18/08/2026
🔥 Larguons-les pour sauver le climat !
Le plus grand incendie de l'histoire de la Belgique vient de ravager des milliers d'hectares des Fagnes. Une tourbière asséchée par le printemps le plus chaud jamais mesuré et deux mois sans pluie. Cet été a déjà coûté à la Belgique près de 2000 morts liés à la canicule, selon Sciensano.
Face à cela, qu'avons-nous entendu de la part de nos gouvernants ? Des hommages aux pompiers, légitimes. Et ensuite ? Silence sur la sécheresse. Silence sur la canicule. Silence sur le climat. On oriente le débat vers l'enquête pénale, jamais vers les causes structurelles. Les sanctions ne rendront pas leur humidité aux tourbières.
Ce silence n'est pas un hasard. C'est un choix politique cohérent avec deux bilans qu'il est grand temps de confronter à leurs propres contradictions.
Le MR : le parti du capitalisme, jusqu'au bout.
Le MR n'a jamais caché qui il représente : les intérêts du monde économique, des grandes entreprises, de l'actionnariat. Ils prônent une intervention de l'État réduite au strict minimum, voire à l'impossible. C'est un choix de droite radicale, assumé à travers des revendications de plus en plus décomplexées et une posture de mépris répétée, malgré les frasques.
Le problème, c'est que ce modèle, fondé sur la défense du profit à court terme, le mythe de la croissance infinie et l'exploitation sans limite des ressources naturelles, est structurellement incompatible avec toute politique climatique sérieuse. On ne peut pas défendre un capitalisme exacerbé, débarrassé de tout contrôle étatique, tout en prétendant vouloir le réguler suffisamment pour éviter l'effondrement climatique.
C'est précisément pour ça que le MR défend depuis des mois l'idée d'une « pause climatique », un « juste équilibre » entre urgence climatique et bien-être économique. Un équilibre qui, comme par hasard, penche systématiquement du côté de la rentabilité à court terme.
Résultat concret de ce bilan : sous-investissement chronique dans la prévention des incendies, dans la gestion des forêts, dans les zones de secours, dans l'aménagement du territoire face aux risques climatiques. On préfère brandir la responsabilité budgétaire face à la dette, jamais la responsabilité climatique face aux générations futures. Tout euro économisé sur le dos des services publics est un euro qui ne sera jamais pris dans la poche des ultra-riches.
Le MR peut se targuer aujourd'hui d'une politique climatique « ambitieuse et pragmatique ». Mais chez ce parti, le pragmatisme a toujours voulu dire la même chose : ne surtout pas toucher au système économique en vigueur, quoi qu'il en coûte à la planète.
Les Engagés : la trahison la plus cynique.
Le cas des Engagés est plus grave encore, car il s'agit d'une trahison pure et simple.
Ce parti a bâti une partie de son identité électorale sur le climat. Il a récupéré une large part de l'électorat écologiste en 2024 en promettant la mise en œuvre rapide du Pacte vert, un fonds dédié au climat, une véritable responsabilité climatique des pouvoirs publics. Le principe affiché : l'inaction d'aujourd'hui ne peut pas être facturée aux générations futures.
Une fois au pouvoir, que reste-t-il de ces engagements ? Rien, ou presque. Les mêmes coupes budgétaires frappent les services publics essentiels à la prévention et à la gestion des crises climatiques. Les mêmes arbitrages privilégient la rigueur budgétaire face aux créanciers plutôt que l'investissement dans la protection de la population.
C'est peut-être ça, le vrai visage des Engagés : un parti prêt à instrumentaliser le vocabulaire climatique et social pour se positionner au centre, sans jamais avoir l'intention de porter le rapport de force nécessaire face aux logiques économiques dominantes. Face aux choix budgétaires réels, ils ont préféré le confort de la coalition à la cohérence avec leurs propres promesses.
Deux partis, une même logique de fond.
Qu'on nous parle de « pause climatique » ou de « responsabilité budgétaire », le résultat est identique : les services publics de secours, la prévention des incendies, la gestion des forêts et l'aménagement du territoire deviennent des variables d'ajustement, pendant que la dette et les marchés financiers deviennent, eux, une urgence absolue et non négociable.
Pendant ce temps, les travailleuses et travailleurs des zones de secours, les agents du DNF qui, une fois de plus, ne sont pas respectés, comme le montre la réforme qui vise à revoir leurs missions sans leur donner davantage de moyens, les pompiers et la Protection civile tirent la sonnette d'alarme depuis des années. Ils réclament plus de coordination, plus de moyens humains et matériels. La Belgique compte 34 zones de secours, mais aucune coordination régionale suffisante pour répondre aux crises qui dépassent les limites administratives. Le SPW reconnaît lui-même l'augmentation du risque incendie liée à la sécheresse. Rien n'y fait : les décisions budgétaires continuent d'aller à contre-courant des besoins identifiés sur le terrain.
Nous, nous choisissons de défendre l'expertise de ces travailleuses et travailleurs, qui sont les mieux placés pour évaluer nos besoins réels.
La vraie responsabilité n'est pas un slogan électoral.
78 % des Belges considèrent le changement climatique comme une urgence. Plus de huit sur dix veulent que la Belgique maintienne ou accélère le rythme de l'action climatique. La population est prête. Ce sont les partis au pouvoir qui ne le sont pas.
Le climat ne fait pas de pause. Les incendies, les sécheresses, les inondations ne regardent pas les calendriers électoraux ni les équilibres de coalition avant de frapper.
Face à ce double bilan, celui d'un parti qui n'a jamais caché défendre le capitalisme avant le climat, et celui d'un parti qui a trahi ses promesses climatiques dès qu'il a fallu les traduire en actes budgétaires, une seule conclusion s'impose : la responsabilité climatique ne peut pas être déléguée à ceux qui ont démontré, par leurs choix, qu'ils ne la considèrent pas comme prioritaire.
Il est temps de le dire clairement, et de l'exiger, dans les urnes comme dans la rue : Larguons-les pour sauver le climat !