01/06/2026
La colonisation psychologique arabe-musulmane fait partie des causes principales de la pauvreté des Comores.
Pour comprendre cela, il faut savoir distinguer et différencier quatre choses :
La première chose, c'est le message, ou disons l'islam en soi pour être clair. Le message envoyé par Dieu aux prophètes arabes pour venir éclairer le peuple. Le message était simple : la paix, la justice, le respect mutuel, la vie sociale, l'éducation, ainsi de suite…
La deuxième chose, c'est l'espace géographique. Il a fallu bien sûr que Dieu choisisse une terre pour envoyer le message. Ce n'était pas au hasard si Dieu a choisi d'envoyer le Coran aux Arabes. C'est parce que l'histoire nous démontre que c'était par là-bas qu'il y avait plus de tortures, d'idoles, de désordre, de racisme et de méchanceté. L'islam nous enseigne qu'il n'y a pas de terre ou de pays supérieur à l'autre devant Dieu, nous sommes tous pareils. Nous appartenons tous à lui et la terre est immense pour tous. À savoir que tous les Arabes qui sont à la Mecque ne sont pas tous des bons musulmans et ne sont pas tous garantis d'un paradis automatique puisqu'ils sont des Arabes mecquois. Ils font des péchés comme nous, se repentent et se mettent sur la bonne voie encore et encore, tout comme nous. Ils ne sont pas des anges pieux parfaits.
La troisième chose, c'est la langue arabe. La langue arabe, qui est la langue du Coran, est souvent considérée comme une langue sacrée, mais souvent on exagère. Aux Comores, si tu parles arabe ou si tu récites un verset du Coran, tu es directement considéré comme un savant qui connaît tout. Il faut savoir que toutes les langues, que ce soit le français, l'anglais, le chinois, l'espagnol ou une langue africaine, sont toutes des langues égales devant Dieu, il n'y a pas de langue meilleure.
Si le Coran ou l'islam étaient en langue anglaise, française ou chinoise, les Arabes seraient aussi jaloux, critiquant pourquoi ce sont eux qui sont choisis pour recevoir la vérité, le livre guidé de toute l'humanité, mais comme ce sont donc les Arabes, ça pose panique. Mais on s'en fiche de ça, nous sommes intéressés par la première chose, le message.
La quatrième chose à différencier, c'est la tradition et la culture des Arabes. Leur manière traditionnelle de s'habiller, de danser, de manger et de vivre. Et c'est par ici que se trouve le vrai problème aux Comores.
Quand on observe chez nous les Comoriens, on remarque que nous ressemblons exactement aux Arabes par notre manière de nous habiller. Nous avons malheureusement mis de côté le message et nous appliquons leurs traditions et cultures. Mais dans nos têtes, nous sommes des musulmans à 100 %, pieux, bien guidés et comoriens. C'est une forme de colonisation psychologique dans laquelle nous nous sommes enfermés.
Le principal rêve de tout Comorien est de faire le grand mariage pour s'habiller en mode arabe, et là, ça y est, c'est fait, on a réussi et on est une bonne personne aux yeux des autres. On vit que pour plaire et satisfaire les autres pour se sentir validés et faire partie du système.
À noter que le kandou, le miharouma, la kofia, la draguila, le kémba, le djoho, le bouchouti… ce sont des vêtements traditionnels des Arabes, ça n'a rien à voir avec le message, l'islam. La foi n'a rien à voir avec l'habillement ou la longueur des barbes. La foi s'observe sur ton comportement envers les autres. Tu peux porter un pantalon, une chemise, un costume, un t-shirt, une robe et avoir une bonne foi avec un bon comportement.
Je ne suis pas en train de dire qu'il ne faut pas porter des kandous, des kofia, des miharouma, des djoho, ainsi de suite, non, chacun est libre de s'habiller comme bon lui semble. Il faut seulement sortir de la mentalité que la réussite sociale est liée au mode vestimentaire traditionnel et aussi comprendre que nous avons hérité d'un style vestimentaire qui n'est pas comorien mais arabe. Nous ne sommes pas de vrais musulmans parce qu'on s'habille comme les Arabes. C'est différent, il ne faut pas confondre les choses.
En quoi ceci est-il lié à la pauvreté aux Comores ? Alors moi je trouve que la manière dont tu t'habilles reflète ton activité quotidienne. Les Arabes viennent de pays riches. Ils ont le pétrole, l'argent du pèlerinage et d'autres ressources. Donc ils peuvent s'habiller en mode kamisse, avec des vêtements propres, tranquilles.
Mais nous, les Comoriens, on a quoi ? Nous, où c'est déjà difficile d'avoir son assiette de nourriture le soir avec des petits salaires. Si on doit être tout le temps, propres en mode kandou, miharouma, kofia, djoho… en quoi produisons-nous alors ? Nous mettons ces habits et nous restons là à attendre l'argent de ceux qui sont en France, qui se font défoncer avec des travaux méprisables pour venir faire leurs grands mariages. Dans ce système, on voit directement la paresse de notre part, le manque de productivité, la mauvaise compréhension de l'islam, du message.
Saviez-vous que Dieu aime lorsque son serviteur est en mode service, qu'il travaille dur avec sueur pour lutter contre sa pauvreté, plutôt qu'un serviteur propre en mode kandou et miharouma en stress de savoir où il va manger et trouver de l'argent ? Combien de Comoriens sommes-nous ainsi au quotidien. Ceci explique pourquoi beaucoup d'entre nous tombent facilement dans les vols, la corruption, les arnaques, les fraudes, les dettes…
D'autres personnes vont me dire, justement, que le kandou et le miharouma sont des habits de geste de paix, et que si vous les portez, vous dégagez le signe et le symbole de la paix.
Ah bon ! Et pourtant on ne vit pas en paix et on porte toujours ces vêtements-là. Est-ce que ce sont les habits qui doivent donner la paix ou ce sont nos cœurs et nos actions ? Comment est-ce que nous comprenons et jugeons les choses ?
Je ne suis pas contre les Arabes, non, pas du tout, je suis seulement en train d’éclaircir les choses. Les Arabes ont leurs traditions et cultures à eux et nous avons les nôtres, ou si nous n'en avons pas, il faut en créer ou se contenter uniquement du message de Dieu, l'islam. Les Arabes sont de bonnes personnes musulmanes comme nous, il faut juste différencier et ne pas mélanger les sauces.
Ce qui devrait nous préoccuper, c’est le message : est-ce qu’il est correct, non modifié, logique, compréhensible, vrai et applicable. Le reste de leurs traditions et cultures, ce n'est pas nos oignons.
À réfléchir, à méditer et à se réveiller ! 🇰🇲🇰🇲🇰🇲