22/12/2025
À l’attention de l’Honorable Arvind Boolell, Ministre de la Pêche et de l’Économie Bleue.
Monsieur le Ministre,
Le changement que vous incarnez ne peut ignorer plus longtemps la réalité des radars et des cales. Le régime MSM nous a légué un traité qui n'est pas seulement une braderie financière à Rs 5-7 le kilo, mais une véritable passoire technologique permettant à l'Union Européenne de vider nos eaux en toute impunité.
1. LE SCANDALE DES QUOTAS : UNE FICTION ADMINISTRATIVE
Les quotas de la CTOI (Commission des Thons de l'Océan Indien) ne sont que des chiffres sur du papier si les moyens de les contourner sont autorisés par votre ministère.
Les "Prises Accessoires" (By-catch) : Sous prétexte de pêcher du thon, ces navires-usines raflent des tonnes de requins, de tortues et de juvéniles. Ces morts "accidentelles" ne sont souvent pas décomptées des quotas principaux, masquant un véritable écocide silencieux.
Le "Flag Hopping" (Changement de pavillon) : Certaines flottes jouent avec les pavillons pour basculer leurs quotas d'un pays à l'autre, rendant le suivi réel de la pression de pêche impossible pour nos autorités.
2. LE TRANSBORDEMENT : L'USINE À FRAUDE EN HAUTE MER
Monsieur le Ministre, le transbordement est le bras armé du vol. En autorisant le déchargement du poisson sur des cargos-frigos au milieu de l'océan, vous facilitez :
La falsification des journaux de bord : Sans inspecteur mauricien sur le pont au moment précis du transfert, les quantités déclarées sont basées sur la "bonne foi" des armateurs. Une insulte à notre souveraineté !
La désactivation de l'AIS : Il est prouvé que de nombreux navires coupent leur système de localisation (AIS) pour opérer dans des zones interdites ou transborder illégalement. C'est du piratage légalisé.
3. LES DCP (DISPOSITIFS DE CONCENTRATION DE POISSONS) : L'ASPIRATEUR INDUSTRIEL
L'accord actuel permet l'usage massif de DCP, des bouées ultra-technologiques qui attirent tout le vivant.
Le contournement par la technologie : Ces bouées sont équipées de sonars qui disent précisément au navire quand venir "ramasser" le thon. Ce n'est plus de la pêche, c'est de la cueillette industrielle qui ne laisse aucune chance de survie aux stocks.
L'impact sur l'artisan : Pendant que ces aspirateurs vident le large, nos pêcheurs rentrent les filets vides.
NOS EXIGENCES POUR UNE ÉCONOMIE BLEUE RÉVOLUTIONNAIRE :
REVALORISATION IMMÉDIATE DU PRIX : Sortir du tarif colonial de Rs 5-7. Nous exigeons un prix indexé sur le marché mondial (Tokyo/Rungis).
INTERDICTION TOTALE DU TRANSBORDEMENT EN MER : 100% des captures doivent passer par le port de Port-Louis pour une pesée certifiée et indépendante.
OBSERVATEURS MAURICIENS EMBARQUÉS : Aucun navire européen ne doit opérer dans notre ZEE sans un contrôleur mauricien à bord, payé par l'armateur mais rapportant à l'État.
LIMITATION DRACONIENNE DES DCP : Pour protéger les juvéniles et l'avenir de nos enfants.
COMMENT ILS CONTOURNENT VOS QUOTAS EN HAUTE MER
Monsieur le Ministre, voici les méthodes techniques que l'UE utilise pour vider nos eaux tout en restant "dans les clous" administrativement :
Le "Trou Noir" du Transbordement : En déchargeant en mer, le capitaine du senneur remplit son journal de bord lui-même. Sans inspecteur mauricien pour peser physiquement le thon, le quota est une fiction. On peut déclarer 500 tonnes et en transférer 800.
La Valse des Pavillons (Flag Hopping) : Si un navire atteint son quota "européen", il peut changer virtuellement de pavillon ou transférer ses prises à un navire d'une autre flotte partenaire pour continuer à ratisser notre zone.
L'Ecocide Invisible (By-catch) : Les quotas ne concernent souvent que le thon "noble". Mais les filets ramassent tout : requins, tortues, dauphins. Ces prises ne sont pas comptabilisées dans les quotas, mais elles détruisent l'équilibre de notre biodiversité.
DCP Intelligents : Ces bouées ne sont pas seulement des appâts, ce sont des espions. Ils informent les navires de la taille exacte du banc. Les navires viennent, raflent tout (y compris les bébés thons qui n'ont pas encore pondu) et repartent. C'est une pêche sans avenir.
Souveraineté : "Pourquoi le peuple mauricien paie-t-il son thon Rs 85 (le demi-kilo) alors qu'on le donne à l'Europe pour Rs 7 le kilo entier ?"
Contrôle : "Un navire qui ne débarque pas à Port-Louis est un navire qui vole le peuple. Interdire le transbordement en mer est la priorité n°1."
Dignité : "Nous ne voulons plus de l'appui sectoriel (pourboires). Nous voulons le prix du marché. Maurice n'est pas une colonie de pêche."
Monsieur le Ministre, le peuple n'acceptera plus les excuses techniques. Le thon est à nous, les quotas sont à nous, et le prix doit être le nôtre. Allez-vous enfin fermer le robinet du pillage ?
Monsieur le Ministre, le Sénégal a choisi son peuple plutôt que les euros de Bruxelles. Il a choisi ses pêcheurs de Saint-Louis plutôt que les industriels espagnols.
Suivez l'exemple du Sénégal ! * Assez de l'appui sectoriel qui ressemble à un pot-de-vin diplomatique.
Assez de voir nos thons partir vers l'Europe à Rs 7 le kilo alors que le peuple sont des mendiants de l'état Exemple la pension Universelle repoussée de 60 à 65 ans.
Assez de ces "quotas" que les navires-usines contournent en éteignant leurs balises GPS et en transbordant leur butin dans l'ombre de la haute mer. »
Monsieur le Ministre Arvind Boolell, si le Sénégal a pu le faire, pourquoi Maurice reste-t-il le paillasson de l'Océan Indien ?
Bruneau Laurette et Ansam Sitwayin
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