29/03/2026
DISCOURS DE PRÉSIDENT DU CONSEIL COMMUNAL DE LA JEUNESSE DE MINIDIAN-KANGABA.
Lors de la Journée de Paix et Réconciliation entre la Jeunesse de la ville de Kangaba en date du 28 mars 2026.
Monsieur le Préfet de Kangaba,
Monsieur le Maire de la commune de Minidian,
Monsieur le Président de la société de Kangaba,
Monsieur le chef de village de Kangaba et de canton,
Mesdames et Messieurs les représentants des autorités administratives, religieuses, traditionnelles, les forces de l'ordre et de la sécurité,
Madame la Présidente de la CAFO,
Chers aînés, gardiens de notre mémoire vive
Chers frères et sœurs de la jeunesse de Kangaba,
Honorable chers invités,
La paix soit avec vous. Aw Salam Aleikoum.
C’est avec un cœur rempli d’émotion et une conscience aiguë de la responsabilité qui est la nôtre que je prends la parole en ce jour solennel. Nous sommes réunis aujourd’hui, non pas simplement pour une cérémonie, mais pour poser un acte sacré : celui de la réconciliation.
Nous nous trouvons à Kangaba. Ce nom, pour tout le Mali, pour toute l’Afrique de l’Ouest, ne résonne pas par hasard. Kangaba, c’est le berceau. C’est ici que repose l’âme de l’Empire du Mali. C’est ici que nos ancêtres ont forgé l’unité, le courage et la dignité. C’est sous ces mêmes cieux que Soundiata Keïta a juré de libérer son peuple. Il nous a légué un trésor bien plus précieux que l’or : la cohésion sociale.
Mais aujourd’hui, devons-nous le reconnaître, cette cohésion est parfois mise à l’épreuve. Nous, la jeunesse, nous avons connus des heures sombres. Nous avons vu des divisions inutiles s’installer entre nous. Des querelles de clocher, des malentendus entre familles, parfois même cette main criminelle qui a tenté de dresser l’enfant de Kangaba contre son frère.
Nous disons aujourd’hui : Assez !
À tous les jeunes de cette ville historique, je vous le dis : nous sommes les héritiers de Kamabolon, la case sacrée. Si nous, les jeunes, nous nous déchirons, qui défendra la dignité de Kangaba ? Si nous, les jeunes, nous nous divisons sur des bases claniques ou futiles, comment nos petits-frères pourront-ils grandir dans la confiance ?
Cette journée de la paix et de la réconciliation n’est pas un slogan. C’est un engagement. Elle est le symbole de notre volonté collective de tourner la page.
Aussi, je vous lance trois appels :
Premier appel : celui du pardon.
Le pardon n’est pas une faiblesse, c’est la marque des hommes et des femmes forts. Sans le pardon, il n’y a pas de lendemain. Aujourd’hui, regardons-nous dans les yeux, tendons la main. Celui qui a souffert, qu’il trouve la force de tendre l’autre joue. Celui qui a fait erreur, qu’il trouve le courage de reconnaître que nous sommes tous une seule famille.
Deuxième appel : celui du travail et de l’éducation.
La paix durable ne se décrète pas seulement, elle se construit. Nous devons occuper notre jeunesse. Asseyons-nous ensemble pour créer des activités génératrices de revenus, pour encadrer nos jeunes dans les écoles, pour valoriser l’agriculture et l’artisanat. Un jeune qui travaille est un jeune qui ne prend pas les armes contre son voisin.
Troisième appel : celui de l’unité autour des valeurs.
Nous devons nous souvenir que nous sommes tous des « Kangabalais ». Avant d’être d’un quartier ou d’un autre, nous sommes les fils et filles de cette terre sacrée. Respectons nos aînés, écoutons nos sages, et protégeons nos traditions qui nous enseignent le Jigiya (l’hospitalité), le Niogon dèmè (la solidarité) et Yèrè don (l’estime de soi).
Chers amis,
La route est longue, mais nous avons les épaules solides. Nous avons la chance d’avoir des autorités traditionnelles éclairées et des autorités administratives à nos côtés. Soutenez-nous. Mais nous, la jeunesse, devons prendre nos responsabilités.
Je veux dire aux jeunes qui pourraient être tentés par la violence ou la rancune : ne laissez personne voler votre avenir. Ce pays, cette ville, a besoin de votre énergie pour construire, pas pour détruire.
En ce jour, nous allons planter symboliquement un arbre. Que cet arbre soit le symbole de notre réconciliation : ses racines profondes, c’est notre histoire à Kangaba ; son tronc solide, c’est notre unité ; ses branches qui s’élèvent vers le ciel, c’est l’avenir radieux que nous voulons pour nos enfants.
Vive la jeunesse de Kangaba !
Vive la paix !
Vive le Mali !
Je vous remercie.
Aminé.