Latabatry Ny Fokonolona

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LATABATRY NY FOKONOLONA est un espace de rencontre, de socialisation, de sensibilisation, de parole et de discussion où les Fokonolona, les citoyens peuvent partager librement leurs visions et conception sur Madagasikara.

⏰ LE POUVOIR DU BAS COMME FORCE DE TRANSFORMATIONLe pouvoir, tel qu’il est traditionnellement conçu dans les États moder...
08/04/2026

⏰ LE POUVOIR DU BAS COMME FORCE DE TRANSFORMATION

Le pouvoir, tel qu’il est traditionnellement conçu dans les États modernes postcoloniaux, découle du sommet vers la base : il est centralisé, hiérarchisé, institutionnalisé. Cette conception verticale a engendré une longue histoire de dépossession, dans laquelle les communautés locales ont été progressivement privées de leur capacité de décision, de leur autonomie politique, de leur pouvoir d’agir sur leur propre destinée.

Or, la Démocratie Fokonolona repose sur un renversement fondamental de cette logique. Elle propose une transition politique par le bas, dans laquelle le changement ne vient pas d’en haut, des élites ou des institutions centrales, mais des dynamiques communautaires elles-mêmes, qui inventent d’autres manières de gouverner, de décider, de produire et de vivre ensemble.

Ce processus de transition politique ne s’impose pas par décret. Il émerge par capillarité, dans les interstices du système dominant, à partir d’expériences locales de gouvernance autonome, de reconquête de la souveraineté populaire, de contrôle communautaire sur les ressources, les institutions et les décisions publiques. Il ne s’agit pas ici de revendiquer une simple « participation citoyenne » ou un « renforcement de la société civile », mais bien de faire advenir un pouvoir propre, enraciné, collectif, structuré, et capable de porter une transformation systémique.
Cette dynamique par le bas repose d’abord sur une réappropriation du politique par les communautés elles-mêmes.

Là où les politiques publiques sont souvent perçues comme des injonctions descendantes, technocratiques ou électoralistes, les fokonolona développent des formes de délibération, de planification et d’action collective fondées sur leurs propres besoins, valeurs, savoirs et priorités. À travers les assemblées communautaires, les comités villageois, les pratiques d’entraide, les conventions locales ou les mécanismes de veille citoyenne, se dessine peu à peu une autre manière de faire société, hors des circuits institutionnels classiques.

Ce pouvoir du bas n’est pas marginal, folklorique ou utopique. Il est déjà à l’œuvre dans de nombreuses régions de Madagascar, souvent de manière discrète ou informelle. Il s’incarne dans la gestion communautaire des forêts, dans les mécanismes d’alerte en cas de crise, dans les comités de veille contre la corruption, dans les expériences d’agriculture paysanne autogérée ou dans les pratiques de justice populaire fondées sur la médiation et la réparation (le dina). Ce sont ces foyers d’initiatives qui composent le socle vivant d’une transition politique ascendante, émancipatrice et solidaire.

Mais pour qu’une telle dynamique puisse se consolider et se déployer à plus large échelle, elle doit dépasser le stade de la dispersion ou de l’expérimentation isolée. Elle doit entrer dans une logique de structuration, de fédération, de mise en réseau. Cela suppose que les fokonolona ne soient pas seulement des lieux d’action locale, mais des espaces politiques articulés à des projets de transformation globale, capables de dialoguer entre eux, de se reconnaître comme porteurs d’une même volonté démocratique, et de peser collectivement dans les rapports de force nationaux.

Dans cette perspective, la transition politique par le bas n’est pas un simple changement d’acteurs, ni une substitution d’un pouvoir à un autre. Elle repose sur une transformation de la nature même du pouvoir, qui n’est plus pensé comme un monopole ou une délégation, mais comme une énergie collective, décentralisée, distribuée et enracinée dans les réalités vécues des communautés. Elle invite à sortir des imaginaires de la prise de pouvoir par le sommet, pour privilégier une logique de construction de contre-pouvoirs ancrés, légitimes et capables de recomposer l’ordre politique à partir de la base.

C’est en ce sens que le fokonolona, loin d’être une simple unité administrative ou un reliquat traditionnel, devient le noyau stratégique d’un processus de refondation démocratique. Il constitue le point de départ d’un changement systémique porté par les peuples eux-mêmes, dans une logique d’autodétermination, de coopération et de transformation progressive de l’État à partir de ses marges.


Extrait du livre Démocratie Fokonolona, page 122

Joela Andriamahazosoa

⭕️ PEUT-ON PARLER D’INDÉPENDANCE À MADAGASCAR ?👉 On nous invite à célébrer en grande pompe la fête nationale au Lac Iari...
25/06/2025

⭕️ PEUT-ON PARLER D’INDÉPENDANCE À MADAGASCAR ?

👉 On nous invite à célébrer en grande pompe la fête nationale au Lac Iarivo, mais est-ce le bon moment ? Est-ce approprié de dépenser des millions pour des feux d’artifice et des scènes musicales, alors que des familles pleurent leurs morts, des enfants ont faim et les hôpitaux manquent de tout ?

👉Depuis plusieurs semaines, des cas d’intoxications alimentaires mortelles sont signalés dans différentes régions de Madagascar. Partout des familles pleurent leurs proches disparus. Mais qu'entendons-nous de nos dirigeants ? Des statistiques minimisées, des explications évasives, des faits isolés et j’en passe !

👉D’où viennent réellement ces produits alimentaires vendus sur nos marchés ? Qui en contrôle la qualité ? Quels sont ces produits périmés et mal conservés qui se retrouvent sur nos étals ? Et surtout, quelles mesures concrètes ont été prises par l'État après ces tragédies ? Les questions restent sans réponses. 🔇

❌Mais ce n’est pas tout ! Chaque jour, nous vivons avec des coupures d’électricité récurrentes. Comment peut-on conserver correctement nos aliments quand l’électricité disparaît plusieurs fois par jour ? Le délestage n’est plus seulement un inconfort, il est devenu un danger public !

❌L'eau aussi nous manque. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les habitants font la queue pendant des heures, bidons jaunes à la main, pour quelques litres d’eau insalubre. Comment peut-on vivre dignement sans accès à l’eau potable en 2025 ?

⚠️Cette fracture sociale s'élargit chaque jour. Certains vivent protégés avec des groupes électrogènes, des réserves d’eau et des produits de qualité importés. Les autres survivent tant bien que mal dans des conditions indignes.

🫵 Ne serait-il pas plus digne de boycotter cette fête au Lac Iarivo et de refuser de faire semblant ?
Cette fête a-t-elle encore un sens quand le peuple souffre ? Sommes-nous vraiment indépendants alors que l’État ne peut même pas garantir la sécurité alimentaire de ses citoyens ? Peut-on encore parler d’indépendance quand la majorité du peuple n’a pas encore accès à l’électricité et à l’eau potable ? Le pays peut-il sortir de la pauvreté avec un système éducatif et sanitaire en ruine ?

🔴Derrière chaque statistique d’intoxication, d’insécurité et de décès à cause d’un manque de prise en charge, il y a un nom, une famille brisée et un avenir volé.

Je pose toutes ces questions avec respect, mais avec gravité. Sao lahy isika mandrimandry manana aretina…

Fano Ginot Andriamiaramasy
Mouvement des Fokonolistes Eclairés de Madagascar
Latabatry Ny Fokonolona

ORDRE PUBLIC OU ORDRE POLITIQUE À LA FAÇON POLITICIENNE ?Laissons de côté un instant le Sikidy pour aborder une réflexio...
24/12/2024

ORDRE PUBLIC OU ORDRE POLITIQUE À LA FAÇON POLITICIENNE ?

Laissons de côté un instant le Sikidy pour aborder une réflexion sociologique et politique, en nous inspirant du modèle théorique de Thomas Hobbes et en y ajoutant une analyse personnelle de la situation politique actuelle à Madagascar.

Sous ce régime marqué par la couleur orange, n’avez-vous pas l’impression que la répression policière se dissimule systématiquement derrière le masque du prétendu “ordre public” ? Mais que signifie réellement cet “ordre public” ? S’agit-il simplement de garantir la stabilité des dirigeants et de leurs alliés ?

Dans une vision élargie et plus profonde, l’ordre public ne se réduit pas à l’application stricte des règles établies. Il englobe aussi la prévention et la lutte contre les causes profondes des désordres susceptibles de compromettre l’harmonie sociale. Or, dans ce contexte, comment ignorer la question de la pauvreté qui gangrène le pays ? Comment détourner le regard des politiques défaillantes qui portent atteinte à la dignité et à l’intégrité des citoyens malagasy ? Ces dérives ne menacent-elles pas directement l’harmonie sociale qu’un véritable ordre public devrait garantir ?

Que faire lorsque l’État, qui est censé être l’organisation même de la société, commet des abus qui brisent le contrat social ? Les forces de l’ordre, en tant qu’outils institutionnels de la société pour maintenir l’ordre et promouvoir l’harmonie, ne devraient-elles pas être garantes de cette dignité humaine plutôt que complices des dérives d’un État machiavélique ?

N’est-il pas légitime pour une société de remettre en question un État qui ne respecte plus le contrat social ? Après tout, l’ordre public devrait être par le public, pour le public, et non un simple instrument au service des élites pour garantir leur stabilité au détriment du bien commun.

Dans l’histoire malgache, des figures héroïques telles que le Général Ratsimandrava ont prôné une gouvernance basée sur les principes du Fokonolona, où le peuple contrôle directement les mécanismes de la société politique. Aujourd’hui, face aux dérives, ne serait-il pas temps de renouer avec une forme de gouvernance où la population est au centre des décisions ?

Prenons un instant pour réfléchir aux images que nous renvoient les longues files de citoyens attendant des paniers garnis dans des lieux comme le Coliséum ou le Kianja Maki avant, pendant et après les campagnes élécorales. Ces scènes témoignent-elles réellement de progrès, de bien-être, et de croissance économique ? Ou révèlent-elles plutôt une précarité alarmante, cachée derrière des slogans creux tels que “Madagascar tsy maintsy mandroso” ?

Ainsi, l’ordre public prôné par les forces de l’ordre semble davantage être une façade pour un ordre politique politicien, visant à maintenir la stabilité de l’État en tant que protecteur des intérêts de ses dirigeants. Mais qu’en est-il de l’harmonie sociale ?

Aux autorités des forces de l’ordre, nous lançons un appel : se battre pour faire respecter l’ordre est une chose. Mais il est tout aussi crucial de contribuer activement à l’instauration d’une harmonie sociale véritable. Car, en réalité, ordre et harmonie sont inextricablement liés.

MADAGASCAR SE REMET A VOUS, A VOTRE SAGESSE ET ETHIQUE POUR LE SALUT DE CE PAYS, POUR LA DIGNITE DU PEUPLE MALAGASY.

N'engage que Joela Andriamahazosoa,
Travailleur Social - Anthropologue

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