25/08/2026
Il y a des rencontres que le temps n’efface jamais… Il les embellit.
Ce lundi 24 août 2026, j’ai eu le bonheur de recevoir un jeune artiste plasticien, Mamadou Tandina, originaire de Tonka, dans la région de Tombouctou, venu me remettre un portrait qu’il a lui-même réalisé.
Son geste m’a profondément touchée, non seulement par la beauté de son œuvre, mais surtout par l’histoire qu’elle raconte.
Mamadou m’a confié que la réalisation de ce portrait était un rêve qu’il portait depuis son enfance. Au début des années 2000, alors qu’il était encore élève à Goundam, il faisait partie de ces nombreux enfants que j’avais la joie d’accompagner, de soutenir et auxquels j’aimais offrir, de temps à autre, quelques petites attentions.
Avec beaucoup d’émotion, il m’a dit : « Nous étions nombreux, enfants, à être à vos côtés. »
Je ne vous cache pas que ces mots m’ont particulièrement émue.
À cette époque, je ne pouvais évidemment pas imaginer que l’un de ces enfants garderait en lui, pendant tant d’années, le souvenir d’une attention reçue et qu’un jour, devenu artiste, il viendrait à son tour m’offrir quelque chose de si précieux : le fruit de son talent, de sa reconnaissance et d’un rêve d’enfant devenu réalité.
Aujourd’hui, Mamadou est un artiste accompli. Diplômé du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fassékè Kouyaté, il compte parmi les jeunes talents qui contribuent à faire vivre notre mémoire collective à travers l’art. Il est notamment l’un des artistes ayant participé à la réalisation de fresques murales consacrées à notre culture et à nos grandes figures historiques, notamment celles de l’échangeur de Yirimadio.
Mais au-delà de l’artiste que je découvre aujourd’hui, j’ai surtout retrouvé l’enfant de Goundam.
Et cela m’a rappelé une chose essentielle : lorsque l’on sert une communauté, particulièrement lorsque l’on accompagne des enfants et des jeunes, on ne mesure jamais immédiatement la portée d’un geste, d’un encouragement, d’une parole ou d’une main tendue.
Parfois, des années plus t**d, ces petits gestes reviennent à nous sous la forme d’un magnifique témoignage.
Mamadou, je veux te dire ici, avec toute mon affection et ma sincère reconnaissance : merci.
Merci d’avoir gardé ce souvenir dans ton cœur. Merci d’avoir transformé une reconnaissance en œuvre d’art. Merci surtout de me rappeler, par ton parcours, que les graines semées avec sincérité finissent toujours par trouver leur chemin.
Ton portrait restera pour moi bien plus qu’une œuvre artistique. Il sera le témoignage d’un lien entre une génération et celle qui l’a précédée, entre Goundam et Tonka, entre un rêve d’enfant et sa réalisation, mais surtout entre des êtres humains que le temps n’a pas séparés.
Je suis fière de toi, Mamadou. Continue à créer, à transmettre et à faire rayonner, par ton talent, la richesse de notre culture et de notre histoire.
Que Dieu bénisse ton talent, tes projets et le chemin qui s’ouvre devant toi.