11/04/2026
Le coton malien en marche
coton
(Agence Ecofin) - En Afrique de l’Ouest, le Mali figure parmi les principaux producteurs de coton avec le Bénin, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Entre défis climatiques et sécuritaires, la filière malienne essaie tant bien que mal de stabiliser sa production de la matière première.
Le Mali prévoit de porter sa production de coton graine à plus de 650 000 tonnes durant la prochaine campagne de 2026/2027. L’information relayée par plusieurs médias locaux a été révélée en marge de la 106ᵉ session ordinaire du Conseil d’administration de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT), qui s’est tenue le 26 février dernier.
Cette prévision, si elle se réalise, signerait une hausse de plus de 50 % par rapport à la récolte estimée pour la campagne en cours. Les données de l’interprofession rapportées par le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA) montrent en effet que le Mali s’attend à une production de 433 700 tonnes de coton graine en 2025/2026.
Dans le cadre de cette ambition, la CMDT prévoit notamment d’augmenter la superficie emblavée de 96 000 hectares pour la faire passer à 630 000 hectares durant la campagne de 2026/2027. Il est également prévu d’augmenter de 17 % le rendement moyen des cultures d’une année sur l’autre pour le faire passer à 950 kg par hectare.
Selon les autorités, la filière doit néanmoins composer avec des défis agronomiques et structurels qui avaient déjà perturbé la campagne précédente. Dans plusieurs zones productrices, l’insécurité continue d’entraver les activités agricoles, tandis que la variabilité climatique marquée par des épisodes d’inondations et des poches de sécheresse pèse sur les rendements. À ces contraintes s’ajoutent la gestion des attaques de jassides (insectes parasites du coton) et les retards dans l’approvisionnement en intrants.
Dans des propos rapportés par le quotidien Echos Médias, Kouloumégué Dembélé, PDG de la CMDT, indique qu’un plan de relance intérimaire, assorti d’un plan d’action opérationnel, est en cours d’adoption afin de mieux anticiper ces risques.
Une filière en quête de stabilité
Au Mali, la production de coton graine a évolué en dents de scie sur les cinq dernières campagnes. Depuis le pic de production de 777 000 tonnes atteint en 2021/2022, la filière n’est plus jamais parvenue à franchir la barre des 700 000 tonnes. Cette irrégularité lui a déjà coûté sa place de leader africain de l’offre au détriment du Bénin à plusieurs reprises, dont la dernière qui remonte à la campagne 2025/2026.
Produit stratégique s’imposant comme la deuxième source de recettes d’exportation du pays après l’or, le coton pèse lourd dans la balance commerciale malienne. L’instabilité de l’offre limite donc non seulement les volumes exportables, mais aussi les recettes générées. Un enjeu d’autant plus sensible que les cours internationaux évoluent à la baisse depuis quelques années.
D’après le Comité consultatif international sur le coton (ICAC), l’indice Cotlook A qui sert de référence internationale pour le prix du coton, a reculé pour la troisième campagne consécutive, s’établissant en moyenne à 79,6 cents la livre (0,45 kg) en 2024/25, soit une baisse de 13,4 % par rapport à la saison précédente et son plus bas niveau moyen depuis la campagne 2020/2021.
Les données compilées sur la plateforme Trade Map indiquent que le Mali a exporté près de 69,7 millions USD de coton en 2024, soit un montant presque quatre fois inférieur aux 256 millions USD de recettes enregistrées en 2020