18/06/2026
Arau Asbl: "🤬🏗️🏛️ Délivrance du permis de démolition du : déni et mépris à leur paroxysme"
🤬🏗️🏛️ Délivrance du permis de démolition du Palais du Midi : déni et mépris à leur paroxysme
Ce mercredi 17 juin, la Secrétaire d'État à l'Urbanisme Audrey Henry et la Secrétaire d'État au Patrimoine et à la Rénovation urbaine, Ans Persoons, ont annoncé la délivrance d’un nouveau permis de démolition du Palais du Midi, le premier ayant été suspendu par le Conseil d’État le 18 décembre dernier. Par cette décision, le gouvernement repousse encore un peu plus les limites du déni et du mépris qui caractérisent le traitement de ce dossier.
📌 Déni de l’échec du projet de métro 3
Alors que le projet de métro 3 a été mis au congélo par le gouvernement, ce même gouvernement a décidé de poursuivre la destruction d’un patrimoine remarquable, et la condamnation de la vie de tout un quartier, pour poursuivre la construction d’un tunnel qui ne verra certainement jamais passer la moindre rame de métro…
📌 Déni de la réalité financière de la Région
Alors que la situation budgétaire est critique, la décision de poursuivre ces chantiers se traduira par la dépense de 500 millions d’euros supplémentaires. Au total, plus d’un milliard d’euros auront été jetés par la fenêtre… Pour quel résultat ? Aucun : ces nouvelles infrastructures ne changeront rien aux conditions de déplacement des Bruxellois.
📌 Mépris du travail parlementaire
Alors que les députés poursuivent leur travail au sein de la commission spéciale métro 3, et qu’ils n’ont donc pas encore rendu leurs conclusions, le gouvernement court-circuite leur mission en prenant une décision qui limite la portée des recommandations qu’ils pourront formuler.
📌 Mépris du travail de la justice
Le gouvernement n’a pas attendu que le Conseil d’État puisse se prononcer sur le fond du recours en annulation contre le premier permis de démolition. Si elle est malheureusement bien trop fréquente, la « coutume » consistant à retirer un permis contesté pour en délivrer un nouveau dans la foulée n’est pas pour autant acceptable : cette pratique empêche la justice d’aller au bout de son travail !
📌 Mépris des procédures urbanistiques
Le nouveau permis a été délivré sans que les mesures particulières de publicité (enquête publique et commission de concertation) ne soient organisées. Or, le fondement même de la justification de la démolition du Palais du Midi (le projet de métro) n’existe plus (du moins plus à court/moyen terme) : le nouvel objectif fixé par le gouvernement est la « fluidification » de la circulation des lignes de tram existantes. C’est au regard de ce nouvel objectif qu’une demande de permis doit être analysée, ce qui nécessite notamment de réétudier les alternatives et de les soumettre aux mesures particulières de publicité.
📌 Déni de la souffrance des habitants du quartier Stalingrad-Lemonnier
Ceux-ci subissent depuis 7 ans les nuisances d’un chantier colossal : bruits, poussière, perturbation du sommeil, problèmes de circulation, fermetures de commerces, disparition des activités économiques, sociales et sportives du Palais du Midi, etc. La délivrance d’un permis de démolition ouvre la porte à 10 ans de chantiers supplémentaires ! Le Conseil communal de la Ville de Bruxelles a été interpellé le 8 juin sur la dégradation de la santé (physique et mentale) des habitants et usagers du quartier, lesquels ont rappelé publiquement et collectivement leur opposition à une décennie de chantier supplémentaire.
📌 Mépris pour les voix habitantes
Les membres de la commission spéciale métro 3 du parlement ont reconnu l’expertise des habitants, commerçants et responsables d’associations auditionnés le 16 avril. Force est de constater que le gouvernement n’a, en rien, tenu compte de leur vécu pour prendre sa décision de démolir le Palais du Midi.
📌 Déni des impératifs écologiques et sociaux
La démolition-reconstruction de près de 40.000 m² de bâti représente un véritable gâchis environnemental : émissions massives de CO2, utilisation de ressources non-renouvelables… Mais aussi un drame social pour les milliers d’habitants et d’usagers qui seront privés d’un lieu primordial pour la vie économique et sociale du quartier pendant plus de 10 ans.
📌 Mépris de l’avis favorable au classement rendu par la Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS)
La CRMS, dans son avis du 18 mars, avait indiqué qu’elle « souscrit à tous les arguments et intérêts développés dans la demande [de classement introduite par l’ARAU] ». Elle avait donc émis « un avis favorable sur la proposition de classement du Palais du Midi ». Ce 11 juin, le gouvernement a pourtant pris la décision de ne pas entamer la procédure de classement…
📌 Conclusion
Pour reprendre les éléments de langage du communiqué des Secrétaires d’État, une « capitale dynamique » doit être capable de prendre en considération l’avis des citoyens et d’abandonner les projets urbicides, plombant la vie de tout un quartier et l’économie de toute une Région. Les membres du gouvernement actuel ont décidé de ce saccage patrimonial, social, environnement, en pleine connaissance de cause ; tous les signaux d’alerte et les informations étaient à leur disposition pour pouvoir assumer dignement un arrêt complet du projet de métro 3 et ainsi empêcher les démolitions qu’il implique. Ils devront donc aussi assumer la perdition économique et urbanistique qu’ils imposeraient à la Région si la poursuite du chantier de démolition du Palais du Midi venait à se concrétiser.
L’ARAU, en concertation avec les habitants et les autres associations engagées pour la préservation du Palais du Midi et la (sur)vie du quartier, examinera toutes les possibilités pour éviter la mise en œuvre de cette décision désastreuse.