26/03/2026
Un rapport remis à la Ministre de la santé mentale des jeunes .
Conclusion du rapport
Conclusion
L’intervention précoce en psychiatrie chez l’adolescent et le jeune adulte constitue une avancée
majeure en santé mentale. En agissant rapidement, de manière globale et personnalisée, elle
permet de limiter la chronicisation des troubles, de soutenir l’insertion sociale et de favoriser le
rétablissement. Elle représente un enjeu de santé publique essentiel pour accompagner les jeunes
générations vers l’âge adulte avec les meilleures chances de développement tout en limitant
l’impact financier et sociétal qu’ont les maladies psychiatriques sévères. Elle permet de changer le
regard sur les troubles psychiatriques du jeune en apportant une vision positive et optimiste sur les
capacités de rétablissement.
L’intervention précoce est possible et efficace si elle suit les composantes essentielles
recommandées par les expériences internationales. Le travail initié par la Haute Autorité de Santé
(HAS) permettra de confirmer les recommandations françaises pour les troubles psychotiques
débutants et les situations à risque. Le mouvement est initié en France au sein du réseau Transition
avec des modèles variables mais des objectifs harmonisés. Elle renforce l’attractivité pour les
professionnels qui retrouvent du sens dans ces modalités de soins intégrant l’ensemble des besoins
du jeune et de son entourage.
L’intervention précoce n’est pas une simple question de “diagnostic plus rapide”, c’est une
véritable transformation des pratiques, où les soins doivent être initiés en amont d’une situation
de crise ou d’un diagnostic formel dès lors que les troubles impactent le fonctionnement et
nécessitent le recours à des ressources spécialisées. Son déploiement nécessite un changement de
paradigme, dans l’organisation de filières d’accès aux soins et des soins eux-mêmes, dans une
continuité entre PEA et PA et pousse à sortir d’une approche catégorielle. Elle ne peut se déployer
sans revoir l’articulation entre première et deuxième ligne, pour le repérage, le dépistage,
l’orientation et plus généralement une inscription du parcours de soins respectueux du parcours
de vie et dans une logique trans-sectorielle.
C’est aussi un choix de société : elle engage le développement de l’individu, la parentalité future,
la citoyenneté, l’organisation des intervenants pour la prévention du su***de et du handicap
psychique. Aucune transformation ne sera possible qu’avec une gouvernance claire permettant
une vision globale à long terme et des financements pérennes (à l’instar du plan cancer) dans un
plan pluriannuel associant ressources humaines et évolution de structures en psychiatrie. Suivant
le principe de parcours de vie et de soins inclusifs dans la cité, le travail doit être soutenu par un
travail en interministériel permettant d'aborder la question de la prévention et l’action sur les
déterminants de santé dans les différents secteurs (éducation, culture, sport…) en renforçant les
moyens pour agir à temps, sans perte de chance, pour les jeunes faisant l’expérience d’un trouble