07/10/2026
📚 HISTOIRE DES ÉTABLISSEMENTS SECONDAIRES EMBLÉMATIQUES DU TCHAD
🏫 Le Lycée Adoum Dallah de Moundou : des origines à une institution majeure du Logone Occidental
Nous poursuivons notre série consacrée à l’histoire des établissements secondaires qui ont marqué l’évolution de l’éducation au Tchad.
Aujourd’hui, direction Moundou, où nous nous intéressons au Lycée Adoum Dallah, l’un des établissements scolaires les plus emblématiques du sud-ouest du pays.
📍 Des origines qui remontent à 1959
L’histoire du Lycée Adoum Dallah remonte à 1959, avec la création d’un cours complémentaire à Moundou.
Faute de locaux appropriés, les premiers élèves furent transférés à Fort-Archambault, l’actuelle ville de Sarh, afin d’y poursuivre leur formation.
Cette création intervient dans un contexte particulier : à la veille de l’indépendance, l’administration cherchait progressivement à développer les structures scolaires dans les principaux centres régionaux du territoire, notamment pour former les cadres intermédiaires nécessaires à l’administration et au développement des activités économiques.
À cette époque, Moundou occupait déjà une place importante dans le dispositif économique et administratif du territoire. Futur chef-lieu du Logone Occidental, la ville constituait un important centre agricole, commercial et administratif. La création d’un établissement secondaire répondait donc à un besoin croissant de formation de la jeunesse du sud-ouest du Tchad.
🏫 De cours complémentaire à lycée
Entre 1960 et 1961, les premiers locaux de l’établissement furent installés sur le site de l’actuel Lycée Annexe.
Parmi les élèves de la première promotion figurent de futurs cadres tchadiens, notamment Mianbé Mbailao.
Le premier directeur de l’établissement fut le Français Charles Arnaud.
➡️ 1961-1962 : la deuxième année complémentaire est toujours assurée sous la direction de Charles Arnaud.
➡️ 1962-1963 : la troisième année complémentaire est placée sous la direction du Français Troy.
➡️ 1963-1964 : au cours de la quatrième année complémentaire, les travaux de construction des nouveaux bâtiments de l’établissement sont réalisés sous la direction de Blecher.
➡️ 1964-1965 : pour la cinquième année complémentaire, les élèves sont transférés dans les nouveaux locaux qui abritent encore aujourd’hui le Lycée Adoum Dallah.
À la rentrée scolaire 1965-1966, le cours complémentaire est érigé en collège et placé sous la direction du Français Blecher.
Puis, à la rentrée 1966-1967, le ministre de l’Éducation nationale, Issaka Sako, érige le CEG de Moundou en lycée.
Le nouvel établissement reçoit alors le nom de Lycée Adoum Dallah.
Le premier proviseur est le Français Charles Tournaire. Il faudra attendre 1974 pour voir un Tchadien, Yangalbé Passiri, prendre la direction de l’établissement.
👤 Qui était Adoum Dallah ?
Le lycée porte le nom d’une personnalité tchadienne dont le parcours s’inscrit dans l’histoire politique et sociale du pays.
Adoum Dallah est né en 1903 à Fort-Lamy, l’actuelle N'Djaména. Il était le fils de Dallah Ahmed, un Sara Kaba qui aurait été enrôlé dans la troupe de Rabah en 1889.
Adoum Dallah devint infirmier breveté supérieur, ou préparateur en pharmacie de 3e classe, le 1er janvier 1951.
Le 30 mars 1952, il fut élu conseiller représentatif à la Seconde Assemblée territoriale.
Il appartenait au Front d’Action Civique au Tchad (FACT), tout en soutenant Gabriel Lisette.
Considéré comme porteur d’idées progressistes, Adoum Dallah aurait suscité l’hostilité d’une partie de l’administration coloniale.
Il décéda en 1956 à Fort-Lamy.
Quelques années plus t**d, son nom fut donné au lycée de Moundou, en 1967, faisant ainsi de l’établissement un lieu de mémoire associé à son parcours.
🎓 Un établissement majeur pour le Logone Occidental
Avec son accession au statut de lycée, l’établissement devient progressivement un pôle régional de formation.
Des travaux universitaires consacrés à la littérature tchadienne présentent le Lycée Adoum Dallah comme l’un des pionniers des établissements secondaires de la région du Logone Occidental.
Le lycée a ainsi contribué à la formation de plusieurs générations de cadres, enseignants, fonctionnaires, intellectuels et professionnels, originaires de Moundou et des régions environnantes.
Des témoignages biographiques contemporains attestent également du passage de plusieurs personnalités tchadiennes dans cet établissement. À titre d’exemple, Beyom Malo Adrien y a obtenu son baccalauréat à la fin des années 1970.
📖 Le Lycée Adoum Dallah et la culture du livre
L'histoire du Lycée Adoum Dallah ne se limite pas à l'enseignement scolaire.
L'établissement a également participé à la diffusion du livre et de la littérature auprès des jeunes générations.
Une étude universitaire consacrée à la littérature tchadienne relève notamment l’existence d’une bibliothèque scolaire au Lycée Adoum Dallah, décrite comme une ancienne bibliothèque datant des années 1970.
Si cette bibliothèque disposait d’un fonds documentaire limité et dont le renouvellement était insuffisant, son existence témoigne néanmoins de la place accordée au livre dans la vie scolaire de l’établissement.
Par ailleurs, la coopération entre Moundou et Poitiers, dans les années 2000, a contribué à l’approvisionnement de plusieurs établissements scolaires de la ville en manuels et ouvrages, parmi lesquels le Lycée Adoum Dallah.
🏛️ Un lycée face aux défis de la croissance scolaire
Aujourd’hui encore, le Lycée Adoum Dallah demeure un établissement majeur du système éducatif du Logone Occidental.
Avec la croissance considérable des effectifs, qui ont dépassé 4 000 élèves, l’établissement a été réorganisé en deux structures :
🔹 Lycée Adoum Dallah Littéraire
🔹 Lycée Adoum Dallah Scientifique
De ses modestes débuts comme cours complémentaire en 1959 à son statut actuel, le Lycée Adoum Dallah illustre ainsi l’évolution du système éducatif tchadien depuis la période précédant l’indépendance.
Plus de six décennies après sa création, son histoire reste intimement liée à celle de Moundou, du Logone Occidental et de la formation de plusieurs générations de Tchadiens.
📚 Préserver l’histoire de nos établissements scolaires, c’est aussi préserver la mémoire de ceux qui ont contribué à bâtir le Tchad d’aujourd’hui.
Sources :
• Djedouboumgoto Emmanuel, censeur au Lycée Adoum Dallah
• Sources documentaires et travaux universitaires disponibles en ligne.
Ministère du Développement Touristique, de la Culture et de l’Artisanat
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