10/12/2025
Sur Netflix, un documentaire remet en question l'auteur de la photographie "La petite fille au na**lm"
"The Stringer", un documentaire diffusé sur Netflix affirme que le photographe Nick Ut n’est pas l’auteur de "La petite fille au na**lm", l'un des clichés les plus emblématiques de l'histoire. Une ONG française a participé aux investigations.
C’est la photographie de guerre la plus célèbre du XXe siècle : une petite fille qui court nue, hurlant de douleur, brûlée au na**lm. Cette image a été captée lors de la guerre du Vietnam en 1972. Mais depuis un an, la paternité de cette photo est remise en question. Le photographe Nick Ut n'en serait pas l'auteur, selon un documentaire fouillé diffusé à partir de vendredi sur la plateforme Netflix. Pour mener l’enquête, le réalisateur Bao Nguyen, le photoreporteur Gary Knight et la productrice Fiona Turner s'appuient notamment sur le travail d'une ONG française, Index, basée à Paris.
Nick Ut, à environ 170 mètres de l’endroit de la prise de vue ?
Le 8 juin 1972, l'armée sud-vietnamienne largue par erreur quatre bombes au na**lm sur un village du sud du pays, Trang Bang. Pendant près d'un an, l'ONG d'investigation numérique Index a analysé des dizaines de photos prises ce jour-là, des vidéos, des images satellites. Puis, elle a réalisé une reconstitution 3D pour comprendre ce qu'il s'est passé dans les minutes qui suivent ce bombardement.
La conclusion : "Il est extrêmement improbable" que le photographe Nick Ut se trouve au bon endroit au moment du cliché, explique Francesco Sebregondi, le directeur d'Index. Il était à environ 170 mètres de l’endroit de la prise de vue : "Comme la reconstitution le démontre, quelques secondes après que la photo a été prise, il apparaît le long de la route, en train de descendre cette route, en marchant, à une distance considérable du lieu où a été prise la photo quelques secondes avant."
Une reconstitution 3D
Les déplacements de chaque protagoniste ont été reconstitués par ordre chronologique par les équipes de Francesco Sebregondi : "L’apport principal de notre travail est celui de venir corroborer par une démonstration visuelle qu’il est quasiment impossible que Nick Ut ait pu capturer ce cliché."
"Quand on analyse la matière qui est contenue dans ces photographies, dans nos archives depuis plus de 50 ans, au fond, la vérité a toujours été là", ajoute Francesco Sebregondi. La vérité, selon ce documentaire, c'est que l'auteur de la célèbre image est un photographe pigiste vietnamien et ancien chauffeur d'une équipe de télévision américaine. Il s’appelle Nguyen Thanh Nghe, et les équipes du documentaire ont pu le rencontrer.
L'appareil photo utilisé comme autre preuve
Pour l'ONG Index, plus habituée à travailler notamment sur les violences policières, il n’est pas seulement question d’illustrer le documentaire, mais de donner des preuves visuelles, estime Francesco Sebregondi : "Même si le film fait un excellent travail d’enquête journalistique, en interrogeant des témoins, j’ai l’impression aujourd’hui, que c’est un problème plus général, la valeur de vérité, des témoignages peuvent être plus facilement remis en cause que des preuves matérielles ou visuelles."
En marge du film, un autre rapport vient conforter la position des documentaristes, relayé par Télérama. Son auteur, le photographe français Tristan da Cunha, affirme que la photo a été prise par un appareil Pentax. "Or Nick Ut n’en avait pas en main ce jour-là", dit-il à l’hebdomadaire.
De son côté, le photographe Nick Ut et ses avocats continuent sans relâche de revendiquer "La petite fille au na**lm". Face aux doutes, le concours World Press Photo a annoncé au printemps dernier qu'il ne considérait plus le photographe américano-vietnamien Nick Ut comme l'auteur de la photographie.
"The Stringer", un documentaire diffusé sur Netflix affirme que le photographe Nick Ut n’est pas l’auteur de "La petite fille au na**lm", l'un des clichés les plus emblématiques de l'histoire. Une ONG française a participé aux investigations.