreuses organisations de jeunesse signataires de cette carte blanche.
Le Patro croit en une sociĂ©tĂ© oĂč les jeunes peuvent sâexprimer et sâengager dĂ©mocratiquement. Nous dĂ©fendons les dĂ©marches pacifiques et nous opposons aux violences signalĂ©es par les participants de ces mobilisations ainsi quâĂ toute forme dâatteinte Ă la libertĂ© dâexpression.
CARTE BLANCHE.
Les Ă©vĂ©nements survenus les 4 et 5 juin Ă Bruxelles, en marge des mobilisations contre le dĂ©cret-programme relatif Ă lâenseignement, appellent une rĂ©action claire, ferme et collective.
Des enseignants, des Ă©lĂšves, des jeunes, des familles et des acteurs associatifs se sont mobilisĂ©s pour exprimer leur inquiĂ©tude face Ă une rĂ©forme qui concerne directement lâĂ©cole, les conditions dâapprentissage et lâavenir des enfants. Cette mobilisation relĂšve dâun cadre dĂ©mocratique fondamental : le droit de manifester, dâexprimer une opinion, de faire entendre une colĂšre sociale, et le droit des jeunes Ă participer aux dĂ©cisions qui les concernent.
Or, les images diffusĂ©es, les tĂ©moignages recueillis et les rĂ©cits de personnes prĂ©sentes sur le terrain suscitent une profonde inquiĂ©tude. Ils font Ă©tat de jeunes manifestants, dont de nombreux mineurs ne troublant pas lâordre public, exposĂ©s Ă des gaz lacrymogĂšnes, repoussĂ©s, frappĂ©s, immobilisĂ©s au sol, colsonnĂ©s ou interpellĂ©s dans des conditions qui interrogent gravement le respect de leurs droits fondamentaux. Plusieurs tĂ©moignages Ă©voquent aussi des interpellations visant plus particuliĂšrement des jeunes racisĂ©s, ce qui impose un examen sĂ©rieux de possibles pratiques de profilage ethnique.
Des mineurs disent avoir Ă©tĂ© traitĂ©s comme des fauteurs de troubles alors quâils Ă©taient venus manifester, aux cĂŽtĂ©s de leur Ă©cole et de leurs professeurs. Par ailleurs, des journalistes, dans lâexercice de leur mission dâinformation, ainsi quâune dĂ©putĂ©e, ont aussi Ă©tĂ© malmenĂ©s. Quand des mineurs, des professionnels de lâĂ©cole, des journalistes et des mandataires publics rapportent avoir Ă©tĂ© exposĂ©s Ă des usages excessifs de la force, il ne sâagit plus dâun simple incident mais dâune action policiĂšre complĂštement disproportionnĂ©e et donc illĂ©gale.
Ces faits doivent ĂȘtre examinĂ©s avec sĂ©rieux, transparence et indĂ©pendance. Mais une chose doit ĂȘtre rappelĂ©e avec force : un enfant nâest pas un adulte. MĂȘme dans une manifestation, mĂȘme dans une situation de tension, mĂȘme lorsque lâordre public doit ĂȘtre garanti, lâusage de la force Ă lâĂ©gard de mineurs doit rester strictement nĂ©cessaire, proportionnĂ©, individualisĂ© et adaptĂ©. Les policiers ne peuvent en aucun cas recourir Ă un usage disproportionnĂ© de la force Ă lâĂ©gard de qui que ce soit, adulte comme enfant ; et lorsquâil sâagit de mineurs, ils doivent en outre faire preuve dâune obligation particuliĂšre de protection.
Les policiers peuvent ĂȘtre confrontĂ©s Ă des situations complexes, parfois violentes. Ils doivent ĂȘtre outillĂ©s pour y faire face mais cette complexitĂ© ne peut jamais justifier une rĂ©ponse indistincte ou disproportionnĂ©e, surtout lorsque des mineurs sont prĂ©sents. La police dĂ©tient le monopole de la force lĂ©gale. Cela lui impose de faire preuve dâexemplaritĂ©.
Depuis ces Ă©vĂ©nements, un argument revient avec insistance : « Des enfants nâont rien Ă faire dans une manifestation ». Cette affirmation est fausse, dangereuse et contraire aux droits fondamentaux. Les enfants ont le droit dâavoir une opinion, de lâexprimer, dâĂȘtre entendus et de se rĂ©unir pacifiquement. Leur participation Ă une mobilisation, surtout lorsquâelle concerne leur Ă©cole, leurs professeurs, leurs conditions dâapprentissage et leur avenir, nâest pas une anomalie dĂ©mocratique. Câest lâexpression concrĂšte de leur citoyennetĂ© en construction. Dire que les enfants nâauraient rien Ă faire dans une manifestation revient Ă leur dire quâils doivent subir les dĂ©cisions politiques en silence. Câest oublier que les rĂ©formes de lâenseignement ne sont pas des dĂ©bats abstraits entre adultes. Elles touchent directement les Ă©lĂšves, vĂ©ritables sujets de droits.
Ă lâinverse, reconnaĂźtre ce droit ne signifie pas nier que des faits de violence, des dĂ©gradations ou des mises en danger ont pu avoir lieu. Ces faits pouvaient donner lieu Ă des arrestations ciblĂ©es et Ă des poursuites. Les rĂ©ponses doivent toutefois rester individualisĂ©es, encadrĂ©es par le droit, proportionnĂ©es, Ă©ducatives lorsquâil sâagit de mineurs, et fondĂ©es sur des faits Ă©tablis. La responsabilitĂ© individuelle ne peut jamais devenir une punition collective.
Câest prĂ©cisĂ©ment dans les moments de tension que lâĂtat de droit se mesure. Il ne se mesure pas Ă la capacitĂ© dâexercer la force. Il se mesure Ă sa capacitĂ© de la limiter et de protĂ©ger les citoyens.
Les droits de lâenfant ne sont pas une rĂ©compense rĂ©servĂ©e aux « enfants sages ». Ils valent pour tous les enfants, y compris ceux qui dĂ©rangent, ceux qui se trompent, ceux qui transgressent ou ceux qui sont suspectĂ©s dâavoir commis des faits rĂ©prĂ©hensibles. Les propos de responsables politiques Ă©voquant des « camps de redressement » ou des dispositifs de type militaire pour des jeunes qualifiĂ©s de « casseurs » nous inquiĂštent profondĂ©ment. Un Ătat dĂ©mocratique ne « redresse » pas sa jeunesse. Il lâĂ©coute, il la protĂšge, il la responsabilise et il lui garantit un avenir.
Nous demandons donc que les autoritĂ©s judiciaires, policiĂšres et politiques prennent sans dĂ©lai toutes les mesures nĂ©cessaires pour garantir un examen sĂ©rieux, indĂ©pendant et transparent des faits rapportĂ©s. Cet examen doit porter sur les comportements individuels, mais aussi sur la chaĂźne de commandement, les consignes donnĂ©es, les moyens utilisĂ©s, les conditions dâinterpellation, lâusage des gaz lacrymogĂšnes, des autopompes, des matraques, des colsons et de toute technique de dispersion, dâencerclement ou de nasse ayant pu affecter des mineurs.
Il convient donc que les mineurs concernĂ©s puissent ĂȘtre identifiĂ©s, protĂ©gĂ©s, informĂ©s de leurs droits et accompagnĂ©s dans leurs dĂ©marches Ă©ventuelles. Leur parole doit ĂȘtre prise au sĂ©rieux.
Enfin, au-delĂ de la situation particuliĂšre des derniers jours, nous appelons Ă la mise en place dâun plan dâaction clair, opĂ©rationnel et Ă©valuĂ© pour que de tels faits ne se reproduisent plus : formation renforcĂ©e des policiers aux droits de lâenfant, protocoles spĂ©cifiques pour toute intervention impliquant des mineurs, meilleure traçabilitĂ© de lâusage de la force, mĂ©canismes de contrĂŽle indĂ©pendants et indicateurs permettant de mesurer les progrĂšs rĂ©alisĂ©s.
DĂ©fendre les droits des enfants et des jeunes, ce nâest pas nier la difficultĂ© du travail policier. Ce nâest pas refuser toute intervention de maintien de lâordre. Câest rappeler une exigence dĂ©mocratique fondamentale : la force publique doit protĂ©ger, pas traumatiser.
Signataires (mis Ă jour le 16/06) :
Délégué général aux droits de l'enfant
Ligue des droits humains
Service Droit des Jeunes de Bruxelles
La FAPEO
CEF - ComitĂ© des ĂlĂšves francophones
Infor Jeunes - Réseau
Coordination des ONG pour les droits de l'enfant
Défense des Enfants International DEI Belgique
Amnesty International Belgique francophone
Indications ASBL (organisation de jeunesse)
Delphine PACI (Avocate)
Christophe RĂMION (Chef du dĂ©partement des Ă©ducateurs spĂ©cialisĂ©s Ă la HE Vinci - membre de la CdS)
Jacques Fierens (professeur émérite de droits de l'enfant à l'UNamur - vice-président de la CdS)
Patricia Jaspis (Magistrate honoraire - membre de la CdS)
Virginie Samyn (Psychologue de premiĂšre ligne - membre de la CdS)
Chloé Branders (Professeure de criminologie à l'ULB - membre de la CdS)
Philippe Kinoo (Psychiatre pour enfants et adolescents - membre de la CdS)
Fédération Cidj
Lore Martin (Travailleuse sociale et enseignante Ă HELMo ESAS)
FĂ©dĂ©ration Francophone des Ăcoles de Devoirs - FFEDD
Anne-Catherine Rasson (Maßtresse de conférences et chercheuse post-doctorante UCLouvain Saint-Louis Bruxelles)
Bruxsels Future
Robert Verstraeten (psychologue clinicien)
AMO Sésame
Florence Delmotte (MaĂźtresse de recherches au Fonds de la recherche scientifique UCLouvain Saint-Louis Bruxelles)
La Chaloupe AMO
Christine Crabbé (psychologue-psychothérapeute)
AMO Atouts Jeunes
Julie Massem
L'école spécialisée Ados Pilifs
AMO Color'ados
Maison Médicale du Laveu
La direction et l'équipe-école de l'Institut Saint-Luc (Bruxelles)
AMO Alhambra
AMO Mikado
SOS Jeunes-Quartier Libre AMO
Kaleidos
Centre des Jeunes et de la Culture de Rochefort
AJILE (organisation de jeunesse)
Infor Jeunes Ath
Maison Médicale Rive Droixhe
CPMS Libre LiĂšge 2
Quinoa ASBL
La bicoque ASBL
SASE Autrement Dit
Académie Citoyenne BAO J
FEF - Fédération des Etudiant.e.s Francophones
Maria Daniele
Françoise Janssens
Delphine Vandenheuvel
Olivier Sartenaer
Nathalie Dieu
Françoise Dupont
Guillaume Demarteau
Selma Bellal
AMO La G***e
AMO Dynamo â Antenne Ixelles
AMO Dynamo â Antenne Forest
AMO AMOS
Karoline Buchner, enseignante
Alice Horlait, enseignante
GrĂ©goire Louveaux, Directeur dâĂ©cole
Véronique Van Lerberghe
Maxime Geens
Audrey Levoisin
Droit des Jeunes [AMO]
Compas Format asbl
Fédération Laïque de l'Aide à la Jeunesse (FLAJ)
SARE Le Prisme
Service d'accompagnement pour jeunes en Ăąge scolaire - MosaĂŻque
Centre culturel éducatif vervietois
Association des parents d'élÚves du Lycée Intégral Roger Lallemand (LIRL)
Loupiote ASBL
Accueil et Familles ASBL
Dominique De Fraene, Professeur Ă lâULB
Laetitia Drieux, Enseignante et Ergothérapeute à "Ados-Pilifs"
Denis Duez, Professeur
Marie Jadoul, chargée de cours invitée UCLouvain
Nicolas Dekemel, enseignant
Coraline Gaye, enseignante
Céline Bosquet, Directrice d'école fondamentale
Nicolas Van Peel, Directeur dâĂ©cole fondamentale
Denis Demuynck
Pascale Vankiel
Nathalie Jenart
David DâAvvocato
Teresa Sdralevich
Lena Vaerman
Cédric Hellemans
Anne Beghin, Coordinatrice de la Fabrique de Soi-Laïcité Brabant wallon
Romain Alaerts
Vinciane Charlet
Coline Berton
Vanessa Schmets
Yasemin Devrim
Catherine Duqué
Pascal Goffaux
Aude Stordeur
Rachel Bouhy
Jean Danis, tuteur MENA, Directeur honoraire enseignement fondamental
Anne Dauchot, Directrice d'école fondamentale
Cpaje asbl
Jeunes CSC
Fondation Joseph Denamur
Le Ballon rouge ASBL
CIRAC ASBL
Foyer des jeunes de Havelange
Confédération des Organisations de Jeunesse Indépendantes et Pluralistes - COJ
Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté
Service dâaccrochage scolaire de Namur - Carrefour
Tourtois MaĂŻlys
Jhadira-Laure Wiertz Amesquita
Sarah Bourgognon, Enseignante dans le spécialisé
Edwige Wiliquet, médecin généraliste
Lynne Entwistle, InfirmiÚre en santé communautaire
AMO Oxyjeunes-Verviers
le SOFT (SAPSE)
Isabelle Finkel
ASBL Jeune Et Citoyen
So les Marlis Maison des jeunes - MJ Sprimont
Ecoloj
CIAJ AMO
L'Interstice asbl
Mélanie Demeuse, Directrice du Centre PMS 1 de LiÚge
Patrice Boscolo
Julie Quintard
Lola Danthinne
Sabine Thiry
Florence Morati
La direction et l'équipe éducative des Ateliers Saint-Luc
AMO Le CAP
Maison Médicale « Les Houlpays »
Christel Djian, Directrice du Centre PMS 2 de LiĂšge
Joelle Petit, enseignante
Camille Gambi-Arnold, doctorante Ă lâUCLouvain et Ă lâUniversitĂ© dâOttawa
Emilienne Pastuszenko , Coordinatrice EDD Sclessin & Fragnée
Maxime Barata da Silva
Vanessa Denée
Fédération des Scouts et Guides Pluralistes de Belgique
Arc-en-Ciel ASBL
Université de Paix
AMO CLAJ
Les Bambins Futés ASBL
AMO Parler pour le dire
Florence Jacque, directrice d'école fondamentale
Karin Sparmant, psychologue
Elise Lejeune
Martine de Backer
Monique De Laere
Service Droit des Jeunes de Namur
AMO Inter-Actions
Isabelle Chavepeyer, psychologue clinicienne
Khalid Chatar, PrĂ©sident de lâUniversitĂ© Populaire de Bruxelles
Céline de Viron
Amandine Hugon
Marie Bailleul
AMO L'Ătincelle
François Magain
Christophe Walon