05/02/2023
LETTRE OUVERTE A MONSIEUR PAUL KAGAME (3)
Excellence Monsieur le Président,
..En effet, pour votre gouverne, considérant l’impact que cette Convention de modification de la frontière allait avoir sur la population locale, les autorités coloniales belges et allemandes vont accorder aux autochtones résidants dans la région, un moratoire de 6 mois pour opter entre le Congo et le Ruanda.
Il est donc établit clairement, monsieur le Président, que s’il y a un pays qui doit se plaindre aujourd’hui d’avoir perdu des territoires, c’est bien la RDC, notre pays et non le Rwanda.
A ce sujet, je voudrais tout de suite vous rassurer et vous apaiser, monsieur le Président, que, respectueuse des conventions internationales et du principe de « l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation », adopté par les Chefs d’Etats et des Gouvernements de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) le 21 juillet 1964 au Caire (Egypte) ; principe garantissant la stabilité et la paix en Afrique, la RDC ne vous réclamera pas la restitution de ces territoires.
Monsieur le Président ;
Revenir aujourd’hui sur la problématique des délimitations des frontières héritées de la colonisation, en violation du principe de l’intangibilité ci-haut évoqué, serait dangereux pour toute l’Afrique ; car, dans ce domaine, chaque pays a des droits, réels ou supposés, à faire valoir.
Je vous laisse imaginer le chaos généralisé qui s’en suivra ; et vous déconseille, respectueusement en tant que panafricaniste, de porter cette lourde responsabilité historique.
L’Afrique, qui se débat contre la pauvreté et le sous-développement, et qui n’arrête pas de courir derrière son unité, n’a nullement besoin de ce débat nocif.
Aussi, je voudrais vous annoncer, qu’à la suite de la présente lettre, je vous parlerais prochainement des populations rwandophones du Congo. Vous n’avez pas abordé cette question dans l’extrait d’interview que j’ai suivie ; ...