12/08/2026
Tabarre, le 11 Août 2026
Note de presse 02-08
Le calendrier électoral du 27 Juillet 2026 : Analyse technique des failles relevées et recommandations
L'Agence de Promotion des droits humains et de la démocratie en Haïti, COJHIT, communément appelée Coalition de la Jeunesse Haïtienne pour l'Intégration a jugé nécessaire de partager ses analyses techniques à l’attention du Conseil Electoral Provisoire, CEP, du Gouvernement en place, des partenaires techniques du CEP, des différentes formations politiques impliquées dans le processus électoral ainsi que celles qui ne le sont pas, et, ces analyses sont également destinées à l’attention de l’opinion publique locale et internationale.
Tout d’abord, le calendrier électoral est échelonné sur deux accords de gouvernance, celui du 3 Avril 2024 qui est arrivé à échéance le 7 Février 2026, qui a mis l’accent sur l’organisation des élections générales à travers le pays et, le pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, signé à la fin du mois de Février 2026, qui envisage (un retour à la case de départ), l’organisation de référendum et des élections; dans ces deux cas, les objectifs ne sont pas les mêmes.
Inclure la période de gouvernance du CPT dans le calendrier électoral constitue une anomalie grave à corriger.
D’un autre côté, la COJHIT a relevé une faille technique dont les conséquences seraient lourdes et irréversibles dans la réussite des scrutins : formation des formateurs, des superviseurs, des membres des bureaux de vote et du personnel de soutien(les orienteurs et les agents de sécurité électoraux), cette activité n’est pas mentionnée dans le calendrier électoral publié le 27 Juillet dernier. On imagine l’’énormité des dégâts qui seraient enregistrés en organisant des élections avec des superviseurs et des membres des bureaux de vote qui ne sont pas formés, ce serait une catastrophe électorale. Et en ce sens,
La COJHIT a documenté, lors des élections de 2010-2011 et de 2015-2017, les dégâts qui étaient provoqués par les superviseurs et les membres de bureaux de vote dont leur formation laissait à désirer, ce qui a entrainé l’annulation d’une quantité considérable de bulletins de vote.
L’Agence a aussi remarqué qu’aucune séance de formation n’est prévue pour le personnel à engager au niveau des différents centres de tabulation des votes et en particulier pour les opérateurs de saisie de données. Alors que, des ateliers de formation et de mise à niveau ainsi que des séances de simulation sont des éléments préalables et indispensables à l’affectation du personnel avant la tenue des scrutins.
Le calendrier électoral publié le 27 Juillet dernier indique que le CEP compte organiser le 1er tour des scrutins pour la présidentielle et les législatives le 13 Décembre 2026 et, la tabulation des votes est fixée du 13 au 15 Décembre 2026, alors que la publication et l’affichage des résultats préliminaires sont prévues pour le 19 Décembre 2026, pendant ces trois (3) jours de SUSPENS et D’ATTENTE que comptent faire les membres du CEP avec le résultat des élections en leur possession ? N’est-ce pas un très mauvais signe pour la crédibilité des résultats des prochaines élections ?
D’autres ajustements semblent nécessaires au niveau du calendrier électoral, des ateliers de discussion avec les organismes nationaux d’observation électorale, ayant fait leur preuve, seraient nécessaires...
Recommandations :
1- Le CEP a intérêt (et a tout à gagner) à solliciter l’expertise des organismes nationaux d’observation électorale, qui ont fait leur preuve dans ce domaine, afin de faire une meilleure prise en charge et implémentation des décisions prises en conseil.
2- Le CEP doit procéder, de toute urgence, à des modifications dans le calendrier électoral, la consultation des partenaires locaux serait bénéfique pour le CEP avant la publication du calendrier électoral définitif.
3- Les partenaires techniques du CEP(le BINUH, l’OEA, lÓNU Femme, le PNUD et l’ÚNOPS) auraient intérêt à tisser des rapports de travail avec les institutions nationales d’observation électorale (ayant une expertise dans le domaine) dans le souci de renforcer l’impact de leur appui au Conseil Electoral.
4- Le CEP doit tout mettre en œuvre afin d’éviter de propager des signaux laissant croire que les résultats des prochaines élections seront truqués au profit de certains candidats (ayant des supports politiques ou économiques).
5- Le CEP (et le gouvernement en place) est invité à faire une évaluation objective et sereine sur les conditions préalables et indispensables à la mise en branle effective de la machine électorale et l’exécution (stricte) du calendrier électoral permettant la tenue de bonnes élections dans le pays.
La COJHIT se mobilise à mettre son leadership dans le domaine de l'observation électorale en Haïti au service de la société haïtienne en général et des différents acteurs impliqués dans le processus.
À noter : la COJHIT est une institution de la société civile qui s'engage, depuis 2006, dans la promotion et la défense des droits humains et la promotion de la démocratie à travers l'observation électorale citoyenne, scientifique et non partisane.
Pour la COJHIT :
M. Alain ALFRED
Directeur Exécutif
Expert en observation électorale
Pour toute information :
Tél :(509) 3741-4044 / 4833-3677 / Email : [email protected]