22/08/2026
NON À L’EXCISION. NON À TOUTES LES FORMES DE MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES.
Depuis plusieurs jours, les réseaux sociaux sont le théâtre de débats autour de l'excision. Entre tradition, pression sociale et défense des droits fondamentaux, une chose doit rester au centre de notre réflexion : la santé, la dignité, l'intégrité physique et les droits des filles et des femmes ne doivent jamais être sacrifiés.
Qu'appelle-t-on excision ou mutilations génitales féminines ?
Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), les mutilations génitales féminines (MGF) désignent toutes les interventions consistant à enlever partiellement ou totalement les organes génitaux externes féminins, ou à provoquer toute autre lésion des organes génitaux féminins pour des raisons non médicales. Elles ne présentent aucun bénéfice pour la santé.
Le terme « excision » est souvent utilisé dans le langage courant, mais il ne couvre pas à lui seul toutes les formes de MGF. L'OMS distingue quatre grands types :
Type I : Clitoridectomie : ablation partielle ou totale du gland du cl****is et/ou du capuchon clitoridien.
Type II : Excision : ablation partielle ou totale du gland du cl****is et des petites lèvres, avec ou sans ablation des grandes lèvres.
Type III : Infibulation : rétrécissement de l'ouverture vaginale par la création d'une fermeture, généralement après section et repositionnement des lèvres.
Type IV : toutes les autres interventions nocives sur les organes génitaux féminins à des fins non médicales, notamment les piqûres, perforations, incisions, scarifications ou cautérisations.
Les MGF constituent une atteinte à des tissus sains et peuvent provoquer immédiatement :
des douleurs intenses ;
des hémorragies sévères ;
un état de choc ;
des infections, y compris le tétanos ;
des difficultés à uriner ;
des lésions des tissus et organes voisins ;
des problèmes de cicatrisation ;
et, dans les cas les plus graves, la mort.
Les conséquences ne s'arrêtent pas au moment de la mutilation. L'OMS recense notamment des risques accrus de douleurs chroniques, infections urinaires et génitales répétées, difficultés menstruelles, kystes et cicatrices, ainsi que des conséquences sur la santé sexuelle et mentale. Les survivantes peuvent notamment souffrir d'anxiété, de dépression ou de symptômes de stress post-traumatique.
Les conséquences sont encore pire pour les femmes ayant subi des MGF et peuvent être davantage exposées à des complications obstétricales.
Une analyse publiée par l'OMS en 2025, basée sur plus de 75 études menées dans environ 30 pays, conclut notamment à un risque de plus du double de travail prolongé ou obstrué et d'hémorragie. Elles peuvent également être davantage susceptibles de nécessiter une césarienne d'urgence ou un accouchement instrumental.
Les complications associées comprennent également les déchirures obstétricales, l'épisiotomie, un séjour hospitalier prolongé et la nécessité de réanimer le nouveau-né. Les bébés peuvent être davantage exposés à la souffrance fœtale, à l'asphyxie et à un risque accru de décès néonatal.
Au Mali, le phénomène demeure extrêmement répandu. Selon les données présentées par l'UNICEF, près de 8 millions de filles et de femmes ont subi des mutilations génitales féminines dans le pays. L'UNICEF souligne également que la pratique intervient généralement avant l'âge de cinq ans et que sa prévalence est restée très élevée sur plusieurs décennies.
Ce que nous devons surtout retenir, c'est que les MGF ne sont pas seulement une question de santé. Elles sont reconnues internationalement comme une violation des droits fondamentaux des filles et des femmes : droit à la santé, à la sécurité, à l'intégrité physique et, lorsque la pratique entraîne la mort, droit à la vie. Elles constituent également une forme de discrimination fondée sur le genre et peuvent relever de traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Le Mali a souscrit à plusieurs instruments internationaux et régionaux de protection des droits humains, notamment :
La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), à laquelle le Mali a adhéré le 10 septembre 1985.
La Convention relative aux droits de l'enfant (CDE/CRC), dont le Mali est État partie.
La Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, ratifiée par le Mali le 3 juin 1998. Cette Charte appelle notamment à protéger les enfants contre les pratiques sociales et culturelles nuisibles à leur santé ou à leur bien-être etc. Pour ne citer que ceux ci.
Et tous ces engagements doivent se traduire concrètement par la protection effective des filles au Mali.
Musso Impact fait le choix de la protection, de la dignité et du respect des droits des filles et des femmes.
Nous croyons qu'une société plus juste se construit en protégeant chaque enfant contre toute forme de violence et en permettant à chaque fille de grandir, de s'épanouir et de disposer pleinement de son corps et de son avenir.
Nous rejoignons toutes celles et tous ceux qui disent :
NON À L'EXCISION.
NON À TOUTES LES FORMES DE MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES.
NON À TOUTES LES VIOLENCES FAITES AUX FILLES ET AUX FEMMES.
OUI À LA PROTECTION, À LA DIGNITÉ ET AU RESPECT DE LEURS DROITS.
Une loi. Une foi. Un peuple.
Ministère de la Promotion de la Femme de l'Enfant et de la Famille Ministère de la Santé et du Développement Social ONU Femmes Mali Save the Children au Mali Plan International - Mali UNFPA Mali UNICEF Mali