01/05/2026
𝐂𝐞́𝐥𝐞́𝐛𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝟏𝐞𝐫 𝐦𝐚𝐢 𝐞𝐭 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐚𝐧𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐒𝐘𝐀𝐂 – 𝐁𝐢𝐥𝐚𝐧 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐥𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐝𝐢𝐠𝐧𝐢𝐭𝐞́ 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐜𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞𝐥𝐥𝐞
En ce jour du 1er mai, consacré à la Fête du Travail, le Syndicat Autonome des Animateurs Culturels et des Conseillers Culturels (SYAC)célèbre également son premier anniversaire.
Un an après la création du Syndicat autonome des Animateurs culturels et des Conseillers aux affaires culturelles, beaucoup d’actions ont été entreprises pour améliorer les conditions de ces professionnels de la culture.
Depuis notre création, nous avons mené des réflexions profondes sur la gouvernance des arts et de la culture au Sénégal, notamment sur le cadre juridique et institutionnel qui est incompatible avec la réalité et la dynamique des acteurs et professionnels du secteur.
A la suite des différentes sollicitations envers les autorités restées lettre morte, et au vu du premier attelage "Jeunesse-Sport-Culture" qui avait été proposé et dont les résultats ont été jugés insatisfaisants dans les actions par l’ensemble des travailleurs du ministère, le SYAC a porté un plaidoyer fort auprès des plus hautes autorités pour un changement radical avec la proposition d’un nouvel attelage combinant la Culture, l’Artisanat et le Tourisme.
Grâce à une mobilisation constante : 4 conférences de presse, 13 interviews presses et émissions, et un sit-in interdit, le SYAC a réussi à se faire entendre. Cette pression a permis au Président de la République d’envoyer un émissaire pour prendre en charge nos préoccupations. Par la suite, le mémorandum envoyé à la Primature a reçu un écho favorable avec une correspondance du Premier Ministre nous informant que les recommandations contenues dans notre document ont trouvé un écho favorable auprès du gouvernement, qui a donné instruction au ministre de tutelle pour continuer à approfondir les réflexions en vue de matérialiser tous les points.
Seulement, huit mois après, le nouvel attelage peine à prendre en charge l’expertise des animateurs culturels et des conseillers aux affaires culturelles. Le statut de corps, qui date de 40 ans, ne permet pas à ce corps de contribuer convenablement à l’agenda national de transformation, notamment la matérialisation des pôles territoires. Nos agents, sans moyens dans les centres culturels régionaux, peinent à satisfaire les besoins des acteurs faute d’une ligne de gouvernance claire et accessible aux professionnels et aux acteurs.
A ce jour, ni le Ministre en charge de la Culture, ni le Secrétaire d’Etat n’ont entrepris des actions pour assurer la mise en œuvre des directives du Président de la République et du Premier Ministre sur la question des animateurs culturels et conseillers aux affaires culturelles. Aucune rencontre de prise de contact n’a eu lieu, et le corps n’a jamais été associé à toutes les initiatives importantes visant les grandes réformes annoncées, comme les états généraux du secteur, et ce, malgré l’engagement sans failles des jeunes animateurs durant l’Ecofest, dans la difficulté et dans des conditions que nous connaissons tous.
Le paradoxe est frappant : les institutions culturelles de ce pays manquent de personnel au moment où 69 jeunes diplômés de l’École Nationale des Arts sont sans emplois, alors que d’autres secteurs recrutent massivement pour matérialiser la politique de l’Etat. Cette gestion des cadres du secteur de la culture est vécue comme une démission de la part de la tutelle depuis plusieurs années, sans perspective de solution, ce qui sape tous les efforts de la souveraineté culturelle tant chantée.
Aujourd’hui 1er mai, fête du travail, le SYAC dénonce cette inertie du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme envers ce corps volontaire et engagé depuis plusieurs décennies, avec des résultats concrets sur le terrain et une expertise encore visible dans les actions engagées pour opérationnaliser la vision "Sénégal 2050". Se passer de tous ces cadres qui sont flottants, maintenir des retraités à des postes stratégiques à l’heure de l’innovation, et laisser 69 jeunes diplômés sur la touche, c’est en quelque sorte aller dans le contre-sens de la stratégie nationale de développement et du master plan.
Le SYAC appelle tous ses membres à se mobiliser pour un plaidoyer fort autour de l’indépendance du secteur de la culture. Plus que jamais, nous restons convaincus que la culture doit retrouver sa souveraineté avec un ministère plein et autonome ; un ministère avec une structuration adaptée aux acteurs, avec des moyens conséquents et des investissements stratégiques pour redonner la dignité aux régions et à tous ces opérateurs culturels qui sont oubliés dans les différents attelages proposés.
Plus que jamais, nous réaffirmons notre volonté à servir dans la dignité et la vérité. Nous avons une responsabilité historique avec des gouvernants jeunes et engagés et nous continuerons à analyser la situation culturelle de ce pays avec lucidité et responsabilité.
La Charte du Mandé nous ayant appris que le bien commun est une affaire de tous et que l’âme de l’homme se nourrit de trois choses : voir celui qu’il a envie de voir, dire ce qu’il a envie de dire et faire ce qu’il a envie de faire…
À l’approche des JOJ et de la Biennale de Dakar, nous devons faire bloc et dire non. Ensemble, restons mobilisés pour le corps et pour la culture.
Bonne fête du travail à tous les animateurs culturels et conseillers aux affaires culturelles, bonne fête du travail à tous les acteurs du secteur de la culture.
Que Dieu bénisse le Sénégal et l’Afrique.
Fait à Dakar, le 1er Mai 2026.
Le Secrétaire Général du SYAC!