08/05/2026
Validation de l’étude de faisabilité des chaînes de valeur agroalimentaires :
Le P2-P2RS engage une nouvelle dynamique de transformation rurale au Tchad
Le jeudi 7 mai 2026, le Projet 2 du Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2-P2RS/Tchad) a franchi une étape importante avec la tenue de l’atelier de validation de l’étude de faisabilité des chaînes de valeur agroalimentaires compétitives et respectueuses de l’environnement dans ses zones d’intervention.
Cet atelier a réuni 32 participants, dont 9 femmes, parmi lesquels des Conseillers provinciaux, des Directeurs généraux et techniques des départements ministériels concernés, des responsables des services déconcentrés, des experts du projet, des chefs d’antenne ainsi que des consultants.
L’objectif principal de cette rencontre était de doter l’unité de gestion et la coordination du projet d’un outil stratégique d’aide à la décision pour orienter efficacement les interventions sur le terrain.
Une étude orientée vers des filières porteuses et inclusives
À l’ouverture des travaux, l’Experte agronome et développement des chaînes de valeur du P2-P2RS, Madame Rohimy Carolle Ngomibe, a rappelé le contexte de réalisation de l’étude ainsi que les objectifs assignés à l’atelier.
Dans son allocution introductive, le Coordonnateur national du projet, Dr Ahmat Hassan Moussa, a souligné que l’étude a permis d’identifier plusieurs filières stratégiques à fort potentiel économique et nutritionnel. Parmi elles figurent les cultures vivrières essentielles telles que le mil, le maïs et le niébé, déterminantes pour la sécurité alimentaire.
L’étude met également en avant des filières maraîchères à forte valeur ajoutée, notamment l’oignon, la tomate et le gombo, offrant des opportunités importantes de revenus, particulièrement pour les femmes. Elle souligne aussi le rôle des petits ruminants — ovins, caprins et volailles — comme sources de revenus rapides et accessibles aux ménages vulnérables.
Par ailleurs, certaines filières de niche telles que la spiruline, les dattes et la gomme arabique présentent de réelles perspectives de valorisation locale et de diversification économique.
Des contraintes structurelles encore persistantes
Les travaux ont également permis d’identifier plusieurs défis majeurs freinant le développement des chaînes de valeur agroalimentaires. Il s’agit notamment : des difficultés d’accès à l’eau ; de l’insuffisance des infrastructures de stockage et de transformation ; de la faible organisation des producteurs ; des difficultés d’accès au financement et des inégalités d’accès aux ressources pour les femmes et les jeunes.
Intervenant à son tour, le Secrétaire général adjoint du ministère de la Production et de l’Industrialisation agricole, M. Allakere Arthomas, a rappelé que les zones d’intervention du projet disposent d’importantes potentialités agro-sylvo-pastorales, halieutiques et hydriques encore largement sous-exploitées.
Il a toutefois relevé que ces régions demeurent confrontées à une insécurité alimentaire structurelle et à une pauvreté récurrente, aggravées par la fragmentation des chaînes de valeur et la faiblesse des mécanismes de transformation, de financement et de commercialisation.
Une ambition nationale pour une agriculture compétitive et durable
Selon le Secrétaire général adjoint, le Gouvernement tchadien, avec l’appui financier de la Banque africaine de développement (BAD), a engagé le P2-P2RS afin de répondre aux défis de productivité, de compétitivité et de durabilité du secteur agricole.
Il a indiqué que cette étude constitue une étape décisive vers la transformation structurelle de l’économie rurale, en favorisant des filières compétitives, créatrices d’emplois et génératrices de revenus durables. Cette démarche s’inscrit également dans la vision nationale portée par les 12 chantiers et les 100 actions du programme du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno.
Les chaînes de valeur agroalimentaires apparaissent ainsi comme un levier stratégique de souveraineté alimentaire, de résilience économique et d’insertion socioéconomique des jeunes et des femmes.
Des recommandations validées pour une mise en œuvre opérationnelle
Après la cérémonie officielle, les consultants, représentés par M. Dounian Kagne, ont présenté la synthèse de l’étude de faisabilité.
La présentation a porté sur : le contexte et la justification de l’étude ; l’approche méthodologique ; l’analyse et la hiérarchisation des filières ; la faisabilité des investissements proposés ; ainsi que les recommandations stratégiques, les impacts attendus et les responsabilités des différents acteurs.
Les échanges ont permis de clarifier plusieurs préoccupations techniques. Trois groupes de travail ont ensuite été constitués afin d’approfondir les questions liées à la priorisation des filières, à la cohérence territoriale, à la faisabilité des investissements, aux infrastruc