17/03/2026
À l’occasion du Comité de pilotage du Pacte national de stabilité présidé par le Premier Ministre Monsieur Ousmane SONKO, la Secrétaire Générale de l’UNSAS, la camarade Marie Yvette Keïta, a porté une voix responsable, lucide et engagée.
Tout en saluant les efforts déjà consentis par le Gouvernement dans le cadre du dialogue social, l’UNSAS a réaffirmé avec fermeté que les attentes des travailleurs restent fortes face à la vie chère, au chômage et à la précarité.
Le Pacte ne doit pas être un simple cadre d’intention, mais un levier concret de transformation sociale, fondé sur la confiance, le respect des engagements et des résultats visibles pour les populations.
L’UNSAS reste mobilisée pour un dialogue social sincère, équilibré et orienté vers une croissance réellement inclusive.
Justice sociale, dignité du travail et responsabilité partagée doivent rester notre boussole. 💪🏾🇸🇳
Vive l’UNSAS !
Vive la solidarité syndicale !
Réunion du Comité de pilotage du Pacte national de stabilité pour une croissance inclusive et durable
Date : mardi 17 mars 2026
Lieu : Salle de conférence, 10ème étage du Building administratif Mamadou Dia
Allocution de Madame Marie Yvette Keïta
Secrétaire générale de l’UNSAS
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les représentants du Patronat,
Camarades Secrétaires généraux des centrales syndicales,
Mesdames et Messieurs les Directeurs et Chefs de services,
Mesdames et Messieurs,
C’est pour nous un honneur et une grande responsabilité de prendre la parole à l’ouverture de cette réunion du Comité de pilotage du Pacte national de stabilité pour une croissance inclusive et durable, dans un contexte où le surendettement et les tensions budgétaires pèsent lourdement sur la gouvernance globale de notre pays.
Permettez-nous, tout d’abord, d’exprimer nos remerciements à Monsieur le Premier Ministre pour l’attention accordée au dialogue social et pour la volonté affirmée de construire, avec l’ensemble des partenaires sociaux, un cadre concerté permettant de répondre aux défis économiques et sociaux auxquels notre pays est confronté.
Le Pacte national de stabilité constitue, pour le mouvement syndical, une opportunité importante. Il représente la possibilité de bâtir un nouveau contrat social fondé sur la responsabilité partagée entre l’État, les travailleurs et les employeurs, afin de concilier stabilité économique, justice sociale et progrès durable.
Aujourd’hui, notre pays fait face à plusieurs défis majeurs dont :
• Le coût élevé de la vie qui pèse sur les travailleurs et leurs familles
• Le chômage et la précarité qui touchent particulièrement les jeunes et les femmes
• La nécessité de renforcer la compétitivité de notre économie tout en préservant la dignité du travail
• L’impératif de construire un modèle de développement plus inclusif et plus équitable
Dans ce contexte, le rôle du dialogue social est essentiel. Aucun pacte de stabilité ne peut être durable s’il ne repose pas sur la confiance, la transparence et l’équilibre entre les intérêts économiques et les droits sociaux.
Le Comité technique, dont la première réunion a été présidée par le Ministre de la Fonction publique le 13 janvier 2026, a produit un rapport sur l’état de mise en oeuvre des engagements.
Ensuite le Gouvernement a publié une note d’information sur le pacte, en mettant l’accent sur ses propres efforts, et en faisant croire que les syndicats ne respectent pas leurs engagements. Les centrales syndicales considèrent que cette note fragilise les relations de confiance entre l’Etat et les syndicats.
Or, nous devons éviter de donner l’impression que les fondements du Pacte ne sont pas solides. Notre modèle de dialogue social a été conçu avec responsabilité et sens de l’engagement citoyen, et repose sur des principes essentiels : efficience, efficacité, célérité et culture des résultats.
C’est pourquoi, nous devons collectivement veiller à sa mise en œuvre rigoureuse, assurer un suivi régulier des engagements pris d’un commun accord et assumer pleinement le partage des responsabilités dans le cadre d’un dialogue social rénové et performant.
Nous insistons particulièrement sur certaines préoccupations prioritaires, notamment :
• La mise en place de mécanismes de dialogue social et de négociation collective aux niveaux national, régional et dans les entreprises
• L’actualisation des conventions collectives devenues obsolètes. Sur ce point, le Groupe des travailleurs propose de cibler, pour la période 2026-2027, quatre secteurs prioritaires : l’agroalimentaire, la mécanique générale, le commerce et le BTP
• Le renforcement des capacités des acteurs du dialogue social
• L’installation des comités de dialogue social sectoriel dans tous les ministères, structures publiques et dans les branches professionnelles. À ce jour, il convient de noter que seuls le ministère de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement supérieur en disposent
• La levée de la mesure de suspension de l’accord collectif d’établissement de la RTS
• L’élargissement de l’indemnité de logement aux agents contractuels des établissements publics de santé et du ministère de la Santé, ainsi qu’aux personnels administratifs et techniques des universités
• L’application des conclusions des états généraux du secteur des transports publics
• La mise en œuvre concertée du plan de restructuration de la société nationale La Poste
L’UNSAS réaffirme ici son engagement à participer de manière constructive et responsable aux travaux de ce Comité de pilotage. Notre ambition n’est pas seulement de défendre les intérêts des travailleurs, mais aussi de contribuer à la construction d’un Sénégal plus juste, plus solidaire et plus prospère.
Monsieur le Premier Ministre,
Le succès de ce Pacte dépendra de notre capacité collective à transformer les engagements en actions concrètes, mesurables et bénéfiques pour les populations. Les travailleurs du Sénégal attendent des résultats tangibles : des emplois, une amélioration des conditions de vie et une meilleure répartition des fruits de la croissance.
C’est pourquoi, nous devons faire de ce Pacte un véritable instrument de transformation sociale, au service d’une croissance inclusive et durable.
Enfin, permettez-nous de réaffirmer la disponibilité de l’UNSAS à poursuivre le dialogue, dans un esprit de responsabilité, de patriotisme et de justice sociale.
Nous sommes convaincus que la stabilité économique ne peut être durable que si elle s’accompagne de justice sociale, et que la croissance ne peut être véritablement inclusive que si elle profite à tous les citoyennes et citoyens de notre pays.
Merci de votre aimable attention.