18/04/2026
# "ORIS" ACTE 2 : AU NOM DE LA VÉRITÉ ET DE LA DÉMOCRATIE MALIENNE
Depuis quelque temps, une rhétorique simpliste et souvent malveillante tente de faire porter à l’ère démocratique, et particulièrement au président Alpha Oumar KONARÉ, l’entière responsabilité du démantèlement de notre tissu industriel par la privatisation.
En tant que citoyen et professionnel des chiffres, je ne peux laisser ces contre-vérités occulter la réalité historique et économique de notre pays.La privatisation au Mali n'est pas née avec la démocratie en 1992 ; elle a été initiée et subie sous le régime du Général Moussa TRAORÉ.
Il est urgent de rappeler aux détracteurs que c’est sous la IIème République, dès les années 1980, que le Mali a cédé aux exigences des programmes d’ajustement structurel (PAS) de la Banque Mondiale et du FMI.Le régime de Moussa Traoré a été le premier à acter la faillite de l'État gestionnaire en liquidant ou en privatisant des fleurons nationaux :
La SOMIEX (1988) : Véritable poumon de l'approvisionnement national, démantelée bien avant l’avènement de l’ère démocratique.
La SOCIMA (Cimenterie) : Passée sous contrôle privé sous la contrainte des dettes.
La SOGEMA, la SOCOMA et la SEPOM : Autant d'unités industrielles fermées ou liquidées sous le poids d'une gestion devenue insoutenable à la fin des années 80.
La privatisation était donc déjà une réalité douloureuse et structurelle avant 1992.
L’Ère Alpha Oumar Konaré a transformé la crise en modernité.Quand Alpha Oumar Konaré arrive au pouvoir, il hérite d’une économie exsangue. Là où certains voient uniquement des "cessions", il faut voir une volonté de sauvegarde et d'innovation.Loin de détruire, la démocratie a restructuré.
SONATAM (Société Nationale des Tabacs du Mali) : Privatisée par un processus de concession commencé sous AOK et parachevé par ATT.
COMATEX (Compagnie Malienne des Textiles) : Privatisation en cours ou passée sous contrôle chinois.
SOCIMAT (Société des Ciments) : Privatisation et transfert sous contrôle sénégalais et d'opérateurs privés maliens.
Huicoma (Huilerie) : Entamé le processus de cession au secteur privé.
Régie Nationale des Chemins de Fer : Début du processus de concession (finalisé plus t**d).
Sous Alpha, on ne se contente pas de privatiser, on crée des institutions de souveraineté et de régulation. Le PMU-Mali (1994) est devenu l'un des plus grands contributeurs au budget de l'État. L’ACI (1995) a formalisé notre urbanisme et généré des milliers d’emplois dans le BTP.
L'Ouverture des Télécoms (Orange Mali/Ikatel en 2002) : Ce n'était pas "vendre le Mali", c'était propulser le pays dans le XXIème siècle, créant une révolution numérique qui fait vivre aujourd'hui des centaines de milliers de familles via le commerce et les services financiers (Orange Money).
Maintenant qu'est-ce que c'est la privatisation ? La privatisation est le transfert de la propriété ou de la gestion d'une entreprise publique vers le secteur privé. Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas "vendre le pays", mais chercher des partenaires capables d'injecter des capitaux et de l'expertise là où l'État n'a plus les moyens d'investir. Ceux qui accusent la démocratie oublient que le démantèlement des fleurons nationaux a commencé sous la IIème République. Dès les années 1980, l'État malien était en faillite. Pour éviter l'effondrement total, le régime du Général Moussa Traoré a dû se soumettre aux (PASS). En 1992, le pouvoir démocratique hérite d'un champ de ruines économiques.
Pour ceux qui doutent, vérifiez les faits dans les registres officiels de la République
Journal Officiel de la République du Mali : Décrets de liquidation de la période 1985-1990 et Loi N°94-041 du 22 février 1994.
Archives du Ministère de l'Économie et des Finances : Rapports sur la mise en œuvre des PAS (1982-1992).
Direction Générale de l'Administration des Biens de l'État (DGAB) : Historique des cessions de patrimoine.
Banque Mondiale (Rapports PASEP) : Documentation sur la restructuration des entreprises publiques au Mali.
Les détracteurs de l’ère démocratique, et plus précisément d’Alpha Oumar Konaré, pratiquent l'amnésie sélective. On ne peut pas j***r aujourd'hui de la modernité des télécoms, de la puissance des mines et de la structuration de l'eau (SOMAPEP) tout en crachant sur ceux qui ont eu le courage de transformer un système public moribond en un moteur privé dynamique.
Le populisme s’arrête là où les chiffres commencent. La démocratie malienne n'a pas bradé le pays ; elle l'a équipé pour le futur.
Nouhoum Koïta Oris, citoyen