07/03/2025
"2 ans. 2 ans ont passé mais la catastrophe continue. Des négligences qui font connaître à nous et nos proches la mort, l'exil, l'abandon. Et ce, non pas pendant des heures mais des jours, des semaines, des mois et maintenant 2 ans. Une violence donnant naissance chez chacun-es d'entre nous à des stratégies de survie et de solidarité.
Après 2 ans, les inégalités qui affligent les victimes du séisme restent flagrantes: on nous montre des villes presque terminées tandis qu'à Samandag, les débris des immeubles effondrés n'ont même pas encore été déblayés ; comme si 6 mois ne s’étaient pas écoulés.
Mais les contrastes apparaissent au sein d'Antakya seule où, hier, une marche organisée parade la seule rue d'Antakya en reconstruction, bétonnée telle une chambre froide, là où de l'autre côté la commémoration proposée par la population, était empêchée de passer sur le pont déposer une fleur dans l'Oronte au milieu d'un champ de poussière.
Plutôt que de rappeler toutes les horreurs produites par un événement naturel lorsqu'il est combiné à des décennies de corruption et de marginalisation nous souhaitons nous rappeler de toutes les personnes, nos proches, amiEs, cousinEs, soeurs, parents et grand parents que nous avons perdu. Leurs vies étaient précieuses.
Mais il y a d'autres vies à protéger. Nous rêvons d'un avenir où cela ne se produit plus, et où les êtres vivants puissent s'entraider. Les débris de tout le béton-ciment-asfalt qui s'est morcelé avec le séisme n'ont pas seulement tué et rendu malade nos êtres aimés mais également réduit les espaces de vie mutuelle à néant. Nous continuons à déblayer pour ceux qui n'ont pas de bras, de mains ou de tracteurs et nous vous attendons à nos côtés."
Merci à nos partenaires Acort Culture Espace Universel