Plusieurs pays s’activent à travers les dossiers de préparation, au classement de
leur patrimoine. Par contre, d’autres sites déjà classés ou non, sont en péril ou en
danger de disparition et font l’objet également de réhabilitation et de recherche de
fonctionnements novateurs pour la préservation à long terme de leur Valeur
Universelle Exceptionnelle. Cette pleine mutation donne une responsabilit
é élargie aux chercheurs et aux
gestionnaires des Aires Protégées, qui doivent désormais intégrer dans leurs
missions, au « coeur du métier » de conservation et de valorisation du patrimoine,
les défis majeurs comme le développement durable, le réchauffement climatique,
la réduction de la pauvreté, la diversité culturelle, la préservation des ressources
naturelles et de la biodiversité. A l’instar de la plupart des Pays africains dont les forêts ont été classées avant les
indépendances, les Aires Protégées du Togo, ont évoluées dans une dynamique de
pression diverses, liées au processus de leur classement, à l’articulation de leur
gestion directe par rapport à la gouvernance, aux troubles sociopolitiques dans un
passé récent marqué par l’expression profonde du mécontentement et de révolte
par rapport à l’existence de ces aires. Pour inverser la tendance, l’Etat togolais s’est engagé dans un vaste programme de
réhabilitation des Aires Protégées, essentiellement, par leur requalification et leur
gestion dans une approche participative qui intègre l’aspect économique, social et
environnemental avec une implication effective des communautés à la base, à
travers les initiatives de création des Aires Protégées Communautaires. L’effectivité de cet engagement du gouvernement togolais qui se traduit par la
réforme administrative, l’adoption de nouveaux outils juridiques innovants
notamment la loi-cadre sur l’environnement et le code forestier, l’élaboration et la
mise en oeuvre des projets, programmes, plans et stratégies, la préparation à
l’application des concepts émergeants comme FLEGT, Certification et REDD+,
impose la cohésion sociale et la synergie des savoirs endogènes et technologiques,
favorisant une bonne intégration des gestionnaires, chercheurs, professionnels
institutionnels ou privés, aux communautés riveraines des Aires Protégées. Nonobstant la synergie des actions et la cohésion sociale, en raison de la diversité
des acteurs, la vision assignée aux AP et les objectifs de leur gestion ne sont pas le
plus souvent partagés. Du coup, les projets pilotes ou les initiatives de promotion
du tourisme sont vouées à l’échec. Afin de renforcer la synergie des actions et d’assurer le progrès social, tout en
offrant une vitrine des capacités et compétences requises pour l’avenir des sites du
patrimoine national, il est créé conformément à la loi N°40-484 du 1er juillet 1901, un Réseau des chercheurs, des professionnels privés ou institutionnels et des
gestionnaires des Aires Protégées et Sites touristiques au Togo, ci-après dénommé
« Réseau des Gestionnaires des Aires Protégées et Sites Touristiques du Togo »
(RGAPST) ayant pour devise « Cohésion-Synergie-Patrimoine». Les membres de ce Réseau sont résolus à respecter les droits, la dignité, l’égalité et
les biens publics avec la prise en compte des besoins spécifiques de genre et de
valeur de la personne humaine. L’intérêt commun devant soutenir pleinement l’esprit associatif, cet engagement
du Réseau, reste fondamental pour encourager la cohésion et la synergie de toutes
les actions dans ce domaine. L'initiative de création du RGAPST est une innovation au Togo soutenue par les ministères en charge de l’Environnement, de la Culture et du Tourisme et que les partenaires comme la Fondation Franz Weber, le Réseau des Grands Sites de France et le Service de la Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Togo ont bien voulu capitaliser à travers leurs divers appuis et participation effective à l'Assemblée générale Constitutive du 18 août 2014. entend accompagner l’Etat dans sa politique nationale de conservation du patrimoine par la recherche des alternatives de renforcement de capacités des gestionnaires et l’établissement du partenariat « gagnant-gagnant » au sein de nos sites et entre nos sites et ceux du monde entier.