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🇹🇩 COOPÉRATION CULTURELLE : LE MUSÉE NATIONAL DES ARMÉES EN VISITE À LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE📚 Renforcer les synergies ...
14/10/2026

🇹🇩 COOPÉRATION CULTURELLE : LE MUSÉE NATIONAL DES ARMÉES EN VISITE À LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE

📚 Renforcer les synergies pour mieux préserver la mémoire nationale !

Dans le cadre du renforcement des relations entre les institutions œuvrant à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine national, les responsables du Musée National des Armées ont effectué, ce mercredi 14 octobre 2026, une visite à la Bibliothèque Nationale.

La délégation était conduite par le Général de brigade Chanan Issakha Acheikh, Directeur général du Musée National des Armées, accompagné du Colonel Remadji Alina Djadingar, Directeur général adjoint, et de M. Paul Mbainodoum, Président du Conseil d’administration.

Elle a été accueillie par le Coordonnateur général de la Maison des Patrimoines Culturels du Tchad (MPCT) Saleh Mahamat Ahmat assisté pour la circonstance du Coordonnateur général adjoint Adoum Hangata.

🎯 À la recherche de nouvelles synergies documentaires

Cette visite avait pour principal objectif d'explorer les possibilités de collaboration entre la Bibliothèque Nationale et le Musée National des Armées, notamment en matière de documentation historique et militaire.

Les échanges ont ainsi porté sur la disponibilité, au sein du fonds documentaire de la Bibliothèque Nationale, d'ouvrages, d'archives et de ressources consacrés à l'histoire de l'armée tchadienne.

La délégation a visitée les différents rayons de la Bibliothèque Nationale afin de découvrir les ressources documentaires disponibles afin d'envisager la possibilité de collaboration entre les deux institutions. Cette visite a vu la présence du Directeur de la Bibliothèque Nationale Idriss Hassan Idibeii.

🏛️ Le Musée National des Armées, un acteur de la mémoire nationale

Créé en juillet 2026, le Musée National des Armées est une jeune institution placée sous la tutelle du ministère des Armées, des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre.

Il a pour vocation de préserver, de documenter, de valoriser et de transmettre l'histoire ainsi que le patrimoine militaires du Tchad. À travers cette mission, il contribue à la sauvegarde de la mémoire nationale et à sa transmission aux générations futures.

🤝 Vers un partenariat au service du patrimoine tchadien

Cette visite constitue une première étape dans le développement de synergies entre les institutions chargées de la conservation, de la documentation et de la valorisation du patrimoine tchadien.

Elle témoigne de l'importance de la coopération institutionnelle pour favoriser le partage des ressources documentaires, enrichir les connaissances historiques et promouvoir une meilleure transmission de la mémoire collective.

Ministère du Développement Touristique, de la Culture et de l’Artisanat
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Musée National des Armées du Tchad -MNDA

13/10/2026
📚 HISTOIRE DES ÉTABLISSEMENTS SECONDAIRES EMBLÉMATIQUES DU TCHAD🏫 Le Lycée Adoum Dallah de Moundou : des origines à une ...
07/10/2026

📚 HISTOIRE DES ÉTABLISSEMENTS SECONDAIRES EMBLÉMATIQUES DU TCHAD

🏫 Le Lycée Adoum Dallah de Moundou : des origines à une institution majeure du Logone Occidental

Nous poursuivons notre série consacrée à l’histoire des établissements secondaires qui ont marqué l’évolution de l’éducation au Tchad.

Aujourd’hui, direction Moundou, où nous nous intéressons au Lycée Adoum Dallah, l’un des établissements scolaires les plus emblématiques du sud-ouest du pays.

📍 Des origines qui remontent à 1959

L’histoire du Lycée Adoum Dallah remonte à 1959, avec la création d’un cours complémentaire à Moundou.

Faute de locaux appropriés, les premiers élèves furent transférés à Fort-Archambault, l’actuelle ville de Sarh, afin d’y poursuivre leur formation.

Cette création intervient dans un contexte particulier : à la veille de l’indépendance, l’administration cherchait progressivement à développer les structures scolaires dans les principaux centres régionaux du territoire, notamment pour former les cadres intermédiaires nécessaires à l’administration et au développement des activités économiques.

À cette époque, Moundou occupait déjà une place importante dans le dispositif économique et administratif du territoire. Futur chef-lieu du Logone Occidental, la ville constituait un important centre agricole, commercial et administratif. La création d’un établissement secondaire répondait donc à un besoin croissant de formation de la jeunesse du sud-ouest du Tchad.

🏫 De cours complémentaire à lycée

Entre 1960 et 1961, les premiers locaux de l’établissement furent installés sur le site de l’actuel Lycée Annexe.

Parmi les élèves de la première promotion figurent de futurs cadres tchadiens, notamment Mianbé Mbailao.

Le premier directeur de l’établissement fut le Français Charles Arnaud.

➡️ 1961-1962 : la deuxième année complémentaire est toujours assurée sous la direction de Charles Arnaud.

➡️ 1962-1963 : la troisième année complémentaire est placée sous la direction du Français Troy.

➡️ 1963-1964 : au cours de la quatrième année complémentaire, les travaux de construction des nouveaux bâtiments de l’établissement sont réalisés sous la direction de Blecher.

➡️ 1964-1965 : pour la cinquième année complémentaire, les élèves sont transférés dans les nouveaux locaux qui abritent encore aujourd’hui le Lycée Adoum Dallah.

À la rentrée scolaire 1965-1966, le cours complémentaire est érigé en collège et placé sous la direction du Français Blecher.

Puis, à la rentrée 1966-1967, le ministre de l’Éducation nationale, Issaka Sako, érige le CEG de Moundou en lycée.

Le nouvel établissement reçoit alors le nom de Lycée Adoum Dallah.

Le premier proviseur est le Français Charles Tournaire. Il faudra attendre 1974 pour voir un Tchadien, Yangalbé Passiri, prendre la direction de l’établissement.

👤 Qui était Adoum Dallah ?

Le lycée porte le nom d’une personnalité tchadienne dont le parcours s’inscrit dans l’histoire politique et sociale du pays.

Adoum Dallah est né en 1903 à Fort-Lamy, l’actuelle N'Djaména. Il était le fils de Dallah Ahmed, un Sara Kaba qui aurait été enrôlé dans la troupe de Rabah en 1889.

Adoum Dallah devint infirmier breveté supérieur, ou préparateur en pharmacie de 3e classe, le 1er janvier 1951.

Le 30 mars 1952, il fut élu conseiller représentatif à la Seconde Assemblée territoriale.

Il appartenait au Front d’Action Civique au Tchad (FACT), tout en soutenant Gabriel Lisette.

Considéré comme porteur d’idées progressistes, Adoum Dallah aurait suscité l’hostilité d’une partie de l’administration coloniale.

Il décéda en 1956 à Fort-Lamy.

Quelques années plus t**d, son nom fut donné au lycée de Moundou, en 1967, faisant ainsi de l’établissement un lieu de mémoire associé à son parcours.

🎓 Un établissement majeur pour le Logone Occidental

Avec son accession au statut de lycée, l’établissement devient progressivement un pôle régional de formation.

Des travaux universitaires consacrés à la littérature tchadienne présentent le Lycée Adoum Dallah comme l’un des pionniers des établissements secondaires de la région du Logone Occidental.

Le lycée a ainsi contribué à la formation de plusieurs générations de cadres, enseignants, fonctionnaires, intellectuels et professionnels, originaires de Moundou et des régions environnantes.

Des témoignages biographiques contemporains attestent également du passage de plusieurs personnalités tchadiennes dans cet établissement. À titre d’exemple, Beyom Malo Adrien y a obtenu son baccalauréat à la fin des années 1970.

📖 Le Lycée Adoum Dallah et la culture du livre

L'histoire du Lycée Adoum Dallah ne se limite pas à l'enseignement scolaire.

L'établissement a également participé à la diffusion du livre et de la littérature auprès des jeunes générations.

Une étude universitaire consacrée à la littérature tchadienne relève notamment l’existence d’une bibliothèque scolaire au Lycée Adoum Dallah, décrite comme une ancienne bibliothèque datant des années 1970.

Si cette bibliothèque disposait d’un fonds documentaire limité et dont le renouvellement était insuffisant, son existence témoigne néanmoins de la place accordée au livre dans la vie scolaire de l’établissement.

Par ailleurs, la coopération entre Moundou et Poitiers, dans les années 2000, a contribué à l’approvisionnement de plusieurs établissements scolaires de la ville en manuels et ouvrages, parmi lesquels le Lycée Adoum Dallah.

🏛️ Un lycée face aux défis de la croissance scolaire

Aujourd’hui encore, le Lycée Adoum Dallah demeure un établissement majeur du système éducatif du Logone Occidental.

Avec la croissance considérable des effectifs, qui ont dépassé 4 000 élèves, l’établissement a été réorganisé en deux structures :

🔹 Lycée Adoum Dallah Littéraire
🔹 Lycée Adoum Dallah Scientifique

De ses modestes débuts comme cours complémentaire en 1959 à son statut actuel, le Lycée Adoum Dallah illustre ainsi l’évolution du système éducatif tchadien depuis la période précédant l’indépendance.

Plus de six décennies après sa création, son histoire reste intimement liée à celle de Moundou, du Logone Occidental et de la formation de plusieurs générations de Tchadiens.

📚 Préserver l’histoire de nos établissements scolaires, c’est aussi préserver la mémoire de ceux qui ont contribué à bâtir le Tchad d’aujourd’hui.

Sources :
• Djedouboumgoto Emmanuel, censeur au Lycée Adoum Dallah
• Sources documentaires et travaux universitaires disponibles en ligne.

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📚 MOIS DU LIVRE ET DE LA LECTURE : LA GIZ AUX CÔTÉS DE LA 10ᵉ ÉDITIONDans le cadre des préparatifs de la 10ᵉ édition du ...
06/10/2026

📚 MOIS DU LIVRE ET DE LA LECTURE : LA GIZ AUX CÔTÉS DE LA 10ᵉ ÉDITION

Dans le cadre des préparatifs de la 10ᵉ édition du Mois du Livre et de la Lecture, le Coordonnateur Général de la Maison des Patrimoines Culturels du Tchad (MPCT), M. Saleh Mahamat Ahmat , assisté de son Adjoint, M. Adoum Hangata , et de quelques directeurs techniques, a reçu ce mardi 6 octobre 2026 une délégation de la coopération allemande GIZ.

Conduite par Mme Émilie DROIN, Conseillère technique principale, accompagnée de Mme Emma Sara d’Andrea, Conseillère technique junior, la délégation de la GIZ a échangé avec les responsables de la MPCT autour de la participation et de l’appui de la coopération allemande à la 10ᵉ édition du Mois du Livre et de la Lecture, prévue du 2 au 30 novembre 2026.

Cette rencontre a permis d’examiner les différentes possibilités de collaboration et de définir les modalités de la participation de la GIZ à cette importante manifestation dédiée au livre, à la lecture et à la promotion de la culture.

🤝 Des échanges très fructueux, qui ouvrent ainsi la voie à une collaboration renforcée en faveur de la promotion du livre et de la lecture au Tchad.

📖 Le Mois du Livre et de la Lecture : célébrer le livre, encourager la lecture et construire ensemble une culture de la connaissance.

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Ambassade d'Allemagne au Tchad

🏫 LE LYCÉE AHMED MANGUÉ DE SARHUne institution au cœur de l’histoire de l’enseignement secondaire au TchadDans le cadre ...
05/10/2026

🏫 LE LYCÉE AHMED MANGUÉ DE SARH

Une institution au cœur de l’histoire de l’enseignement secondaire au Tchad

Dans le cadre de notre série consacrée aux établissements scolaires qui ont marqué l’histoire de l’éducation au Tchad, nous vous invitons aujourd’hui à découvrir le Lycée Ahmed Mangué de Sarh, l’un des établissements secondaires historiques du pays.

📚 Des débuts de l’enseignement secondaire au Tchad

L’enseignement secondaire est institué au Tchad en 1947, avec la création du collège à cycle court de Bongor, destiné notamment à former des cadres pour l’enseignement, ainsi que du collège à cycle long de Fort-Lamy.

Le développement de l’enseignement secondaire se poursuit avec la création du collège franco-arabe d’Abéché en 1956, puis du collège de Fort-Archambault en 1958.

Ce dernier deviendra le collège Ahmed Mangué en 1961, avant d’être érigé en lycée en 1964.

Créé dans le contexte de l’Union française, l’enseignement secondaire connaît jusqu’en 1958 un développement encore modeste. Avec la perspective de l’indépendance et la nécessité de former des cadres moyens et supérieurs, les autorités engagent progressivement un développement plus important du système éducatif.

Lorsque le Tchad accède à l’indépendance, le 11 août 1960, le système éducatif demeure fortement marqué par l’héritage colonial. Le futur Lycée Ahmed Mangué s’inscrit pleinement dans cette période de transition.

🏛️ La naissance du collège de Fort-Archambault

Avant 1958, la ville de Fort-Archambault ne dispose d’aucun établissement d’enseignement secondaire.

Les élèves admis en classe de 6e étaient alors orientés vers Fort-Lamy, Bongor ou Abéché. Pour certains parents, l’éloignement constituait toutefois un obstacle, entraînant la perte de plusieurs bons élèves qui ne pouvaient poursuivre leurs études secondaires.

Face à cette situation, l’inspecteur de l’enseignement primaire, M. Motocarpen, décide de prendre l’initiative de créer un cours complémentaire, correspondant à une classe de 6e. Il bénéficie notamment du soutien de son épouse, elle-même enseignante, ainsi que de quelques enseignants tchadiens, parmi lesquels Kounoubaye.

Cette initiative constitue l’une des étapes fondatrices de l’enseignement secondaire à Fort-Archambault.

🏫 De Fort-Archambault au Lycée Ahmed Mangué

Le collège est officiellement reconnu par l’arrêté n°2530/MEN/61 du 25 septembre 1961.

Cette même période est marquée par la disparition tragique, dans un accident d’avion, du ministre de l’Éducation nationale Ahmed Mangué. Pour perpétuer sa mémoire, le président François Tombalbaye décide de donner son nom au collège.

Le même arrêté prévoit que l'établissement soit transformé en lycée en 1964.

À sa création officielle, l’établissement compte 189 collégiens. Les effectifs progressent ensuite régulièrement, atteignant 477 élèves en 1965.

👨🏾‍🏫 Les premiers responsables de l’établissement

Au fil de son histoire, le Lycée Ahmed Mangué a été administré par 18 proviseurs, parmi lesquels plusieurs enseignants et responsables expatriés.

Parmi les premiers gestionnaires figurent notamment :

Rodrier (1961-1964) ;

Ossinac (1964-1966) ;

Soulier (1966-1970).

Ces premiers responsables étaient de nationalité française.

Yemingaye Ngarnoudjibé devient, quant à lui, le premier Tchadien à diriger l’établissement, de 1972 à 1974.

🇹🇩 Une institution qui traverse les années de crise

Le Lycée Ahmed Mangué occupe également une place particulière dans l’histoire mouvementée du Tchad.

Contrairement à plusieurs établissements de la zone septentrionale, il ne connaît pas d’interruption majeure des cours durant la crise de 1979.

Des fonctionnaires et des étudiants ayant fui les zones touchées par les combats se retrouvent dans la ville de Sarh et contribuent, à leur manière, au fonctionnement de l’établissement. Certains consacrent ainsi une partie de leur temps à dispenser des cours.

Cette mobilisation permet au lycée de poursuivre ses activités scolaires malgré les difficultés de cette période, qualifiée par l’écrivain Abderamane Dadi de période du « Tchad : État néant (1979-1982) ».

Ces hommes et ces femmes ont ainsi consenti d’importants sacrifices pour maintenir la continuité de l’éducation.

✊🏾 L’établissement face aux transformations des années 1990

Avec l’avènement de la démocratie dans les années 1990 et la reconnaissance du droit de grève, les enseignants disposent désormais de nouveaux moyens pour faire entendre leurs revendications, notamment en faveur de meilleures conditions de travail.

Malgré les difficultés rencontrées au fil des décennies, le Lycée Ahmed Mangué continue de se distinguer par ses performances scolaires.

Pour l’année scolaire 2015-2016, l’établissement obtient un taux de réussite global de 44,58 % au baccalauréat, le plaçant au quatrième rang des lycées publics du Tchad.

Cette performance lui vaut une lettre de satisfecit du ministère de l’Éducation nationale.

🔬 Un lycée aujourd’hui organisé en deux établissements

Une nouvelle étape intervient avec l’arrêté n°221/PR/MENPC/SEEPC/DGM/DGEF/DESG/2018 du 31 août 2018, portant création du Lycée Ahmed Mangué scientifique, partageant les mêmes locaux que le Lycée Ahmed Mangué littéraire.

Aujourd’hui, l’ancien Lycée Ahmed Mangué est ainsi organisé autour de deux établissements :

🔹 Lycée Ahmed Mangué 1, dirigé par Koumbogo Mono Kobou Malia ;
🔹 Lycée Ahmed Mangué 2, dirigé par Djéragnan Sangmbaye.

🌍 Un patrimoine éducatif tchadien

Plus de six décennies après sa création, le Lycée Ahmed Mangué demeure un témoin majeur de l’évolution de l’enseignement secondaire au Tchad.

Quatrième établissement d’enseignement secondaire créé au Tchad pendant la période coloniale, il a contribué à la formation de générations de cadres moyens et supérieurs et a accompagné les grandes transformations de l’histoire éducative du pays.

De Fort-Archambault à Sarh, du petit collège de ses débuts aux deux établissements actuels, l’histoire du Lycée Ahmed Mangué témoigne d’une réalité essentielle : les établissements scolaires sont aussi des lieux de mémoire et des patrimoines vivants, qui racontent l’évolution d’une nation à travers les générations qu’ils ont formées.

Source : Djimtola Ngaossedane

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📚 SUITE DE LA SÉRIE | À LA DÉCOUVERTE DES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES DU TCHADAprès plusieurs établissements scolaires qui ...
30/09/2026

📚 SUITE DE LA SÉRIE | À LA DÉCOUVERTE DES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES DU TCHAD

Après plusieurs établissements scolaires qui ont marqué l’histoire de l’éducation au Tchad, notre série nous conduit cette fois à Abéché, à la découverte du Lycée national franco-arabe, un établissement dont l’histoire est intimement liée à celle de l’enseignement bilingue français-arabe au Tchad.

🏫 LE LYCÉE NATIONAL FRANCO-ARABE D’ABÉCHÉ

Origines, évolution et rôle dans l’histoire de l’éducation au Tchad

Le Lycée national franco-arabe d’Abéché occupe une place particulière dans l’histoire de l’éducation au Tchad. Son originalité tient à sa naissance dans un contexte de rencontre — mais aussi de confrontation — entre l’enseignement islamique traditionnel et l’enseignement scolaire introduit par l’administration coloniale française.

Il constitue surtout l’un des principaux points de départ de l’enseignement bilingue français-arabe au Tchad.

🕌 Abéché, un ancien centre de savoir islamique

Pour comprendre l’histoire du lycée, il faut remonter avant sa création.

Capitale historique du royaume du Ouaddaï, Abéché était depuis longtemps un important centre commercial, politique et religieux. L’enseignement y était essentiellement assuré par les maîtres coraniques et les fuqahā', selon les traditions de l’enseignement islamique.

L’introduction de l’école française dans le Ouaddaï fut donc plus difficile que dans les régions méridionales du Tchad.

La première école française d’Abéché fut ouverte en 1923, mais elle rencontra une forte opposition. Les enfants scolarisés provenaient notamment de familles de militaires, de métis et de quelques familles de lettrés musulmans.

La majorité continuait à fréquenter les écoles coraniques, tandis que certains jeunes poursuivaient leurs études au Soudan ou en Égypte, notamment à l’université d’Al-Azhar.

C’est dans ce contexte qu’émergea le projet d’un enseignement franco-arabe.

📖 Le contexte immédiat : le Maahad al-'Ilmi de Muhammad Awuda Oulech

L’histoire du futur lycée est indissociable du Maahad al-'Ilmi, créé à Abéché en 1947 par le lettré musulman Muhammad Awuda Oulech, revenu d’Égypte.

L’établissement dispensait un enseignement islamique moderne et connut rapidement un grand succès. Selon l’étude de D. E. Gardinier, le retour d’Oulech et la création de son institut constituent un tournant dans l’histoire de l’enseignement musulman au Ouaddaï.

Le Maahad devint une institution importante et offrait aux jeunes musulmans une alternative à l’école française. Plusieurs jeunes Tchadiens se dirigeaient également vers Al-Azhar au Caire, renforçant les liens intellectuels entre Abéché, le Soudan et l’Égypte.

🏛️ La naissance du projet d’une école franco-arabe

Face à cette situation, l’administration coloniale française envisagea la création d’un établissement associant français et arabe.

Les documents des Archives nationales d’outre-mer montrent que le projet avait été envisagé dès 1946. Il connut cependant plusieurs ret**ds liés au manque de personnel qualifié, aux difficultés matérielles et aux hésitations administratives.

Une note administrative du 6 décembre 1951 précise que l’administration souhaitait mettre en place à Abéché un enseignement de type franco-arabe afin de répondre à la forte préférence des populations musulmanes pour l’enseignement coranique et arabe.

📅 1950 : création de l’école franco-arabe

Plusieurs travaux historiques retiennent 1950 comme année de création de l’école franco-arabe d’Abéché, également appelée « madrassa ».

Cette institution publique et laïque introduisait l’arabe comme langue d’enseignement aux côtés du français. Une étude publiée par l’IRD précise également qu’un collège franco-arabe fut créé à Abéché en 1950.

❓ Pourquoi l’établissement est-il parfois daté de 1951 ou 1952 ?

Les archives administratives montrent qu’en 1951, le gouvernement du territoire travaillait encore activement à l’ouverture et à l’organisation du collège franco-musulman d’Abéché.

Une lettre officielle du 10 août 1951 évoque ainsi « l’ouverture d’un collège d’Abécher » et son rattachement aux Affaires musulmanes.

Les bâtiments devaient être construits grâce aux crédits du plan quadriennal. Une autre source, Chad: A Country Study, retient 1952 comme année de fondation du lycée franco-arabe par l’administration coloniale.

📌 On peut donc établir la chronologie suivante :

🔹 1946 : projet initial d’un établissement franco-arabe
🔹 1947 : création du Maahad al-'Ilmi de Muhammad Awuda Oulech
🔹 1950 : création de l’école/collège franco-arabe selon plusieurs travaux historiques
🔹 1951 : organisation administrative et préparation de l’ouverture du collège
🔹 1952 : mise en place effective/structuration de l’établissement selon certaines sources
🔹 1962 : transformation officielle en Lycée national franco-arabe

📚 Un établissement à double vocation

L’originalité de l’établissement résidait dans son système d’enseignement, associant :

• l’enseignement en français ;
• l’apprentissage de la langue arabe ;
• des éléments d’enseignement coranique et islamique ;
• des matières générales modernes.

Le collège comportait deux sections : une à prédominance française, relativement proche du système secondaire français, et une à prédominance arabe.

Cette organisation faisait du collège d’Abéché une expérience éducative particulière dans l’Afrique équatoriale française.

👑 Le rôle du Sultan Ali Silek

Le développement de l’établissement doit également beaucoup au Sultan du Ouaddaï, Ali Silek.

En attendant la construction des bâtiments prévus, le Sultan accepta de mettre certains locaux de son palais à la disposition du collège pour servir de salles de cours. Il autorisa également certains de ses meilleurs fuqahā' à participer à l’enseignement.

En avril 1952, plus d’une centaine de jeunes Ouaddaïens, anciens élèves du Maahad, s’étaient inscrits aux cours.

Un conseil de perfectionnement associant le Sultan et les lettrés musulmans fut également envisagé pour accompagner l’administration de l’établissement.

Cette implication du pouvoir traditionnel contribua à l’implantation de l’école dans un environnement où l’école française était initialement mal acceptée.

🎓 1962 : le passage décisif au statut de lycée

L’année 1962 constitue un tournant majeur.

Après l’indépendance du Tchad en 1960, le nouvel État réorganise son système éducatif et accorde une place plus importante à la langue arabe.

Le décret n°117/PG/EN du 1er juin 1962 réorganise l’enseignement de la langue arabe dans le système public tchadien.

Dans la foulée, le Lycée national franco-arabe est consacré par arrêté n°1558/PG/EN du 1er juin 1962.

📍 1er juin 1962 : naissance officielle du Lycée national franco-arabe d’Abéché.

🇹🇩 Le lycée et la naissance du bilinguisme tchadien

L’établissement d’Abéché occupe une place importante dans l’histoire linguistique du pays.

Une étude du programme PASAS/AFD souligne que l’introduction du bilinguisme dans le système éducatif tchadien s’est opérée à partir de l’école franco-arabe d’Abéché.

Le lycée devient ainsi l’un des laboratoires de la coexistence institutionnelle du français et de l’arabe dans l’éducation nationale.

En 1962, une inspection de l’enseignement arabe est créée au sein du ministère de l’Éducation nationale. L’enseignement arabe est réorganisé et évolue progressivement vers un enseignement plus clairement séparé de l’enseignement religieux.

Le lycée devient ainsi un espace où se rencontrent :

📖 la culture arabe ;
🕌 l’héritage islamique ;
🇫🇷 la langue française ;
🎓 les programmes scolaires modernes ;
🇹🇩 les ambitions de construction de l’État tchadien.

📈 Le développement du second cycle

L’établissement continue d’évoluer après sa transformation en lycée.

Une classe de seconde bilingue est créée en 1974, par décision n°0055/ENCJS du 15 mars 1974, puis une classe de première est également créée.

Cette évolution traduit le développement progressif du second cycle et la volonté de faire du lycée un établissement complet préparant les élèves aux études supérieures.

👨🏾‍🎓 Un établissement qui a formé plusieurs générations de cadres

Au fil des décennies, le Lycée national franco-arabe d’Abéché devient l’un des établissements secondaires emblématiques du pays.

Il accueille des élèves d’Abéché mais également de différentes régions du Tchad. Son importance dépasse ainsi le seul Ouaddaï.

Il a contribué à former des générations d’enseignants, administrateurs, militaires, cadres de l’État, juristes, intellectuels, responsables politiques, universitaires et professionnels des secteurs public et privé.

La trajectoire scolaire de certaines personnalités nationales témoigne également de cette importance. Idriss Déby Itno a notamment fréquenté l’école franco-arabe d’Abéché avant de poursuivre sa scolarité au Lycée Jacques-Moudeïna de Bongor.

🏫 Le lycée aujourd’hui

Le Lycée national franco-arabe d’Abéché demeure aujourd’hui un établissement secondaire important de la ville et figure parmi les principaux lycées d’Abéché.

Son histoire dépasse largement le contexte colonial dans lequel il est né.

Son existence rappelle que l’enseignement bilingue au Tchad n’est pas une création récente : ses racines institutionnelles remontent au début des années 1950, tandis que son institutionnalisation comme lycée national remonte à 1962.

🔎 Pourquoi le Lycée franco-arabe d’Abéché est-il historiquement important ?

Son importance peut être résumée autour de quatre dimensions :

✅ Il est l’un des plus anciens établissements secondaires du Tchad encore en activité ;
✅ Il constitue l’un des berceaux institutionnels du bilinguisme français-arabe au Tchad ;
✅ Son histoire est liée à la transition entre l’enseignement traditionnel islamique, l’école coloniale et le système éducatif de l’État tchadien indépendant ;
✅ Il a contribué à la formation de plusieurs générations de cadres issus du Ouaddaï et d’autres régions du Tchad.

Aujourd’hui, le Lycée Franco-Arabe d’Abéché est divisé en Lycée 1 et Lycée 2 et compte un effectif de plus de 4 000 élèves.
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🏫 PATRIMOINE ÉDUCATIF | À LA DÉCOUVERTE DE L’HISTOIRE DES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES DU TCHAD📚 LE LYCÉE JACQUES-MOUDEÏNA D...
28/09/2026

🏫 PATRIMOINE ÉDUCATIF | À LA DÉCOUVERTE DE L’HISTOIRE DES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES DU TCHAD

📚 LE LYCÉE JACQUES-MOUDEÏNA DE BONGOR

De l’École primaire supérieure au lycée : plus de huit décennies d’histoire scolaire

Au bord du Logone, face à la ville camerounaise de Yagoua, Bongor occupe depuis longtemps une position particulière dans l’histoire administrative, commerciale et éducative du Tchad.

C’est dans ce contexte que va naître, au début des années 1940, l’un des établissements qui marqueront durablement l’histoire de l’enseignement secondaire tchadien : l’École primaire supérieure de Bongor, ancêtre du Lycée Jacques-Moudeïna.

🕰️ 1942 : les débuts d’une grande aventure scolaire

L’histoire de l’établissement remonte à 1942, avec la création à Bongor d’une École primaire supérieure du territoire.

À cette époque, l’administration coloniale cherche à disposer de personnels locaux capables d’assumer différentes fonctions dans les services publics et économiques.

L’école participe ainsi à la formation de jeunes destinés notamment à travailler dans :

▪️ l’administration territoriale ;
▪️ l’enseignement ;
▪️ les services techniques ;
▪️ le commerce ;
▪️ les services postaux et administratifs.

L’établissement constitue alors un maillon important entre l’enseignement primaire et les formations destinées aux futurs cadres et auxiliaires de l’administration.

📌 Repère historique : la documentation consacrée à cette période indique que 44 Tchadiens y auraient été admis jusqu’en 1948, année d'une importante évolution institutionnelle.

🎓 1945–1948 : de l’école supérieure au collège

L’établissement connaît rapidement plusieurs transformations.

➡️ 1945 : il devient Collège normal de Bongor.
➡️ 1948 : il prend le statut de Collège moderne de Bongor.

Ces changements s'inscrivent dans la réorganisation progressive de l'enseignement secondaire dans les territoires de l'Afrique équatoriale française après la Seconde Guerre mondiale.

Peu à peu, l'établissement dépasse sa vocation initiale pour devenir un véritable lieu de formation secondaire.

🌍 Une école qui dépasse les frontières du Tchad

L'histoire de l'établissement ne se limite pas à la ville de Bongor.

Située dans une région frontalière avec le Cameroun, l'école a également accueilli, durant la période coloniale, des élèves venus de territoires voisins.

Cette dimension sous-régionale témoigne de l’importance que Bongor avait déjà acquise comme pôle administratif, commercial et éducatif dans le bassin du Logone.

L'établissement apparaît ainsi dans plusieurs travaux historiques consacrés aux circulations scolaires et intellectuelles dans le bassin du lac Tchad.

👨🏾‍🎓 1963 : naissance du Lycée Jacques-Moudeïna

Une nouvelle étape majeure intervient en 1963.

Le Collège moderne de Bongor est érigé en lycée et prend le nom de Jacques-Moudeïna, en hommage à une figure issue des premières générations de l’enseignement moderne tchadien.

Jacques-Moudeïna, ancien élève de l'établissement dans les années 1940, poursuivra ses études et deviendra médecin africain.

Le changement de statut marque une étape importante : Bongor dispose désormais d'un établissement secondaire appelé à jouer un rôle majeur dans la formation des jeunes générations.

🇹🇩 Une école témoin de la naissance du Tchad moderne

Lorsque le Tchad accède à l'indépendance, le 11 août 1960, l'établissement de Bongor possède déjà une histoire de près de deux décennies.

Il appartient ainsi à cette première génération d'établissements qui ont accompagné la constitution progressive d'un système d'enseignement secondaire tchadien.

À travers ses salles de classe sont passées plusieurs générations d'élèves qui participeront ensuite à la vie administrative, intellectuelle, scientifique et politique du pays.

👤 Des anciens élèves devenus des personnalités publiques

La mémoire du Lycée Jacques-Moudeïna est également associée à plusieurs personnalités historiques.

Parmi les anciens élèves cités dans différentes sources figurent notamment :

• Ngarta Tombalbaye, premier président de la République du Tchad ;
• Ahmadou Ahidjo, premier président de la République du Cameroun ;
• Idriss Déby Itno, ancien président de la République du Tchad.

La présence de personnalités de cette envergure dans l'histoire de l'établissement contribue à faire du lycée un lieu particulièrement important dans la mémoire de l'enseignement secondaire au Tchad et dans la sous-région.

🧱 Un patrimoine architectural au bord du Logone

Le Lycée Jacques-Moudeïna n'est pas seulement une institution scolaire : il constitue également un élément du patrimoine architectural et éducatif de Bongor.

Les bâtiments historiques ont connu d'importantes transformations au fil des décennies. Toutefois, un ancien bâtiment en briques et en arcades, parallèle au Logone, a été conservé et réhabilité.

Cette architecture constitue aujourd'hui un précieux témoignage matériel de l'histoire de l'établissement.

Car un patrimoine scolaire, ce sont aussi des murs, des couloirs, des salles de classe, des cours de récréation… mais surtout les souvenirs de générations d'élèves et d'enseignants.

🏗️ 2009–2011 : modernisation et nouveau visage

À partir de la fin des années 2000, le lycée connaît d'importants travaux de modernisation.

En 2009, les investissements publics consacrés aux infrastructures scolaires comprennent notamment des travaux liés aux établissements de Bongor, dont la réfection et l'agrandissement du Lycée Jacques-Moudeïna.

En 2011, la rénovation de l'établissement est présentée comme lui donnant un « nouveau visage ».

Cette transformation illustre l'évolution progressive d'une infrastructure héritée de l'histoire coloniale vers des installations répondant davantage aux besoins d'une population scolaire en croissance.

🏫 Aujourd'hui : une mémoire qui se poursuit

Au fil du temps, l'ancien Lycée Jacques-Moudeïna a connu de nouvelles évolutions et son héritage institutionnel se retrouve aujourd'hui à travers plusieurs établissements scolaires issus de cette histoire.

Mais au-delà des bâtiments et des changements de statut, demeure une réalité essentielle : Bongor est l'un des territoires qui ont contribué très tôt au développement de l'enseignement secondaire au Tchad.

📖 UN PATRIMOINE À PRÉSERVER ET À TRANSMETTRE

L'histoire du Lycée Jacques-Moudeïna rappelle que les établissements scolaires sont aussi des lieux de mémoire.

Ils racontent l'évolution de l'école, les transformations de la société, les parcours des enseignants et des élèves, mais également la construction progressive de l'État tchadien.

De 1942 à nos jours, l'histoire de l'établissement témoigne ainsi de plus de huit décennies d'évolution de l'éducation au Tchad.

📝 Repères chronologiques

📌 1942 — Création de l'École primaire supérieure de Bongor
📌 1945 — Transformation en Collège normal de Bongor
📌 1948 — Transformation en Collège moderne de Bongor
📌 1960 — Indépendance du Tchad
📌 1963 — Érection en lycée et adoption du nom Jacques-Moudeïna
📌 2009 — Importants travaux de réfection et d'agrandissement
📌 2011 — Rénovation et modernisation de l'établissement

Le Lycée Jacques-Moudeïna de Bongor n'est donc pas seulement une école. Il est une page vivante de l'histoire éducative du Tchad.

Images: Kinderance Média de Bongor

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