09/04/2026
APRÈS AVOIR ENTENDU Monsieur PARAISON sur Magic 9 à l’émission PANEL MAGIC:
Bas Artibonite ne peut que souhaiter : « BON VENT à Monsieur PARAISON »
Après avoir écouté avec attention les déclarations de Monsieur André Jonas Vladimir PARAISON, Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti, sur les ondes de Radio Magic 9, le Bas Artibonite reste à la fois interpellé, indigné… et presque contraint de sourire, tant l’ironie de ses propos frôle le déni.
Oui, Monsieur le Directeur Général, vous avez évoqué à raison certaines réalités culturelles de la région : le jeu de bâton, les pratiques de lutte communément appelées « PWOSE TÈ».
Des éléments certes enracinés dans notre patrimoine, mais qui ne sauraient en aucun cas servir de prétexte à une lecture déformée de la violence criminelle actuelle.
Car non, Monsieur le DG,
« ZAFÈ KABRIT PA ZAFÈ » ne saurait justifier que l’État à travers votre institution observe passivement une population livrée à elle-même, abandonnée face à la barbarie.
En insinuant que ces violences relèveraient d’une sorte de coutume locale, vous ne faites pas que banaliser le drame :
vous vous éloignez dangereusement des responsabilités fondamentales qui vous incombent.
Sur le plan constitutionnel et légal, permettez -nous de vous rappeler que :
• Article 269 de la Constitution de 1987 :
La Police Nationale est une force publique chargée d’assurer la sécurité des vies et des biens.
• Article 269.1 :
Elle est instituée pour garantir l’ordre public et la protection des citoyens.
• Article 19 :
L’État a l’impérieuse obligation de garantir le droit à la vie, à la santé et au respect de la personne humaine.
• Article 276-2 (principe des engagements internationaux) :
L’État haïtien est tenu de respecter les conventions relatives aux droits humains, notamment en matière de protection des populations en danger.
À cela s’ajoute, dans le cadre du droit pénal et des principes universels :
👉 le devoir de non-assistance à personne en danger, qui, bien que plus explicitement codifié ailleurs, demeure un principe fondamental de responsabilité des autorités publiques.
Monsieur André Jonas Vladimir PARAISON,
En votre qualité de Directeur Général de la PNH,
le Bas Artibonite ne vous demande aucune faveur.
Les citoyens de cette région, après plus de sept (7) années de résistance, sont à bout de souffle.
Ils font face à des crimes innommables : massacres, incendies, déplacements forcés, destruction des moyens de subsistance.
Et que dire de ces policiers, membres de votre propre institution, tombés sous les balles des gangs ?
👉 Le 25 janvier 2023 à Liancourt, des agents ont été sauvagement assassinés.
👉 Jusqu’à ce jour, leurs ossements n’ont même pas été récupérés.
Est-ce cela, Monsieur le DG, la normalité que vous évoquez ?
Quelques questions simples, Monsieur le Directeur Général :
Lorsque vous entendez que :
• plus de 80 personnes ont été tuées,
• plus de 30 maisons incendiées,
• des dizaines de blessés,
• des plantations et du bétail ravagés,
👉 cela vous évoque-t-il un simple jeu de bâton entre frères ?
Lorsque vous constatez :
• l’occupation de la Côte des Arcadins,
• les massacres répétés à Montrouis par des groupes armés venus de Canaan,
👉 cela relève-t-il encore, à vos yeux, d’un folklore local ?
Monsieur le DG,
Sachez bien que les massacres de Pont-Sondé et de Jean-Denis encore moins de Préval ne sont pas de simples faits divers que l’on peut reléguer au rang d’incidents isolés ou de querelles locales.
Ils traduisent une réalité brutale : celle d’un territoire livré à la terreur, où des dizaines de vies humaines ont été fauchées, des familles entières décimées, des maisons incendiées et des communautés entières contraintes à l’exil.
À cela s’ajoute l’occupation progressive et méthodique de plusieurs communes stratégiques du Bas Artibonite Montrouis, Liancourt, Lachapelle, L’Estère, Petite Rivière de l’Artibonite, cette dernière devenue le fief tristement célèbre de groupes armés comme Gran Grif révélant non seulement une perte de contrôle de l’État, mais aussi une incapacité persistante à protéger les citoyens, pourtant au cœur même des missions de la Police Nationale.
Face à ce tableau sombre, une question s’impose avec gravité :
Comment vous sentez-vous, Monsieur le Directeur Général ?
Vous contentez-vous simplement de redorer votre image en arborant des uniformes flambant neufs, soigneusement repassés, tout en continuant à porter le titre de Directeur Général de la PNH, alors que des pans entiers du territoire national échappent à votre autorité ?
Le prestige de la fonction ne saurait masquer l’urgence de l’action ni l’ampleur des responsabilités.
À ce niveau de commandement, il ne s’agit plus de paraître, mais d’agir avec fermeté, lucidité et engagement afin de restaurer l’autorité de l’État et redonner espoir à une population abandonnée à son sort.
Monsieur le DG,
Il est toujours utile de s’informer sur les pratiques culturelles d’une région.
Mais il est dangereux, voire irresponsable, de les instrumentaliser pour masquer l’inaction, la défaillance ou l’indifférence.
Pendant que vous minimisez,
👉 des gangs lourdement armés souvent liés à d’anciens acteurs politiques consolident leur emprise ;
👉 des territoires entiers échappent au contrôle de l’État ;
👉 et la population sombre dans un désespoir profond.
Monsieur le DG PARAISON,
Nous, citoyens du Bas Artibonite, nous nous permettons de vous répondre suite à vos propos désobligeants tenus sur les ondes de Radio Magic 9, non pas par hasard, mais parce que nous savons pertinemment que vos alliés politiques dans le département garderont le silence face à de telles déclarations irrespectueuses à l’endroit d’une population déjà meurtrie.
Si nous prenons la parole aujourd’hui, c’est pour vous rappeler que vos relations étroites avec certains acteurs politiques de la région ne sont un secret pour personne, et que nous sommes pleinement informés des tractations qui ont conduit au transfert de l’ancien responsable sécuritaire Jacques ADER, décision lourde de conséquences pour l’équilibre sécuritaire du Bas Artibonite.
À cela s’ajoute votre refus persistant de procéder à la création d’une Direction Départementale 02 dans cette zone stratégique, renforçant ainsi le sentiment d’abandon et laissant croire, à tort ou à raison, à une forme de complicité institutionnelle dans l’affaiblissement des capacités de réponse sécuritaire de la région.
Monsieur le DG,
Ou pa remake jan nou pa sezi pou FASON KAKAPIP DÈBWÈT w itilize DWO N yo nan BALATIBONIT la ?
Nou se GWO TIMOUN kidonk nou konprann BAGAY yo…
Entre-temps…
Nous vous invitons à continuer, Monsieur le Directeur Général :
• à révoquer ou transférer les policiers courageux,
• à décourager ceux qui veulent réellement combattre l’insécurité,
• à entretenir le discours de l’impuissance institutionnelle,
• à ouvrir la voie à des forces étrangères sous prétexte d’incapacité nationale.
L’histoire, soyez-en certain, retiendra les faits.
Elle distinguera ceux qui ont résisté…
de ceux qui ont observé…
et de ceux qui ont justifié.
Pollyx PAUL, Ing
Coordonnateur de KONBA