15/06/2026
Ce soir, vous regarderez peut-être le match des Diables Rouges. Maurice Carême était un grand amateur de football et un observateur attentif des phénomènes sociaux qui se nouent autour de ce sport. Dans "Le martyre d'un supporter" (1928), il analyse la dérive d'un supporter qui devient fanatique. Quelques années plus t**d, dans un poème paru dans "Reflets d'hélices" (1932), il évoque l'ambiance du stade qui devient, le jour du match, le cœur battant de la ville.
Muscle parfait,
Ce dimanche,
Dans le corps de la saison.
Depuis l’aube,
L’orage d’un match
Couve sur la ville.
Il passe tant de sang vivant
En diagonale
Que les arbres en restent pantelants.
Au-dessus du stade,
Un vaste oiseau
Déploie son oriflamme
Et son cri de victoire
Traverse les mondes
Comme une étoile filante.
Maurice Carême