CIVIS Madagascar

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PS : Ce texte est un peu plus long que d'habitude ( le sujet le mérite). Prenez un moment si vous pouvez, ça vaut la lec...
24/07/2026

PS : Ce texte est un peu plus long que d'habitude ( le sujet le mérite). Prenez un moment si vous pouvez, ça vaut la lecture jusqu'au bout.

Face à une vague de disparitions : le silence n'est pas une option pour les sciences sociales

Madagascar traverse en ce moment une période sombre. Des disparitions, des meurtres, en particulier ceux touchant des enfants et des adolescents, se multiplient et serrent le cœur de tout un pays. Derrière chaque cas, il y a une famille qui refait le même trajet chaque jour, qui espère un appel, qui laisse une lumière allumée le soir au cas où. Il y a des mères qui n'osent plus dormir, des pères qui ressassent le dernier au revoir. La peur s'est glissée dans les foyers, dans les trajets d'école, dans les silences pesants aux heures du dîner.

Plusieurs récits s'affrontent dans l'espace public

Face à une douleur aussi brute, chacun cherche une explication qui puisse tenir debout (c'est humain, on a besoin de comprendre pour continuer à avancer). D'un côté, certains y voient une tentative de déstabilisation du pouvoir en place. De l'autre, sur les réseaux sociaux, des théories ésotériques circulent (sacrifices, sorcellerie, forces occultes) portées moins par la malveillance que par ce besoin, si profondément humain, de mettre un sens sur l'insupportable.

On ne peut pas en vouloir à un parent qui a perdu son enfant de chercher une explication, même surnaturelle. Quand la douleur est trop grande, la raison n'est pas toujours le premier refuge.

Et la colère, elle, réclame parfois la peine de mort

Dans ce climat de peur et de deuil, une autre voix monte souvent : celle qui demande le retour de la peine de mort pour les auteurs de tels crimes. C'est une réaction profondément compréhensible (face à l'horreur, on veut une réponse à la hauteur de la douleur). Mais c'est justement dans ces moments d'émotion collective que le travail scientifique doit accompagner, sans juger, cette colère légitime.

Les études comparatives menées à travers le monde restent constantes sur un point : rien ne prouve que la peine de mort dissuade davantage le crime qu'une peine à perpétuité. La violence, surtout celle qui touche des enfants, obéit rarement à un calcul rationnel de la peine encourue, elle répond à d'autres logiques, souvent bien plus profondes et complexes. Et dans un contexte où la justice comme la nôtre , qui peine parfois à garantir des enquêtes rigoureuses et des procès équitables, l'irréversibilité d'une telle peine devient un risque qu'on ne peut ignorer : une erreur, une fois exécutée, ne se répare jamais.

Ce n'est pas nier la souffrance des familles que de le rappeler. C'est justement par respect pour elles qu'on doit chercher la vraie justice, pas seulement une réponse qui soulage la colère du moment.

⚠️ Le vrai danger : le vide analytique

Entre ces récits, un espace reste trop silencieux : celui de l'analyse posée, patiente, à hauteur d'humain. Et c'est là que les sciences sociales ont quelque chose de précieux à offrir, pas des certitudes immédiates, mais une présence sérieuse aux côtés d'une population qui a mal :

Les criminologues peuvent examiner les schémas réels ( profils, zones, modes opératoires)pour aider à distinguer un phénomène organisé d'une accumulation de drames isolés, amplifiés par la panique collective.

Les anthropologues peuvent éclairer "pourquoi" les explications ésotériques trouvent un tel écho (non pour les juger, mais pour comprendre ce qu'elles disent d'une société qui cherche du sens, et parfois d'une confiance envers les institutions qui s'effrite).

Les sociologues politiques et du droit peuvent questionner sereinement à la fois le récit de la « déstabilisation » et les appels à des solutions punitives extrêmes, sans les rejeter ni les endosser aveuglément, en les confrontant avec méthode et honnêteté aux faits disponibles.

Face à la psychose, le silence scientifique laisse le champ libre à la panique et à des réponses dictées par l'émotion plutôt que par la justice. Mais au fond, au-delà de toute méthode, il y a quelque chose de plus simple : des familles qui n'attendent pas des théories, ni des châtiments symboliques, mais des réponses vraies et surtout, qu'on ne les oublie pas. Le rôle du chercheur, ici, n'est pas de rassurer à tout prix (ce serait malhonnête) mais de marcher aux côtés de cette quête de vérité, avec sérieux, humilité, et surtout, avec cœur.

🕊️ " Une pensée pour chaque enfant qui manque à l'appel, et pour chaque famille qui attend, le cœur en suspens."

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Ce qui nous paraît « normal » aujourd'hui ne l'a pas toujours été. Les normes sociales évoluent avec les époques, les cu...
19/07/2026

Ce qui nous paraît « normal » aujourd'hui ne l'a pas toujours été. Les normes sociales évoluent avec les époques, les cultures et les transformations de la société.





Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certaines choses semblent évidentes… seulement après qu'elles soient arrivées ?Imag...
18/07/2026

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certaines choses semblent évidentes… seulement après qu'elles soient arrivées ?

Imaginez,
Un matin, quelqu'un découvre une idée qui va changer le monde.

Au début, presque personne n'y croit.

On doute.
On critique.
On pense que cela ne prendra jamais.

Puis quelques années plus t**d, cette même idée devient incontournable.

Et soudain, tout le monde dit :
« C'était évident. On aurait dû le voir venir. »

Mais est-ce vraiment vrai ?

C'est justement la question fascinante que pose Nassim Nicholas Taleb dans Le Cygne Noir.

Pour expliquer son idée, il utilise notamment l'exemple des cygnes.

Pendant des siècles, en Europe, les hommes pensaient que tous les cygnes étaient blancs. Cette croyance semblait solide, car toutes les observations confirmaient cette idée.

Puis un jour, des explorateurs découvrent des cygnes noirs en Australie.

Une seule découverte suffit à bouleverser une certitude construite pendant des générations.
Un événement rare, inattendu… mais qui change complètement notre manière de voir le monde.

Pour Taleb, beaucoup de grands événements fonctionnent ainsi :
Une crise économique majeure.
Une révolution technologique.
Une découverte scientifique.
Une rencontre qui change une vie.

Avant qu'ils arrivent, ils semblent presque impossibles.

Après leur arrivée, nous cherchons souvent des explications pour montrer que nous les avions presque prévus.

C'est peut-être l'une des grandes illusions humaines : croire que le monde est plus prévisible qu'il ne l'est réellement.

Mais Le Cygne Noir n'est pas un livre qui nous apprend à avoir peur de l'incertitude.
C'est un livre qui nous apprend à mieux vivre avec elle.
Il nous invite à être plus curieux, plus prudents dans nos jugements, et surtout plus humbles face à la complexité du monde.

Car parfois, ce qui change notre vie n'est pas ce que nous avions planifié.

C'est ce que nous n'avions jamais imaginé.

Peut-être qu'un livre aussi peut être un petit "cygne noir" : une rencontre inattendue qui transforme notre façon de penser.

Et vous, quel livre a changé votre regard sur le monde ?

🚨🚨 PS: Cette livre est disponibles à l’emprunt pour les membres du CIVIS

Pourquoi certains travaillent-ils plus que d'autres dans les travaux de groupe ? 🤔Vous avez sûrement déjà vécu cette sit...
17/07/2026

Pourquoi certains travaillent-ils plus que d'autres dans les travaux de groupe ? 🤔

Vous avez sûrement déjà vécu cette situation.

Un groupe Messenger est créé. Les tâches sont réparties. Tout le monde promet de faire sa part.

Quelques jours plus t**d, pourtant, le scénario change.

Une ou deux personnes recherchent les sources, rédigent le rapport, corrigent les fautes, mettent le document en forme et préparent la présentation.

D'autres deviennent silencieux... jusqu'au jour de la remise, où tous les noms apparaissent sur la page de couverture. 😏

Comment expliquer cette différence d'investissement ?

La psychologie sociale parle de paresse sociale (social loafing). Lorsqu'un travail est réalisé en groupe et que la contribution de chacun est difficile à identifier, certaines personnes ont tendance à réduire leurs efforts, pensant que les autres compenseront.

Mais ce comportement n'est pas seulement une question de motivation individuelle. Il dépend aussi de l'organisation du groupe. Lorsque les responsabilités sont mal définies, que les contributions de chacun sont peu visibles ou que certains pensent que leurs efforts passeront inaperçus, la paresse sociale a davantage de chances d'apparaître. À l'inverse, des rôles clairs, une bonne coordination et une reconnaissance du travail de chacun permettent souvent de la limiter.

Cette situation rejoint également la théorie de l'action collective développée par le sociologue Mancur Olson. Selon lui, lorsqu'un bénéfice est collectif, certains individus peuvent être tentés d'en profiter sans contribuer autant que les autres : c'est le phénomène du passager clandestin (free rider).

Mais le travail de groupe ne sert pas uniquement à réaliser un devoir.

Il permet aussi d'apprendre à écouter, communiquer, coopérer, répartir les responsabilités, résoudre les désaccords et construire un objectif commun malgré les différences.

Autrement dit, derrière un simple exposé se cache un véritable apprentissage de la vie en société.

📌 Leçon à retenir

Les travaux de groupe ne révèlent pas seulement les connaissances des étudiants.

Ils révèlent aussi leur manière de coopérer, de partager les responsabilités et de construire un résultat collectif.

En sciences sociales, on ne cherche donc pas seulement à expliquer les comportements individuels. On s'intéresse aussi à la manière dont l'organisation du groupe influence les attitudes de chacun.

🗒️ Pour aller plus loin

- Latané, B., Williams, K., & Harkins, S. (1979). Many Hands Make Light the Work: The Causes and Consequences of Social Loafing. Journal of Personality and Social Psychology, 37(6), 822-832.
- Olson, M. (1965). The Logic of Collective Action: Public Goods and the Theory of Groups. Harvard University Press.

💬 Et vous ?

Lors de votre dernier travail de groupe, étiez-vous celui qui portait le projet… ou celui qui écrivait : « J'envoie ma partie ce soir. » 😄

Première Assemblée Générale - CIVISUn grand merci à celles et ceux qui ont pris le temps de répondre présents Pour celle...
16/07/2026

Première Assemblée Générale - CIVIS

Un grand merci à celles et ceux qui ont pris le temps de répondre présents

Pour celles et ceux qui se sont inscrits mais n'ont malheureusement pas pu être des nôtres cette fois-ci, ne vous inquiétez pas : nous vous invitons chaleureusement à rejoindre notre groupe afin de rester connectés et de suivre la suite des échanges :

https://web.facebook.com/share/g/1FRsrLyJXX/

Merci encore pour votre confiance et votre présence à nos côtés.
C'est ensemble que CIVIS prend tout son sens.

Interagir - Analyser - Transformer

🌍 Journée mondiale des compétences des jeunesLes diplômes ouvrent des portes.Les compétences permettent de les franchir....
15/07/2026

🌍 Journée mondiale des compétences des jeunes

Les diplômes ouvrent des portes.
Les compétences permettent de les franchir.

Dans un monde en constante évolution, savoir observer, analyser, communiquer, collaborer et s'adapter est devenu aussi essentiel que les connaissances elles-mêmes.

Au sein de CIVIS, nous croyons que chaque jeune possède un potentiel qui ne demande qu'à être cultivé. Une compétence n'est pas un simple talent : c'est une capacité qui se construit par la curiosité, l'engagement et l'expérience.

Aujourd'hui, célébrons tous les jeunes qui apprennent, créent, expérimentent et osent transformer leurs idées en actions.

Parce que les compétences d'aujourd'hui bâtissent la société de demain.

Bonne Journée mondiale des compétences des jeunes !

« La pierre n'a point d'espoir d'être autre chose qu'une pierre. Mais, de collaborer, elle s'assemble et devient temple....
14/07/2026

« La pierre n'a point d'espoir d'être autre chose qu'une pierre. Mais, de collaborer, elle s'assemble et devient temple. »
Antoine de Saint-Exupéry

Chers toutes et tous,

À celles et ceux qui se sont inscrits et qui ont choisi de rejoindre l’aventure CIVIS, nous vous donnons rendez-vous ce :

📅 Date : JEUDI
📍 Lieu : SALLE DES CLUBS
🕒 Heure : 14H

pour notre Première Assemblée Générale.

C'est l'occasion de :

✅faire connaissance
✅de découvrir les différents volets d’activités du club
✅d’échanger sur nos projets à venir et
✅de partager ensemble une vision commune

CIVIS ne sera pas seulement un nom, un projet ou une ambition. Aujourd’hui, vous avez la possibilité de prendre part à cette aventure, à apporter votre voix, votre énergie et votre responsabilité.

Nous comptons sur votre présence ✨


Pourquoi a-t-on parfois l'impression d'être celui qui dérange… alors qu'on réclame simplement ce qui nous est dû ?Vous a...
13/07/2026

Pourquoi a-t-on parfois l'impression d'être celui qui dérange… alors qu'on réclame simplement ce qui nous est dû ?

Vous avez prêté de l'argent.

Vous avez rendu un service.

On vous a promis de vous rembourser ou de vous rendre la pareille.

Les jours passent… puis les semaines.

Finalement, vous envoyez un message.

"Excuse-moi de te déranger, mais..."

Cette phrase vous semble familière ?

C'est pourtant étonnant. Vous ne demandez pas une faveur. Vous ne réclamez pas un privilège. Vous demandez simplement que l'engagement pris soit respecté.

Alors, pourquoi ce sentiment de gêne ?

En sociologie, cela s'explique en partie par les normes sociales : ces règles souvent invisibles qui nous apprennent à être polis, à éviter les conflits et à préserver de bonnes relations avec les autres. Même lorsque nous avons raison, nous hésitons parfois à nous affirmer.

Le sociologue Erving Goffman montre que, dans nos interactions quotidiennes, chacun cherche à préserver son image… et celle des autres. C'est pourquoi nous choisissons nos mots avec précaution, même lorsque notre demande est parfaitement légitime.

De son côté, Marcel Mauss explique que tout don, prêt ou service crée une attente de réciprocité. Derrière un simple échange se cachent des obligations sociales et morales qui structurent nos relations.

Enfin, Pierre Bourdieu rappelle que les rapports sociaux ne sont jamais totalement égalitaires. Selon notre position, notre âge, notre statut ou notre relation avec l'autre, il peut être plus difficile d'oser réclamer ce qui nous est pourtant dû.

Le paradoxe est frappant : celui qui demande le respect d'une promesse finit parfois par se sentir plus gêné que celui qui ne l'a pas tenue.

La sociologie nous rappelle alors une chose importante : ce que nous ressentons n'est pas seulement une affaire de personnalité. Nos émotions sont aussi façonnées par les normes, les attentes et les rapports sociaux qui nous entourent.

📚 Pour aller plus loin :
• Marcel Mauss — Essai sur le don (1925)
• Erving Goffman — Les rites d'interaction (1967)
• Pierre Bourdieu — Le sens pratique (1980)

💬 Et vous ? Vous est-il déjà arrivé de commencer un message par « Excuse-moi de te déranger… » alors que vous réclamiez simplement ce qui vous revenait ?



📚 Sociologues vs FacebookersAprès que tout le monde est devenu journaliste sur Facebook, voilà que la sociologie semble,...
12/07/2026

📚 Sociologues vs Facebookers

Après que tout le monde est devenu journaliste sur Facebook, voilà que la sociologie semble, elle aussi, être devenue un terrain d'expression pour les experts autoproclamés… sans même avoir franchi les portes de la Licence 1.

Untel explique pourquoi « les jeunes ne respectent plus les traditions ». Une autre révèle « la véritable cause » d'un changement social. Chacun y va de son analyse, souvent présentée comme une évidence.

Pourtant, en sociologie, une intuition n'est pas une démonstration.

Prenons une affirmation que l'on entend souvent :

« Les jeunes qui vivent en ville sont moins attachés aux traditions. »

À première vue, cela paraît cohérent. La vie urbaine, la modernité, les réseaux sociaux, la diversité culturelle… tout semble conduire à cette conclusion.

Mais ce qui paraît plausible n'est pas nécessairement vrai.

Le rôle du sociologue n'est pas de confirmer ce que tout le monde pense mais de le mettre à l'épreuve des faits.

Pour cela, il construit une enquête. Il définit ses variables : le lieu de résidence d’un côté, l’attachement aux traditions de l’autre. Il constitue un échantillon, recueille les réponses et organise les données dans un tableau croisé.

C’est à ce moment qu’intervient le test du χ² (Khi-deux), également appelé test d’indépendance du Khi-deux. Ce test statistique permet de savoir si deux variables qualitatives sont réellement liées ou si l’association observée peut simplement être due au hasard.

Autrement dit, il répond à une question simple : le fait de vivre en ville est-il réellement associé à un niveau différent d’attachement aux traditions ?

Si le résultat montre une association statistiquement significative, le sociologue peut parler d’un lien entre les variables. Mais il ne peut pas encore affirmer qu’une variable provoque l’autre.

Une corrélation ne prouve jamais une relation de cause à effet. D’autres facteurs peuvent intervenir : le niveau d’études, le milieu social, l’âge, la religion, le contexte familial ou encore le niveau de revenu.

En sociologie, on ne conclut pas parce qu’une idée paraît convaincante. On conclut parce que les faits résistent à la vérification.



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